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Questions et réponses

Que faire pour les femmes coupées du monde par leur partenaire violent ? Que peuvent-elles faire, elles ?

Question
19 Janvier 2009 - old...

J'ai fuit le domicile conjugal il y a trois ans. L'homme avec le quel je vivait utilisait la violence psycologique. Seulement j'ai vécu un système d'emprise psysique et psychique carcéral et sectaire. Monsieur c'était arrangé pour que je stoppe ma carrière pour travaillé avec lui. Donc j'étais sous sa coupe 24h/24h - 365j/365j. J'étais totalement coupé du monde. Pas le droit d'utiliser le téléphone (contrôle permanent) même s'il s'absentait il m'appelait très souvent ou bien m'appelait et parfois exigeait que je lui parle pendant tout le temps de son absence. Ayant fait son service militaire dans la marine nationale il me disait être encore en contact avec la DGSE et que j'étais surveillée par ses amis. Il pratiquait le Vaudou et je devais participer à ses rites barbares (mon fils et moi devions prendre des bains de sang de bouc pour nous purifier et ne pas être pris par le diable)... D'ailleurs il a égorgé le chien de mon fils car il disait qu'il était possédé. Il faisait de nombreux et couteux voyages en Afrique afin d'y recevoir des initiations pour ''dominer toute situation''. Je ne devais jamais le contrarier sous peine de représaille sur moi et mon fils. Bref tout cela pour vous dire que je n'avais accès à rien (ni téléphone, ni ordinateur, ni lecture ou émission de télévision pouvant m'aider à me sortir de cette situation) Je n'avais pas le droit de parler aux gens (pourtant nous étions en contact avec du monde. Il s'arrangeait pour répondre à ma place ou débarquait à tout moment dans le bureau pour surveiller avec qui je parlais. Que ce soit un homme ou une femme il se contrôlait devant eux mais aussitôt seul avec moi il didait que je voulais me faire sauter ou que j'étais lesbienne. A la fin vous n'osez plus parler. Je vous passe tous les délires journaliers, humiliations, intimidations, privation de sommeil interdiction de m'occuper de mon fils en sa présence car je l'abandonnais (selon lui) Ma Question est la suivante. Quand on est totalement isolé, tous les numéros, adresses, sites mis en place par les associations ne servent en rien car vous n'y avait pas accès de part le contrôle permanent de votre tortionnaire. Sans ami, ni famille vous faites quoi? Ou crier au secours. Personne ne m'a aidé car personne ne savait. Je me suis enfui car il se préparait à nous assassiner. Après? J'ai eu comme aide ma famille, pour le reste, il a fallu que je me débatte pour faire comprendre ce que j'avais vécu seule et sans témoignage. Résultat des courses, j'ai porté plainte, la juge à estimée une faute partagée mais à tout de même protégée mon fils car je me suis battu pour qu'il ne puisse pas rencontrer son père en dehors d'un lieu médicalisé. Mon fils est en hôpital psychiatrique depuis 2 ans. Il viens d'en sortir pour une unité de jour. Depuis j'ai lu de nombreux ouvrages mais certains sujets ne sont jamais abordé et surtout que faire pour ces femmes qui endurent en silence sans pouvoir appeler à l'aide car elle n'ont accès à rien? Merci de votre réponse

Réponse
25-01-2009

Bonjour Liberté,

Avant toute chose, veuillez nous excuser du retard que nous avons pris pour répondre à votre témoignage et à vos questions. Nous sommes très sollicités en ce moment.

Vous nous demandez ce que peuvent faire les femmes "totalement isolées", et où elles peuvent "crier au secours". Il est effectivement très difficile à une femme de se libérer de l'emprise d'un partenaire lorsqu'il a réussi à l'isoler et qu'il exerce un contrôle extrême sur tous les contacts qu'elle peut avoir avec l'extérieur. Malgré cela, des femmes réussissent à tromper la vigilance de leur "geôlier" et à s'enfuir, comme vous l'avez fait. D'autres s'arrangent pour contacter la police, certaines appellent même au secours par la fenêtre ou profitent d'une visite chez le médecin pour obtenir de l'aide. Leurs ressources et leurs stratégies varient. Même dans les pires situations, les femmes ne sont jamais totalement impuissantes.
Vous-même, quelles stratégies avez-vous utilisées ? Vous avez fait preuve d'une force et d'une intelligence extraordinaires pour vous en sortir, pour pouvoir partir et protéger votre enfant. Cela suscite l'admiration.

Votre deuxième question porte sur ce que nous pouvons faire pour les femmes séquestrées.
L'important est de briser le tabou qui entoure encore la violence conjugale, d'en parler, d'en informer les jeunes, d'y sensibiliser l'ensemble de la population. Le rôle de la prévention est capital. Par ailleurs, en multipliant les relais, on élargit la possibilité d'entrer en contact avec ces femmes coupées du monde. Plus il y aura de points d'aide et plus les gens (voisins, collègues, entourage) seront rendus attentifs à la problématique de la violence, plus les victimes trouveront protection et soutien. Notre premier souhait est que leur calvaire ne dure pas, et notre seul regret est que celles qui se sont enfuies n'aient pas pu le faire plus tôt.

Malgré une (lente) amélioration des lois,  la route est encore longue.
 

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