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Questions et réponses

Sa colère peut partir d'un petit rien et enfler jusqu'à la démesure.

Question
07 Mars 2017 - Qui...

Bonjour, Je ne sais pas trop comment formuler tout cela. En naviguant sur votre site, j'ai été interpelée. Ça m'a parlé, et je me suis retrouvée dans les signes, les conséquences que subissent les personnes victimes de violence. Pour autant, je n'ai pas vraiment l'impression d'être victime de maltraitance. Ou du moins, je ne l'avais pas. Je ne sais plus trop. Le doute s'est installé en moi. Je suis un peu perdue et ne sais pas trop quoi faire. Que faire quand l'autre ne sait pas gérer sa colère, qu'on la sent venir, partir d'un petit rien, un prétexte risible, et enfler, enfler jusqu'à la démesure. Que les cris, les hurlements, les invectives vous paralysent, que les injures sont audibles dans tout le quartier, que tout ce que vous essayez de dire pour calmer la situation se retourne contre vous et que vous passez pour l'indigne, pour le monstre ? Que ces crises durent, durent. On n'en voit pas la fin. Parfois, les heures défilent, et le volume des décibels ne semble pas vouloir décroître. On se dit qu'on vit dans une maison de fous. Que pensent les voisins ? Je n'ose plus les regarder en face. Je baisse les yeux, je marmonne un bonjour du bout des lèvres et je file sans demander mon reste. Mais jusque là, tout ça, eh bien... Voilà, c'était "simplement" des coups de sang. "Faut bien que je mette les points sur les i, c'est normal !" Oui, normal... Mais quand même. Parce que le mais est là, il flotte dans l'air, mais je n'ose pas vraiment le saisir. Juste le regarder passer, et au bout d'un moment, détourner le regard pour penser à autre chose. Merci de m'avoir lue.

Réponse
13-03-2017

Bonjour Quinnie,

Vous nous écrivez car vous avez reconnu votre situation en parcourant notre site et vous vous êtes « retrouvée dans les signes [et] les conséquences » de la violence. Vous êtes perdue et doutez, vous ne savez pas si vous êtes une victime de violence conjugale. Vous avez bien fait de sortir du silence en nous écrivant. Nous allons tenter de vous éclairer au mieux.

Vous avez raison de vous demander si vous êtes une victime de violence. Ce que vous décrivez, "les cris, les hurlements, les invectives, [...] les injures" représente bien de la violence psychologique. Vous ne nous dites pas si votre partenaire use également de violence physique à votre encontre, mais quelles que soient les formes de violence que vous subissez, elles sont toujours graves et injustifiables. La violence conjugale est d'ailleurs un délit pénal.

Vous décrivez très bien le cycle de la violence : des tensions se forment, à "partir d’un petit rien", puis elles "enflent", et la violence explose. Votre partenaire va alors justifier son comportement ou vous en rendre responsable : « Faut bien que je mette les points sur les i, c'est normal ! ». Il peut aussi s’excuser et promettre de ne pas recommencer. La tension baisse mais l'accalmie ne dure jamais: le cycle reprend de plus belle... Vous avez raison d'écouter votre intuition: la situation que vous vivez n'est pas normale, et les excuses de votre partenaire n'y changeront rien. Ce phénomène est complexe mais bien connu des professionnel-le-s du domaine. Vous pouvez être aidée à en sortir.

Plusieurs adresses existent dans chaque canton. Le Centre LAVI du canton de Vaud, dont les antennes sont implantées à Aigle, Yverdon-les-Bains et Lausanne, prend en charge toute victime d'infraction (dont la violence conjugale fait partie) et propose un soutien psychologique, social et juridique. Les consultations sont confidentielles et gratuites. Les professionnel-le-s qui y travaillent peuvent également vous donner les coordonnées de psychologues. De plus, si vous pensez votre partenaire ouvert à la discussion, la Consultation systémique de Lucinge (Consyl) propose des consultations conjugales, mais vous pouvez également prendre rendez-vous seule.

Nous souhaitons néanmoins vous rendre attentive au fait que, si votre conjoint ne reconnait pas la responsabilité de ses comportements ou s'il refuse tout changement, les consultations seront vaines. Vous devez avant tout penser à vous et vous demander si cela implique de continuer votre chemin seule, même si nous imaginons bien que ce choix est compliqué. Dans tous les cas, ne restez pas seule, contactez des professionnel-le-s et entourez-vous de proches de confiance.

Nous espérons avoir pu vous aider et vous souhaitons de retrouver au plus vite un quotidien calme et sans violence(s). Nous restons à disposition en cas de besoin et vous envoyons nos meilleures pensées.

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