Bonsoir, Je vous contacte aujourd'hui car une amie m'a confiée récemment que son père frappait fréquemment sa mère depuis des années avec certains épisodes particulièrement violents. Il frappe également ses enfants parfois. Depuis l'adolescence, l'amie en question a pris conscience de la gravité de la situation et a encouragé sa mère à porter plainte, mais elle refuse. De plus, la situation est complexe donc je ne sais pas trop comment cela pourrait être géré juridiquement. Mon amie et sa famille sont de nationalité sud-américaine ses parents vivent en Suisse, c'est pour cela que je m'adresse à vous et mon amie vie en France où elle fait ses études. La situation est très compliquée pour elle car elle est heureuse de ne plus subir les disputes de ses parents mais elle culpabilise à l'idée que sa mère soit seule et en danger. Enfin, sa mère ne travaillant pas, elle dépendent toutes les deux du père économiquement qui utilise cette pression et qui répète souvent que si mon amie ne se comporte pas bien, il arrêtera de financer ses études. J'espère que vous pourrez m'apporter une réponse, je ne pense qu'à ça depuis que je l'ai appris et je cherche désespérément une solution. Merci de votre attention
Bonjour,
Une amie s’est récemment confiée à vous et vous a appris que son père se montrait violent (physiquement et économiquement) avec elle et sa mère depuis des années. Bien qu’elle n’habite plus avec ses parents, elle dépend toujours financièrement de son père et culpabilise d’avoir laissé sa mère. Cette confidence vous a bouleversée, et vous aimeriez venir en aide à votre amie sans savoir comment faire. Vous faites bien de nous écrire.
Nous ne pouvons malheureusement pas vous donner de « solution » miracle. Votre question montre bien que les violences conjugales font toujours souffrir énormément de personnes, y compris en dehors de la famille. Vous voulez aider votre amie, et nous pensons que vous faites déjà un excellent travail. Elle vous a fait confiance en vous dévoilant sa situation, et vous avez été présente pour elle. Votre soutien est sans aucun doute très important et bénéfique pour elle !
Nous aimerions tout comme vous que les violences cessent, mais il y a en réalité très peu que nous puissions faire. Les violences physiques dont vous parlez sont poursuivies d’office lorsqu’elles sont présentes dans le couple ou la famille. Cela signifie que toute personne ayant connaissance des faits peut les signaler à la police dans un délai de 5 à 20 ans selon la gravité de l’acte, votre amie ou vous-même pouvez donc le faire sans qu’il n’y ait besoin que sa mère ne soit d’accord. Toutefois même si le père de votre amie aura des conséquences pénales, cela n’empêchera pas sa mère de rester en couple avec lui si c’est son souhait. Seule sa mère peut réellement s’aider elle-même, en prenant la décision de partir loin des violences. C’est une décision difficile à prendre, surtout du fait de l’impact que peuvent avoir les violences sur leurs victimes, mais elle seule peut le faire. Votre amie peut donc principalement aider sa mère comme vous pouvez aider votre amie : en se montrant présente si elle en a besoin, en l’écoutant et la soutenant. Nous ne savons pas si sa mère serait prête à faire un premier pas en parlant avec un-e professionnel-le de sa situation, mais si c’est le cas votre amie peut également lui proposer une aide dans son canton,(nous vous conseillons les centres LAVI présents dans chaque canton, qui offrent un soutien complet aussi bien psychologique que juridique) ou de nous écrire, ce qui peut être moins intimidant qu’un contact en face à face.
Vous mentionnez la nationalité sud-américaine de la famille de votre amie. Nous ne savons pas de quel permis sa mère bénéficie, mais nous imaginons que cela peut compliquer la situation si par exemple elle craint de perdre son permis en quittant son mari. Là encore, prendre contact avec un-e professionnel-le pourra l’aider à y voir plus clair et à trouver une solution adaptée à sa situation. Ces entretiens sont confidentiels et le plus souvent gratuits, il ne faut donc pas hésiter à en bénéficier.
En ce qui concerne les pressions économiques de son père, les parents ont l’obligation d’entretenir leurs enfants jusqu’à 25 ans. Votre amie pourrait donc se défendre légalement pour obtenir la somme qui doit lui verser, et ainsi ne pas subir cette violence économique.
Il nous paraît important en priorité de prendre soin de vous. C’est une situation lourde à porter, et il peut être bénéfique pour votre amie de prendre de la distance avec sa famille, et pour vous de respecter vos limites et ne pas trop vous impliquer dans cette histoire. Même si vous ne pouvez pas stopper les violences, vous pouvez en revanche faire de votre mieux pour qu’elles ne vous détruisent pas, et que vous puissiez malgré tout avancer dans votre vie et partager des rires avec votre amie.
Nous espérons que notre réponse vous sera utile, même si elle n’est peut-être pas ce que vous espériez. N’hésitez pas à nous écrire à nouveau si vous souhaitez plus d’informations, ou simplement pour nous donner de vos nouvelles à toutes les deux. Nous vous souhaitons de continuer cette belle amitié, à l’abri de toute violence.
Bonjour Gaspard, Votre message ne comporte pas de question précise et pour nous il est difficile de savoir si vous...
Bonjour Naja, Vous avez bien fait de nous écrire. D'après vos lignes, il semble que vous soyez excédée et sans...
Bonjour, Tu as bien fait de nous écrire et de nous partager ce que tu vis. En parler et demander...