Bonjour, J'ai 4 enfants et la dernière a 6 mois. Cela fait bientôt 9 ans que je suis avec mon mari et depuis août 2010, la colère de mon mari ne s'arrête plus. Il a eu des gestes de violence envers moi même quand j'étais enceinte (m'a poussé violemment, m'a interdit de quitter une pièce pendant qu'il m'insultait), il ne se maîtrise pas ou difficilement. Il estime que ses colères sont dues à mon attitude, bien que le conseiller conjugal qui nous suit depuis 4 mois lui a dit qu'il en était seul responsable. Je n'en peux plus, je n'ai plus d'énergie pour bien m'occuper de mes enfants (je suis femme au foyer, avec une toute petite activité à côté environ 300.- par mois). J'aimerais partir quelques temps, ou mieux lui demander de partir. J'ai une fille à l'école. Je pourrais aller chez mes parents (à 30mn de l'école), mais cette décision est difficile à prendre car j'ai espoir de voir la situation changer...Cela fait à peu près un mois qu'il ne m'a plus frappée, alors qu'avant il me frappait toutes les deux semaines environ. Mais il continue à me dénigrer, m'insulter, etc. Puis-je partir chez mes parents pour la nuit et être la journée chez moi pour des questions d'organisation (école, repas de midi, halte-garderie?) ou vaut il mieux une séparation nette? Merci d'avance pour votre réponse.
Bonjour Lisbeth,
Nous vous avons fait attendre quelque peu, veuillez nous en excuser.
Nous avons lu attentivement votre message et comprenons bien, au vu de ce que vous nous décrivez, que vous soyez à bout. D'autant plus qu'après quatre mois de consultations conjugales il ne semble guère y avoir d'amélioration, que votre mari continue à vous dénigrer et vous insulter. Or la violence psychologique fait autant de mal que la violence physique.
Votre mari s'est-il toujours montré colérique et violent, pendant vos 9 ans de vie commune ? Ou est-ce plus récent ? Que s'est-il passé pendant ce mois d'août 2010 dont vous parlez ? Pensez-vous que le changement soit à imputer à l'arrivée du dernier bébé ?
Si ses crises de colère sont apparues soudainement l'été dernier et que vous ne pensez pas que ce soit lié à la naissance de la petite, peut-être y a-t-il eu quelque chose de spécial dans la vie de votre mari à ce moment, un choc, une crise (dans son travail, sa famille ou autre) ? Souffre-t-il à votre connaissance d'un traumatisme ancien ? Il arrive que certains vécus douloureux se "réveillent" tout à coup et provoquent des comportements violents inhabituels. Parfois même ce peut être dû à certaines lésions organiques du cerveau et des examens médicaux peuvent apporter une explication.
Cela dit, venons-en à votre question. Vous vous demandez s'il vaut mieux une séparation nette ou si vous pourriez envisager de passer vos nuits chez vos parents et le reste du temps chez vous. Nous n'avons pas de réponse toute faite, c'est vous qui allez décider, vous connaissez la situation mieux que personne ! Mais nous avons envie de vous demander quel signal vous donnez à votre mari en partant ainsi "à moitié". Que vous êtes d'accord de continuer à assumer vos nombreuses tâches durant la journée, malgré les insultes ?
Nous comprenons bien qu'il vous soit difficile de prendre une décision. Votre famille, votre couple, c'est aussi votre vie. L'idée de tout bouleverser fait toujours peur. Et puis il y a l'espoir que ça change.
Mais qui vous dit que partir, c'est définitif ? Vous pourriez par exemple envisager de partir un certain temps avec les enfants, en exigeant de votre mari un changement réel avant de revenir. L'avantage d'une telle démarche serait de vous mettre un moment à l'abri de la violence, de signifier clairement à votre mari que vous n'acceptez plus son comportement, et également de protéger vos enfants. Parce qu'ils souffrent, eux aussi, de la situation, on a tendance à l'oublier. Notre site offre des informations à ce sujet (et sur d'autres thèmes). Il vous suffira de cliquer sur les mots-clés pour lire les pages en question.
A part vos parents, avez-vous dans votre entourage des personnes prêtes à vous soutenir ? En ce moment vous dites que vous "n'en pouvez plus". Il serait bon que vous ayez un appui. Une possibilité serait de vous adresser à un service d'aide spécialisé dans ces questions de violence de couple, par exemple au centre LAVI ( tél. 021 320 32 00) ou à MalleyPrairie (tél. 021 620 76 76). Les consultations y sont gratuites et confidentielles. Vous y seriez écoutée, et en plus du soutien dont vous bénéficieriez, vous pourriez examiner plus en détail, avec le concours de professionnel-le-s, les options qui s'offrent à vous et les ressources qui sont les vôtres.
Vous êtes courageuse et vous vous souciez de vos enfants. Bravo ! Nous sommes sûrs que vous trouverez de nouvelles forces pour faire changer les choses et restons de tout coeur avec vous.
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