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Questions et réponses

Pendant huit ans je me suis forcée à avoir des rapports avec mon mari. Suis-je victime de violence sexuelle ?

Question
27 Août 2016 - bij...

Bonjour, je suis divorcée depuis presque 1 an. je me suis forcée 8 années à avoir des rapports non consenti avec mon mari et en ayant des douleurs ou brûlures à chaques rapports. je voulais savoir si j'était une victime ou si j'aurai du dire non et s'il y a des psychologues ou autres pris en charges à Sion pour ça ou si ça rien avoir avec des viols? Ou c'est trop tard d'en parler 1 an après?

Réponse
06-09-2016

Bonjour Madame,

Divorcée depuis presque un an, vous vous rendez compte que vous avez eu des rapports non-consentis douloureux pendant huit ans avec votre mari. Vous vous demandez comment cela a pu arriver, si cela aurait pu être évité, mais également ce que vous pourriez faire maintenant pour aller de l'avant et panser les blessures. Vous avez bien fait de nous écrire.

Nous avons relativement peu d'informations concernant votre relation avec votre ex-mari. Ce que nous savons, c'est que lorsque de la violence psychologique et/ou physique est présente dans le couple, des violences sexuelles peuvent également apparaître. En effet, la personne confrontée à la violence de son ou sa partenaire n'ose plus dire ce qu'elle ressent, exprimer son avis et cela surtout lorsqu'il s'agit d'un refus, de peur de représailles. La violence installe un climat de crainte et la capacité de discernement de la personne faisant face à cela, tout comme son estime d'elle-même, peuvent être mises à mal. Ne plus savoir ce qu'il est normal ou pas d'accepter, se sentir coupable d'avoir "provoqué" l'autre, tout faire pour éviter les disputes, sont des éléments souvent présents dans ces situations. Peut-être est-ce ce que vous avez aussi vécu ?

De plus, en Suisse, la sexualité au sein du couple est encore malheureusement perçue comme un "devoir conjugal" par beaucoup de monde. Ainsi, de nombreuses personnes se forcent régulièrement à avoir des rapports sexuels avec leur conjoint-e, pour avoir la paix, pour pouvoir enfin dormir, pour éviter les violences, etc. Cependant, la loi interdit toute violence au sein du couple et les rapports sexuels non-consentis sont poursuivis d'office, et cela plusieurs années après les faits. Ne rien dire, ne pas oser -ou ne pas pouvoir- dire "non" sur le moment ne fait pas de nous une personne consentante. Le viol conjugal existe bel et bien et il n'en est pas moins douloureux ou grave qu'un viol commis par quelqu'un qui n'est pas notre partenaire.

Vous écrivez que vous désirez en parler: vous nous demandez s'il est trop tard pour le faire. Il n'est jamais trop tard pour chercher de l'aide suite à des violences sexuelles. De plus, dans votre cas, les faits peuvent encore être punis. Dans le canton du Valais, à Sion, vous pouvez contacter le centre LAVI. En tant que victime d'infraction, vous avez des droits et les professionnel-le-s de ce centre sont là pour vous en informer, pour vous apporter un soutien psychologique et pour vous soutenir dans les différentes démarches que vous souhaiteriez entreprendre. Selon les situations, leurs services sont sans contrepartie financière. N'hésitez pas à les contacter au: 027 323 15 14.

La reconstruction après une relation abusive demande du temps et du soutien. Nous espérons de tout cœur que vous rencontrerez un-e professionnel-le qui pourra vous accompagner dans ce travail. Nous pensons bien à vous et restons à votre disposition pour toute autre question, ou si vous voulez nous donner des nouvelles. 

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