Bonjour, Dur dur d'expliquer en quelques lignes le parcours d'une vie... L'adresse de votre site m'a été communiquée par mon psychothérapeute que je consulte depuis maintenant un an. Je suis mariée, ai deux enfants ado et pré-ado. Je suis engagée depuis plus d'un an dans le cadre d'un contrat déterminé et touche des indemnités de chômage qui toucheront à leur fin en mars prochain. Voilà pour la carte de visite. L'an dernier, j'ai commencé une thérapie suite à un échec amoureux qui m'a fait énormément souffrir mais qui a eu aussi l'effet de remettre sur le tapis un bon nombre de choses que je croyais avoir "résiliées". J'avais également été licenciée d'une entreprise - pour raison économique - dans laquelle j'ai subi un fort mobbing. Cela fait maintenant 29 ans que je suis en couple. J'avais alors 17 ans quand nous nous sommes connus. J'avais été jetée à la porte par un père qui ne m'a jamais portée dans son coeur. Humiliation, dénigrement, absence de protection... J'ai donc quitté la maison à l'âge de 15 ans et demi. A 17 ans, j'ai connu mon futur mari que je n'ai pas aimé d'un amour fou, mais qui me donnait de l'attention. Il avait lui aussi comme moi connu la violence parentale. Nous nous sommes reconstruits ensemble. Etudes, mariage, enfants... Une vie ma foi agréable mais que j'ai jalonné d'amours secrets et platonique, mais de toute façon impensables. Je me suis sentie dès le début très dépendante de mon mari dans le sens où il a toujours eu une énorme peine à se gérer seul. Aujourd'hui, nous savons qu'il est atteint de Thada. Il est suivi par un médecin depuis 5 ans. C'est moi qui ai demandé le premier rendez-vous. Hormis le fait qu'il soit très dépendant, il est aussi de caractère très impulsif, que ça soit dans les achats, les coups de coeur, de haine ou de colère. Il n'a jamais supporté un désaccord entre nous. Il met systématiquement le désaccord sur le compte de l'imbécilité de son interlocuteur. Il a de la peine à garder un emploi car il y a rapidement des tensions avec certains de ses colaborateurs. En 29 ans de vie commune, j'ai essuyé 8 de ses licenciements. Lorsque la colère monte, ce sont d'abord des hurlements accompagnés d'insultes. "De toute façon, tu es une conne". Ou une tarée, ou une pute, c'est selon. Il profère également des menaces. Ca lui est arrivé de me frapper. La fois la plus grave remonte à une vingtaine d'années, il m'avait frappé de coups de ceinture (sanction dont il avait été lui-même souvent victime). Dernièrement, il m'a frappé d'un violent coup de pied dans la cuisse dont j'ai gardé un bleu durant plusieurs jours. Les épisodes de violence physique ne sont pas vraiment fréquents, disons un par année. Je n'avais pas vraiment pris conscience que la violence verbale était tout autant destructice. Mon psy tente de m'ouvrir les yeux. Sur le moment, j'ai envie de tout quitter. Pourtant, je reste. D'abord, parce que, comme je l'ai expliqué plus haut, mon mari est quelqu'un de très dépendant. Je n'ai jamais réussi à me dire que je pouvais le laisser tomber car sa chute me retomberait sur les épaules. Il y a 25 ans, je l'ai quitté pour quelqu'un d'autre. Durant les trois mois de notre séparation, il a accumulé les bêtises d'adolescents et je m'en suis sentie énormément responsable. Je me suis remise avec. Ses parents ont d'ailleurs eu eux aussi une forte influence sur moi en me béatifiant d'avoir réussi à faire quelque chose de leur fils chéri (qu'ils ont battu durant toute l'enfance et l'adolescence...). Je me suis toujours sentie pieds et poings liés dans cette relation. Qui m'a été bénéfique aussi, il faut le dire, puisqu'elle avait le mérite de donner l'impression d'être utile. Il y a de cela 5 ans - suite à un licenciement -, je lui ai dit que je le quittais. Il s'est montré très menaçant, mais je ne peux pas dire exactement dans quel sens. Ce que je sais, c'est que j'ai eu peur pour mes enfants. Mon mari se sentait tellement mal que je l'aurais cru capable d'attenter à sa vie et à celles des enfants. Il ne voit pas de solutions non plus à notre couple et pour lui, ne pas voir ses enfants tous les jours équivaut à les perdre. Nous avons donc cohabité pendant plusieurs années, sans aucune communication. L'année dernière, j'ai rencontré quelqu'un. Cette relation m'avait donné la force d'affronter mes craintes. Malheureusement, elle n'a pas duré et elle a eu pour effet d'anéantir ce qui me restait encore d'élan. Curieusement, c'est mon mari qui m'a consolé... Sans engagement, nous avons à nouveau eu une vie sexuelle. Il y voit lui par contre un nouvel espoir de vie commune. Mais dès le moindre désaccord, les violences verbales sont encore plus présentes qu'avant. Au travers de ma psychothérapie, j'ai découvert aussi la peine que j'avais de me sentir femme avec mes faiblesses, mes émotions... et mon look. Depuis, je m'épanouis dans ces trois domaines. J'accepte de ne pas être parfaite, je vis plus intensément mes émotions et j'ai revisité ma garde-robe. Mon mari me dit sans cesse que ce psy ne fait pas du bien, puisqu'il change ma personnalité. Pour ma part, je crois plutôt qu'il essaie juste de la laisser s'épanouir. Du coup, la moindre de mes erreurs sera rabachée pendant des mois, mes états d'âme sont insupportables et mon changement de garde-robe (très modeste je le jure) est une dépense totalement inutile. Je précise que c'est moi qui gère le budget familial et que je connais par conséquent la marge de manoeuvre que je peux m'offrir. Jusqu'à maintenant, j'ai toujours mis l'accent sur les dépenses liées au ménage et aux enfants. Je ne m'achetais une nouvelle paire de chaussures que lorsque les autres n'avaient plus de semelles... Nous sommes propriétaires d'une maison. J'ai en fait racheté la maison de mon enfance. Curieuse attitude, dit le psy, car c'est non seulement la maison que mon père a construite et dans laquelle j'ai vécu une enfance malheureuse, mais aussi la maison dans laquelle un de mes frères (de dix ans mon aîné) a longtemps abusé de moi. J'ai été abusée en tout par trois hommes, dès l'âge de 8 ans jusqu'à mes 13 ans. Je ne peux pas dire s'il y avait viol. J'attendais plutôt patiemment que ça passe. En résumé, j'ai l'impression aujourd'hui de n'avoir jamais connu autre chose que de l'abus et j'ai fini par m'y accommoder. La rencontre de l'année dernière, bien que très courte, m'a ouvert les yeux. Je me suis découvert un besoin d'amour et de tendresse qui, jusque là, n'était dans ma tête réservé qu'à des écervelées. Je ne sais pas si j'ai pris la décision de quitter mon mari. Tout me fait horriblement peur. A commencer par ses réactions. Et puis il y a les enfants, la peur de perdre ma maison, l'incapacité de retrouver un emploi. Mes enfants savent eux aussi que leur père est malade. Si je devais le quitter, ils ne me le pardonneraient pas. On me jure qu'il existe à tout problème une solution. Seule, je ne trouve décidément pas. Alors je sonne aux portes. Mille mercis d'avance pour le temps que vous m'aurez accordé. Bien à vous.
Bonjour meliyah, Votre mère est victime d'infidélité de la part de son mari et de violence psychologique. Votre père vous...
Bonjour, Vous êtes à la recherche d'une orientation afin de pouvoir parler de votre situation à une-e professionnel-l-e-s, tenant compte...
Bonjour Apache, Nous sommes sensibles au chemin que vous avez parcouru depuis la première fois que vous nous avez écrit....