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Questions et réponses

Comment s'en sortir?

Question
05 Octobre 2008 - old...

L’histoire : L’homme aime trop son image, ne reconnaît jamais ses torts, est parfait toujours et partout. La femme aime cet homme-là. Déjà à la base, elle manquait de confiance en elle. Durant son enfance, elle était le vilain petit canard, la dernière de la famille avec des frères et sœurs plus beaux, plus âgés et donc forcément plus intelligents. Alors pour elle, quand elle sait quelque chose, c’est que déjà tout le monde le sait ; de toute façon on se moque d’elle, c’est la nulle de service, charmante mais si nulle, et cela aujourd’hui encore malgré des études universitaires réussies. On la traite de vantarde, d’égoïste, elle essaie donc de s’effacer, de ne jamais faire de vagues, de développer des stratégies d’évitement. Arrive dans sa vie, un homme si merveilleux, si parfait, si attentionné : plein de petits mots doux, de petits cadeaux… elle n’a pas l’habitude. Elle l’épouse. Le piège se referme sur elle. Très vite, elle sent que quelque chose cloche. Mais la pression sociale est trop forte, elle a déjà divorcé une fois après un très bref mariage, on le lui a assez reproché (la honte de la famille, famille élargie même). Alors elle essaie de parler avec son nouveau mari. Il esquive et retourne la question à sa femme : et toi tu t’es demandé pourquoi, tu t’es posé la question ; pourquoi ce serait toujours aux autres de changer? Tu accuses toujours les autres, arrête de toujours te poser en victime ! Des enfants sont là du premier mariage. Il lui interdit de les encadrer, refuse de discuter éducation, exige de lui laisser le temps « on ne peut pas changer du jour au lendemain, devenir père comme ça d’un claquement de doigts ». Ces enfants de toute façon sont mal élevés, bien sûr ce sont les siens à elle, et lui ne ferait pas comme ça, ça n’est pas lui ! En retour, il ne propose rien. Il accuse, dénigre sa femme devant les enfants. Alors, comme elle n’a pas le droit d’aider ses enfants, elle les envoie vers lui qui tout heureux sait, lui, leur expliquer les choses, forcément c’est lui le meilleur. « T’as vu avec moi ça marche ! ». Elle est consciente du biais, ce n’est pas à elle qu’elle pense mais aux enfants. Petit à petit, elle abdique tous ses droits de femme, mère, épouse. Les enfants (le couple en a eu aussi) deviennent « roi ». L’enfant c’est elle. C’est elle qu’on cadre, accuse, humilie ou méprise. Quand elle essaie de mettre des règles, on les lui refuse, le mari soutient les enfants contre sa femme, il les comprend toujours même quand ils ont tort. Il comprend les réactions de l’enfant face à cette mère et ses jérémiades incessantes. Lui est cool. Par contre si son confort à lui risque d’être atteint, alors là, il met des règles strictes, par écrit, fait signer des contrats, inflige des amendes si elles ne sont pas respectées, manage la famille d’une main de fer, intransigeant. La mère soigne son mari et apprend aux enfants à être au petit soin avec lui, jamais elle ne leur laisse oser même avoir une pensée de travers envers l’homme (elle espère qu'un jour il deviendra enfin père puisqu'il demand du temps, et la soutiendra aussi, elle essaie d'être exemplaire). La vie sociale de la femme se restreint petit à petit, comment dénoncer un homme qui paraît si parfait ! Alors elle vend l’image d’un mari idéal et la chance qu’elle a ! Elle ment par peur de se faire encore accuser au dehors de se poser en victime. Parce que les victimes ce sont ses enfants et sa famille : « T’as un problème maman faut que tu ailles te faire soigner » tous sont victimes d'elle ps l'inverse, jamais. Son entourage aussi trouve qu’elle étouffe trop sa famille, qu’elle est trop stricte. La famille vit en vase clos, au dehors on évite les sujets éducatifs. Maladroitement elle essaie de parler des règles de vie qu'elle aimerait pour ses enfants en public dans l’espoir que quelqu’un dise oui t’as raison ! Maladroitement, tellement, et on lui donne tort au dehors aussi, parce que son mari, ses enfants, l’accusent publiquement d’être trop sévère, de toujours tout ramener à elle et très vite après avoir lancer l’attaque contre elle, lancent un autre sujet de conversation. Ne reste pour l’entourage qu’une impression négative à l’encontre de cette femme inadéquate. Elle n’essaie pas longtemps de dénoncer le dysfonctionnement, très vite elle apprend à jouer les potiches. Le mari, les enfants jouent le rôle de la famille idéale, pleine d'humour, équilibrée (hormis la mère, oui mais elle... bah on en parle même pas, parlons d'autre chose; petit à petit la discussion se fait loin de la mère, petit à petit elle n'existe plus) Lorsque la famille invite, ça pète à la maison pendant les préparatifs par « la faute de la mère » (Est-il nécessaire de préciser que c’est l’homme qui sème la zizanie et désigne sa femme comme bouc émissaire), l’ambiance est tendue, bientôt son mari et ses enfants l’éjecteront de sa cuisine. Quand elle n’est pas là, tout marche donc c’est la preuve si besoin était (!) que c'est à cause d’elle que tout va mal. Elle demande des thérapies familiales pour les enfants du premier mariage. Refus, ils sont suivis mais pas la famille. Lorsqu’enfin toute la famille se retrouve réunie avec le professionnel : l’histoire que les enfants ont racontée est biaisée ; l’homme beau parleur dit qu’il comprend ses beaux-enfants combien ils sont brimés par les principes éducatifs si rigides de sa femme, qu’il a essayé de discuter avec elle mais elle refuse de changer ; elle a un problème, toute la famille essaie de l’entourer et de l’aider, bref ils sont tous victimes de cette mère trop sévère. Devant l’avalanche de mauvaise foi, elle est tétanisée. On l’accuse de trop étouffer ses enfants, d’être incompétente et elle doit leur lâcher du lest. (Elle doit les abandonner). La thérapie pour les enfants s’arrête là car le problème n’est pas chez eux. Ces enfants là sont adultes aujourd’hui, pas automnes, aux poursuites, ont déjà fait de la prison. A qui la faute, à elle bien sûr ! Avec les enfants du couple, elle relance un appel au secours. Pareil. Pas de thérapie familiale, chacun est suivi par un spécialiste. Le problème est à nouveau chez elle. On prépare même les enfants à quitter la maison à fuir une mère incompétente et folle. Les enfants vont mal. Tout le monde va mal. On s’occupe de tout le monde. On plaint ces enfants, ce mari affublé d’une mégère. Et elle ? Jamais personne ne s’occupe d’elle. Elle est la désignée coupable. Elle se tue à faire plaisir à tout le monde. Elle n’est plus qu’une boniche, une potiche sur laquelle on crache. Elle fait tout ce qu’elle peut pour faire juste, pour leur plaire. Elle n’en peut plus. Un jour elle se réveille, elle comprend enfin que quoi qu’elle fasse ce sera toujours faux. Elle n’accepte plus ce mobbing permanent de la part de ses enfants et de son mari. Voilà qu’elle se met à dénoncer le dysfonctionnement familial. Ça déplaît. Ça ne passe pas. Elle le fait maladroitement, encore ! Mais cette fois, elle ne rentre plus dans le schéma. Elle dit NON. Son mari la battra, deux fois. Par peur de nuire à ce cadre sup, elle cache les bleus, en plein été, sous des manches longues (pour éviter le soleil soi-disant) elle pense que ce sont des accidents. C’est le cas. L’homme prend peur pour son image et finit par quitter le domicile conjugal. Lors du départ il ne manquera pas de mentionner aux enfants les cris de sa femme, le fait qu’elle a menacé de casser un de ses objets précieux qu’il n’en peut plus et que c’est pour cela qu’il part (c’était après qu’il lui ait violemment tordu le bras, la menace de casser un objet était celle d’une faible pour qu’il cesse de la battre. Elle n’a jamais rien détruit ou cassé ou abîmé qui lui appartienne, l’inverse n’est pas vrai. Elle n'a pu utiliser son bras durant des semaines mais cela n’a pas été relevé auprès des enfants). Il lui écrira une lettre splendide : c’est la plus dure décision de sa vie, il culpabilise, il sera toujours là pour elle, il paiera tout. (Elle n’a jamais eu d’argent pour elle, elle ne pouvait s’acheter que le minimum et si ça méritait !). Bref, une lettre qui témoigne de la souffrance d’un homme meurtri, dégoulinante de sincérité (de mensonges). Oui, il fera tout ce qui a trait à son image. Oui les apparence seront avec lui. De toute façon il la laisse dans le domicile familial avec une bombe à retardement : les enfants. Ils ont été éduqués à rejeter leur mère, à la mobber, ils ne savent pas fonctionner autrement. Tant qu’elle tient le coup et joue les potiches, l'home sait que ça tiendra mais que dès qu’un problème surgira, sa bombe explosera, les enfants la battront froid, l’accuseront, … Avant de partir il aura tenter d’éliminer sa femme à plusieurs reprises. Par chance, elle en réchappe. Après son départ encore, elle manquera mourir dans un "accident". Il a dit aux enfants qu’il ne partait que quelques mois et qu’il reviendrait. La voilà donc seule avec des enfants au domicile familial parce que ces jeunes adultes n’ont pas les moyens d’aller ailleurs. (Les enfants savent que c’est à cause d’elle que le père est parti, qu’il n’en pouvait plus qu’elle le dénonce, elle a rompu l’équilibre familial; un dysfonctionnement est aussi une sorte d’équilibre, hélas). Dans l’appartement, on essaie de survivre sans se rencontrer, s’évite soigneusement et au repas parle de la pluie et du beau temps. Equilibre apparent, d’une fragilité extrême. Les semaines passent. La bouillotte commence à chauffer mais n’explose pas, répit apparent. Ce répit dure trop longtemps. Un jour le père revient pour une futilité apparente. Il commence par parler de la pluie et du beau temps, à s’intéresser à ce qu’elle devient, ce qu’elle fait, à proposer son aide, ses services au passage il glisse qu’il ne veut pas agir dans le dos de sa femme alors il l’informe qu’il a dû, il y a quelque temps, gérer un problème urgent entre un des enfants et son employeur (de toute façon ceux-ci savent que cette mère n’est jamais là quand il faut, qu’elle ne sait rien gérer, et que seul le père est compétent donc c'est lui qu'on appelle). Il continue sur d'autres sujets dégoulinants de bonnes intentions et d'intérêts pour sa femme, revient l’air de rien sur le sujet (explosif) : "commet l’enfant ne t’a pas informé, je lui avais dit de t’en parler, enfin ça ne sert plus à rien que tu bouges, car ça remonte déjà à plusieurs jours. Mais tu vois moi je viens et je t'en parle". Oui c’est la faute de l’enfant qui n’a rien dit. Mais les enfants ne peuvent pas lui parler, elle veut toujours qu’on l’informe et quand on l’informe elle n’est pas d’accord, « tu vois le problème est chez toi, enfin je te parler parce que moi je ne ferai jamais rien dans ton dos et regarde tu n'es pas d'accord ! » La femme s’est cramponnée aussi longtemps qu’elle a pu. Puis elle finit par lui reprocher de ne pas l'avoir avertie "avant". Alors les enfants qui étaient restés jusqu’alors à l’écart sont sortis et ont insulté leur mère qui n’avait pas à parler si fort au dehors. La femme s’est mise à dire sa souffrance, sa mise à l’écart toujours, un peu fort hélas, oui les voisins risquaient d’entendre. En quelques minutes, l’homme a rallumé le tonneau de poudre sur lequel le petit groupe essayait de survivre. Depuis c’est l’enfer. Maintenant ce sont les enfants qui ont, par loyauté envers le père, endossé le rôle de mobbeur. C’est leur tour à présent de cadrer cette mère-enfant. Parce que le père était revenu en toute cordialité et amabilité, lui n’a pas haussé le ton… La question : Comment peut-elle s’en sortir vivante ? Elle n'a pas de travail, pas d'argent, pas de soutien, personne chez qui aller. Elle a essayé d'appeler à l'aide des amis, elle a découvert qu'ils n'étaient plus ses amis et que son mari avait créé le vide autour d'elle. Oh il y a eu des gens attentionnés qui l'ont un peu soutenue, mais les gens qui vont mal dérangent, on lui a dit: dans un couple il y a toujours 50% de torts pour chacun, alors ces gens bien attentionnés essayent de la faire réfléchir sur ses torts à elle, sur ses enfants victimes, sur le plaisir qu'elle doit faire à ses vieux parents, à ses pauvres enfants, les comprendre... Personne n'accuse son mari(comme si on doutait de la sincérité de cette femme) mais de ses 50% de torts à elle. On ne lui reconnaît pas sa souffrance. Elle est acculée au bord du gouffre avec une meute qui aboie contre elle. Pas d'issue, juste le vide. Mais elle ne veut pas sauter, elle ne veut pas mourir. Elle veut vivre, elle aime la vie. elle veut qu'on la laisse vivre et s'il y avait quelque part juste une fois un peu d'affection pour elle quelqu'un quelque part qui l'aime et lui fasse plaisir, quelqu'un qui lui dise tu as raison Merci

Réponse
15-10-2008

Bonjour Romy,

Vous nous racontez une longue histoire de souffrance, celle d'une femme dénigrée par son époux et par ses enfants. Nous pensons que vous nous relatez votre histoire, même si vous en parlez à la troisième personne.

Vous ne posez pas de question concrète à la fin de votre récit, vous nous confiez que vous aimez la vie et que vous voudriez qu'on vous laisse vivre. Avez-vous déjà envisagé de faire une démarche thérapeutique personnelle, sans vos enfants ou votre famille? Nous vous encourageons à trouver un espace de parole neutre, un soutien pour vous même, une oreille attentive et bienveillante.

Pour vous aidez dans vos difficultés financières, nous vous proposons de vous adresser au Service social de votre lieu de domicile. Vous pourrez y obtenir des informations sur les possibilités existantes.

Romy, nous vous proposons de nous recontacter si vous le désirez, et nous vous encourageons à parler de votre vie à la première personne, de nous confier quelques détails supplémentaires qui nous permettraient de mieux comprendre votre situation et de peut-être mieux répondre à vos attentes. N'hésitez pas.

Bien à vous

 

 

 

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