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Questions et réponses

Violence au sein de la famille

Question
18 Avril 2018 - msl...

Bonjour, depuis plusieurs mois j'entend régulièrement notre voisine, petite fille de 8-9ans pleuré a gros sanglots, je ne peux pas dire si elle se fait taper mais je trouve ces pleurs pas normal du tout. J'ai été une fois sonné pour voir si tout allait bien et son frère m'a répondu que oui, évidemment. Cette famille a 3 enfants dont 2 qui fréquente la même école que ma fille, je ne sais pas comment agir mais je peux vous dire que nos murs sont très épais et que je l'entend malgré cela, elle ou son frère pleurer je ne sais pas. Je vous remercie, cordialement.

Réponse
22-04-2018

Bonjour Madame,

Vous nous expliquez que vous entendez depuis plusieurs mois de très fort sanglots et pleurs d’enfant depuis l’appartement de vos voisins. Vous avez déjà frappé à leur porte mais cela n’a rien changé. Vous vous demandez que faire et comment agir car vous êtes alarmée par ces pleurs réguliers. Vous avez eu raison de nous écrire.

Aux vues de votre message, nous déduisons que vous soupçonnez de la violence au sein de cette famille, notamment envers les enfants, est-ce bien correct ? Si c’est le cas et que vous avez la moindre raison de penser que ces enfants peuvent être en danger dans l’appartement d’à côté, nous vous suggérons de vous adresser au Service de Protection des Mineurs (SPMI  022 546 10 00) pour leur demander conseil (ce que vous pouvez faire anonymement si vous le souhaitez). Si, comme vous le soupçonnez ces enfants sont en contact avec de la violence, il est important d’agir pour que la situation change. S’ils subissent de la violence, il s’agit de quelque chose de très grave et interdit par la loi. Par ailleurs, si ces pleurs sont déclenchés par autre chose, il est important de ne pas accuser à tort leurs parents. Nous comprenons bien sûr que dans votre situation il est difficile de savoir exactement ce qu’il se passe chez vos voisins et c’est pourquoi vous nous demandez conseil.

Vous dites que les murs sont très épais mais que vous entendez tout de même les pleurs. Entendez-vous également des bruits de dispute ou d’autres signes qui vous laisserait penser à de la violence ? Si c’est le cas, vous pouvez également faire appel à la police (117) afin de les avertir. Toute personne peut signaler une situation de violence à la police ou à la justice car la violence est interdite par la loi en Suisse. Si vous redoutez de le faire vous pouvez tout de même les appeler en leur demandant conseil, ils ont généralement l’habitude de ce genre d’intervention.

Vous précisez que vos enfants fréquentent la même école, avez-vous déjà rencontré les parents de vos jeunes voisins ? Auriez-vous l’occasion de leur communiquer votre inquiétude quant à leurs enfants ? Peut-être pourriez-vous essayer de discuter avec l’un des parents en disant que vous avez entendu des pleurs et que vous vous demandiez si tout allait bien, que vous savez que ce n’est pas toujours facile avec plusieurs enfants qui grandissent et glisser que vous êtes à disposition s’ils ont besoin de quoi que ce soit.

Si vous ne pouvez pas échanger de mots avec eux - ou que le père ou la mère vous répond que tout va bien - votre sentiment d’impuissance et d’inquiétude restera probablement et rappelez-vous alors que vous pouvez faire appel aux institutions mentionnées plus tôt. Etre témoin de scènes de violence, même sur le plan auditif est une expérience déstabilisante qui peut générer beaucoup d’émotions variées, surtout lorsqu’il s’agit d’enfant (et que l’on est parent soi-même). On se demande quelle est la meilleure chose à faire, on peut se sentir impuissant-e, coupable, en colère ou triste (etc.). Il ne faut pas nier ou blâmer ses sentiments, mais les écouter et veiller à ce qu'ils ne nous mènent pas à douter, minimiser, juger, dramatiser la situation. Il est important que vous ne restiez pas toute seule à porter cela. Est-ce que les autres personnes de votre famille partagent également cette inquiétude ? Est-ce que des voisins entendent également les pleurs et s’en soucient ? Nous vous encourageons à trouver quelqu’un de confiance avec qui en discuter.

Nous espérons que ces quelques pistes pourront vous aider. Nous tenons à vous remercions du souci que vous vous faites pour ces enfants, vous aurez peut-être un rôle déterminant pour eux. Nous espérons que la situation évoluera de façon positive et restons à disposition si vous avez d’autres questions ou si vous souhaitez nous donner des nouvelles. Bonne chance !

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