Les enfants face à la violence 

Le fait d’entendre des cris, de voir la détresse de leurs parents ou d'assister directement à des scènes de violence affecte les enfants. Ils vivent dans un climat de peur et d’insécurité. Même s'ils ne l'expriment pas clairement, ils sont fragilisés voire traumatisés par ce que vivent leurs parents et doivent être protégés.

Les enfants petits, qui sont souvent dans les bras de leurs parents, risquent eux-mêmes de recevoir des coups en cas de violence physique.

Les enfants souffrent

Les enfants vivant dans un contexte de violence conjugale ne sont jamais épargnés. Ils sont troublés face à ces éclats de violence imprévisibles et inexplicables. Le poids de ce "secret de famille" s’exprime par :

  • de la tristesse
  • de la détresse émotionnelle
  • de l'anxiété
  • un sentiment d'insécurité

Ils se sentent responsables

Les enfants ont tendance à beaucoup prendre sur eux. Ils se sentent souvent coupables de la violence et responsables d’améliorer la situation. Ils peuvent chercher à :

  • soigner : par exemple égayer leur mère déprimée, la soulager de ses tâches
  • sauver : intervenir pendant les crises pour protéger le parent agressé
  • se sacrifier : par exemple faire des bêtises, voire commettre un acte délinquant pour faire diversion, attirer l'attention des parents et faire qu’ils se rapprochent

Différents troubles se manifestent

Les enfants peuvent réagir de différentes façons selon leur âge, la fréquence et la gravité des actes de violence. On peut notamment constater :

  • de l'énurésie (pipi au lit)
  • des troubles du sommeil (cauchemars, réveils en sursaut, angoisse au lever…)
  • des troubles de l’alimentation
  • des maux de ventre, de tête
  • de l'agitation, voire de la violence contre soi ou contre d'autres enfants
  • un repli sur soi, des difficultés à établir des relations avec des enfants du même âge
  • des difficultés d’apprentissage

La violence affecte la relation parent-enfant

En raison des traumatismes et du stress qu'ils vivent continuellement, les parents concernés par la violence conjugale peuvent manquer de disponibilité et de ressources pour répondre aux besoins de leurs enfants. Il leur arrive aussi de ressentir une forte irritabilité qui les conduit parfois à des débordements de colère et d'agressivité à l'égard de leurs enfants. Cela ne veut pas dire qu'ils ne sont plus capables de les aimer et de prendre soin d'eux. C'est la violence vécue au sein de leur couple qui conduit à cette situation.

Risque de banalisation

En vivant dans une famille où règnent les agressions, les enfants risquent de développer un haut niveau de tolérance à la violence. La situation les amène à croire que la violence est un comportement acceptable, une façon de régler les conflits.

Il faut protéger les enfants

Face aux agressions qui règnent dans leur maison, les enfants ont besoin de soutien et de protection. Il appartient aux parents d'agir pour le bien-être et la sécurité de leurs enfants.

Le Code civil suisse donne le droit au parents en danger de quitter le domicile et de séparer les enfants de l'autre parent (art. 274).

Brisez le silence. Parlez de la situation avec lui. Expliquez-lui qu’il n’en est pas responsable. Proposez-lui si possible des activités extérieures, afin qu'il ait des moments de répit à l'écart des tensions. Expliquez-lui comment agir en cas de violence: se réfugier chez les voisin·e·s, leur demander d'appeler du secours.