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Questions et réponses

Il me fait vivre un enfer, souvent devant les enfants. Est-ce bien de la violence ?

Question
25 Janvier 2017 - Biz...

Bonjour, J'ai des problèmes de violences de la part de mon mari depuis 3 mois et demi. Au début, cela a commencé par de la surveillance de mes faits et gestes. A la maison, il me suivait partout et me parlait sans pouvoir s'arrêter en remuant l'erreur que j'avais commise d'aller voir ailleurs (notre couple n'allait pas bien depuis des années, merci de ne pas me juger là dessus, ça peut arriver à n'importe qui ). Tous les 3 ou 4 jours, je devais subir ça. Beaucoup de menaces quant à la garde des enfants en cas de divorce. Les choses se sont empirées quand un soir il m'a prise à la gorge devant un de mes enfants. Il a défoncé à 2 reprises la porte de la chambre où je m'étais enfermée ne supportant plus les reproches. Il m'offrait de petits cadeaux pour s'excuser. A plusieurs reprises, j'ai appelé mes parents pour leur dire que j'avais peur de mon mari et qu'un jour il allait me tuer. La pression a continué à monter en flèche jusqu'au 24 décembre où il m'a dit de prendre mes affaires et de dégager de la maison, il me hurlait dessus, me traitait de pute devant mes enfants. Il a sorti absolument tout mes habits de mon armoire et les a lancé sur le lit. Il me poussait dans tous les sens dans l'appartement en me disant que je devais expliquer aux enfants la situation. Je suis partie de la maison et j'ai passé 4 jours à l'hôtel, en passant Noël toute seule. Je suis ensuite rentrée à la maison et le lendemain j'ai fait une tentative de suicide, j'ai été hospitalisée pendant 3 semaines. Il arrivait même à me menacer pendant mon hospitalisation. Je suis de retour à la maison depuis 4 jours et la pression est à nouveau là, je n' arrive rien à manger et je pleure dès qu'il est là. Voilà les grandes lignes de ce que je subis.

Réponse
30-01-2017

Bonjour Madame,

Depuis plusieurs années, votre couple battait de l'aile. Vous avez eu une aventure extra-conjugale et votre mari l'a appris. Depuis, il est violent psychologiquement et physiquement, à un tel point que vous avez voulu en finir avec la vie. Vous êtes de retour à la maison, mais l'enfer continue et votre santé se dégrade. Vous avez peur d'être séparée de vos enfants en cas de divorce. Vous faites bien de nous écrire et de ne pas rester seule avec ce que vous vivez.

Si la colère de votre mari peut être compréhensible vu le contexte, rien n'excuse son recours à la violence. Ses comportements sont interdits par la loi suisse et punissables. Vous pouvez portez plainte contre lui. Cela pourrait être utile en cas de séparation afin de pouvoir vous protéger, vous et vos enfants, et obtenir des dédommagements. Pour avoir plus d'informations sur ce qu'il est possible d'entreprendre, vous pouvez contacter le centre LAVI. Les entretiens sont gratuits et confidentiels.

Nous lisons que votre couple n'allait plus bien depuis des années. Cela ne semble clairement pas s'améliorer, et le cycle de la violence risque de s'installer. Vous devez être prudente et penser à votre santé et à celle de vous enfants. Ce à quoi ils ont assisté et assistent encore est source de souffrance pour eux, même s'ils sont peut-être trop petits pour l'exprimer. Vu la situation, nous pensons que la séparation est une bonne solution pour vous permettre de réfléchir à ce que vous désirez pour votre avenir et pour vous protéger des violences.

Vous pouvez par exemple trouver refuge auprès d'un-e proche, ou contacter le centre MalleyPrairie au 021 620 76 76. En plus d'un hébergement d'urgences (possible avec vos enfants), les intervenant-e-s vous apporteront écoute, soutien et informations sur les démarches qui peuvent être entreprises pour vous protéger et pour que justice soit faite. Si une aventure extra-conjugale est souvent mal vue et que nous comprenons que vous en parliez en terme « d'erreur », il n'empêche qu'elle n'est pas punissable légalement et qu'elle ne pourrait être utilisée contre vous en matière de garde des enfants - contrairement à la violence, qui jouerait en défaveur de votre mari.

Nous imaginons que suite à votre hospitalisation, vous êtes en contact avec un-e psychothérapeute. Ne restez pas seule avec votre souffrance, et surtout prenez soin de vous. Prendre vos distances avec votre mari un moment, avec ou sans vos enfants, est important pour vous permettre d'aller mieux. Nous restons à disposition pour toute question ou pour nous donner des nouvelles. Nos pensées vous accompagnent.

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