Bonjour, Je vous contacte parce que j'ai besoin d'aide pour mon amie qui subit de la violence psychologique par son mari(qui se trouve être mon meilleur ami). Il la rabaisse constamment, la traite de toque, de folle, t'es qu'une merde, etc. J'ai essayé de les aider, de leur proposer d'aller voir quelqu'un, mais lui n'entends pas. Et là, elle n'en peut plus, Sa BM lui a dit qu'elle était qu'une conne, qu'elle n'avait qu'à retourner dans son pays, etc et son mari ne la même pas défendu. Ils ont deux petites filles (des jumelles de 3 ans) et finalement, je pense que lui croit qu'elle ne partira pas, car elle n'a pas les moyens puisque c'est lui qui ramène les sous, elle s'occupant des enfants et travaillant que le samedi à la coop. Seulement, elle ne sait pas par où commencer, où aller. Elle n'a aucune famille ici et je voudrais savoir vers où on peut se tourner pour avoir de l'aide des démarches à faire. Merci d'avance pour votre réponse
Bonjour Madame,
La femme de votre meilleur ami est confrontée à de la violence psychologique de la part de celui-ci, et peut-être également à de la violence économique. Malgré vos liens d'amitié forts avec cet homme, il ne vous entend pas et ne reconnaît pas qu'il a des comportements problématiques générant de la souffrance chez sa femme. Sa mère est également insultante et dénigrante avec elle, qui est d'origine étrangère. Cette dernière ne sait pas comment faire pour s'en sortir, s'occupant seule de ses enfants et travaillant le samedi, ce qui ne lui permettrait pas de s'assumer financièrement. Vous faites bien de nous écrire pour trouver une solution !
Tout d'abord, la violence au sein du couple, quelle que soit sa forme, est interdite par la loi suisse et donc punissable. Dans le cas de votre amie, ce serait sur plainte. Si les démarches sont souvent longues et difficiles (surtout lorsque les violences ne sont pas aussi visibles que les violences physiques), elles permettent à la victime d'être reconnue en tant que telle, et d'obtenir des dédommagements.
De plus, comme vos ami-e-s ont des enfants ensemble, cette femme est en droit de recevoir une pension alimentaire, afin d'assurer l'éducation et l'entretien de leurs filles. Bien entendu, des aides sociales sont également disponibles, tout comme, en cas de besoin, des appartements subventionnés. Si votre amie ne roulera certainement pas sur l'or, elle pourra au moins avoir un quotidien dénué de violences psychologiques.
Cependant, partir ne permet pas forcément de mettre fin aux violences sur le champ, car la séparation est une période propice pour les voir au contraire augmenter. En effet, l'auteur-e de violences, lorsqu'il ou elle sent qu'il/elle perd le "contrôle", peut tâcher de le maintenir d'une manière ou d'une autre, par des menaces, des intimidations, du harcèlement. Comme même s'ils se séparent vos ami-e-s restent les deux parents des jumelles (avec tous les échanges que cela implique), c'est une possibilité qu'il ne faut pas négliger.
Pour pouvoir faire face au mieux à tous ces changements et pour les préparer, vous pouvez conseiller à votre amie de prendre contact avec le centre Solidarité Femmes de Fribourg. Ces professionnelles sont spécialisées dans l'écoute, l'accueil et l’accompagnement des femmes confrontées à de la violence au sein de leur couple. Auprès d'elles, elle trouvera du soutien tout au long des démarches, ainsi que toutes les informations nécessaires pour les mettre à bien. En cas de besoin et en attendant de trouver un logement, un hébergement d'urgence, avec ses enfants, peut être envisagé. Voici leur numéro: 026 322 22 02.
Voir ses ami-e-s se déchirer et surtout voir une personne de confiance être auteur-e de violences n'est pas facile. Nous imaginons que votre position ne doit pas être agréable et doit être source d'inquiétudes, de déception et d'une certaine souffrance. Nombreuses sont les personnes qui choisissent de fermer les yeux dans votre cas et nous vous félicitons de ne pas le faire, malgré toute les difficultés que cela implique. Nous espérons que vous avez des personnes auprès de qui vous confier et partager ce que vous avez sur le cœur.
Nous restons à disposition pour toute autre question, si votre amie désire nous écrire ou si vous souhaitez nous donner des nouvelles. Nous pensons bien à vous et à vos ami-e-s et espérons qu'ils trouveront le moyen de rester des parents adéquats.
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