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Questions et réponses

Cette question me hante: ai-je été victime de violences sexuelles?

Question
15 Janvier 2008 - old...

}{ello! C'est la première fois que je viens sur votre site, mais je suis une grande adepte de ciao.ch...m'enfin bref. J'ai une question par rapport à ma relation passée...cela fait quelques temps que ça me circule en tête et je n'ai pas trouvé de réponse, alors je m'en remets à vous. Il y a deux ans, j'ai eu un copain qui a été ma première expérience sexuelle...Cela n'allait pas très bien avec lui, on se voyait peu, et il n'avait pas l'air de tenir à moi, seulement à nos relations sexuelles...pour dire vrai, on avait aucune autre forme de relation. Cela dit, à l'époque étant jeune et naïve, je me satisfesais plus ou moins au fait de faire l'amour avec lui...je l'aimais (ou au moins je le croyais, j'avais surtout peur d'être seule je pense). Un jour j'en ai eu marre de ne pas avoir une relation basée sur l'amour, et je me sentais très mal vis-à-vis de cela... J'ai décidé de lui en parler. Mais monsieur s'en fichait, il voulait "baiser", "ça te fera du bien tu verra". Je me scarifiai. Enormément. Et lui, tout ce qu'il trouvait à dire, c'est que ça l'inquiète mais en même temps il me deshabillait, me touchait; "ça te fera du bien tu verra". Toujours cette phrase. Moi je ne disais rien. Enfin, pendant un temps. Mais au bout de quelques semaines, j'ai fini par lui dire le mot magique, le mot "non". "mais allez, tu verra tu vas aimer", "allez, tu te sentira mieux après". "non, je n'ai pas envie, je n'ai pas la tête à ça!" une main qui s'avanture sous ma jupe. "arrête je veux pas je t'ai dit!" une autre main qui me carresse les seins, au préalable déshabillés par ces mêmes mains égoistes. "arrête..."...cela ne servait à rien. Au bout d'un moment j'arrêtais de me plaindre. De revendiquer mes droits. De défendre mon corps. Je finissait par penser que j'étais sa petite amie, que tout cela était normal. J'avais mal des fois. Surtout après la troisième fois en 2 heures. Mais il arrivait toujours à me persuader que "c'est normal, on sort ensemble". Il s'endormait après. Moi j'avais le bras lacéré, bandé dans une gaze, j'avais envie de parler, de me sentir aimée. Pendant qu'il dormait, je pleurais en silence, pour ne pas le réveiller. Mais quand il se réveillait, ça recommençait. Les mains baladeuses. Les phrases de persuation. Et toujours, mes "non" qui retentissaient au loin...jamais entendus. Et quand bien même il m'arrivait d'insister, de me défendre encore et encore, toujours avec mes "non", il me ramenait ses sentiments. "mais enfin, tu sais que je t'aime...". Et là, je ne disais plus rien. Le bénéfice du doute probalbement. Comme si le fait de m'aimer lui donnait droit sur mon corps. Et pour lui, mon silence signifiait mon aprobation... Je me rappelle que c'est toujours lui qui finissait par "gagner". Ai-je été forcée? C'est tout ce qui me trotte en tête quand j'y pense. Cette question me hante: ai-je été victime de violences sexuelles? Est-ce qu'on peut considérer cela comme tel? Il a toujours réussi à me persuader, ou du moins il le pensait...Je ne me suis peut-être pas assez défendue? Ca fait un moment que toutes ces questions me tournent en tête, et je voudrais avoir une réponse...Par rapport aux infos sur ciao, ça semblerait être le cas, mais j'en suis pas sûre encore... Ai-je été une victime? Est-ce que j'exagère? C'est tout ce que je voudrais savoir. Merci d'avance, Beaucoup de bisous pour vous

Réponse
24-01-2008

Bonjour,

Avant tout, veuillez nous excuser de vous répondre avec du retard, nous ne voulions pas vous faire attendre.

Le récit de votre relation avec votre ex-copain est très touchant. En vous lisant, nous imaginons à quel point cela a dû être difficile pour vous de vivre une telle première relation. Votre ex-copain ne semblait intéressé que par les relations sexuelles, et il ne vous apportait ni l'amour ni le respect dont vous aviez besoin. Usant de diverses stratégies, il parvenait toujours à ses fins.

Si nous avons bien compris, au début, vous pensiez que vous deviez accepter cette situation par amour, puis vous avez osé lui dire non. Mais votre ex-copain n'a jamais voulu entendre vos refus. Vous avez essayé de poser des limites, mais ils les a outrepassées sans tenir compte de vos désirs et de vos sentiments. Vous avez donc fini par vous résigner.

Pour répondre à votre question, oui, nous partageons votre avis. Vous avez bel et bien été victime de violences sexuelles. Comme vous pourrez le lire dans nos informations, il y a violence sexuelle dès qu'il y a contrainte. Et la contrainte n'est pas seulement physique, elle peut prendre des formes beaucoup plus subtiles. Dans votre cas, votre ex-copain essayait de vous persuader en vous faisant croire que c'était normal de tout accepter par amour.

Pourtant, le comportement qu'il a eu n'a aucun rapport avec l'amour. A nos yeux, l'amour devrait être basé sur le partage et sur le respect. Quand on aime sincèrement une personne, on on ne l'oblige pas à faire des choses qu'elle ne veut pas faire. Si on la contraint d'une façon ou d'une autre, on la traite comme un objet et non comme une personne à part entière.

C'est ce qui est vraiment douloureux à vivre et nous comprenons bien que vous en ayez terriblement souffert. Vous vous faisiez du mal physiquement en vous scarifiant. Est-ce toujours le cas actuellement ? Vous dites être une habituée du site CIAO, avez-vous pu leur poser des questions à ce sujet-là ? L'automutilation n'est pas un comportement anodin, nous espérons donc sincèrement que vous ayez pu trouver une aide adéquate.

Aujourd'hui, vous semblez avoir pris du recul par rapport à cette relation, vous arrivez très bien à mettre des mots sur cette histoire douloureuse. Vous avez de bonnes capacités d'introspection et d'analyse. Cela nous fait penser que vous avez beaucoup de ressources en vous, c'est quelque chose de très positif ! Mais nous voyons bien que vous n'avez pas encore réussi à surmonter ce que vous avez vécu et que vous vous questionnez encore beaucoup à ce sujet.

Les violences ont souvent des conséquences importantes sur les personnes qui les ont vécues et il est souvent difficile de s'en sortir tout-e seul-e. Peut-être pourriez-vous bénéficier d'une psychothérapie, est-ce quelque chose que vous avez déjà envisagé ? Cela pourrait vous aider dans votre réflexion, et éventuellement vous permettre de comprendre comment vous pourriez mieux vous protéger à l'avenir.

Si vous souhaitez poursuivre cet échange, n'hésitez pas à nous recontacter, nous restons là pour vous. Nous vous envoyons toutes nos meilleures pensées.

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