Bonjour, Le week-end passé nous avons entendu au milieu de la nuit notre voisin péter le plombs, frapper les murs et hurler des injures extrêmes. Nous avons pensé qu'il avait beaucoup trop bu. Nous avons eu très peur et sur le moment nous n'étions pas 100% sûr que cette violence était dirigée contre sa compagne. C'était tellement violent que nous avons imaginé qu'il était seul... et que toute cette violence ne pouvait pas être dirigée contre une personne. La semaine suivante, suite à un échange quelconque de sms avec sa compagne, elle nous a dit qu'elle souhaitait nous parler de cet évènement. Puis, la première fois que l'on s'est croisée après cette nuit, elle nous a informé que cette violence était dirigée contre elle. Elle a dit que, sur le moment, elle aurait souhaitée nous voir arriver. Son compagnon lui aurait mis les mains à la gorge et l'aurait expulsée de la maison. Il l'a aussi blessée à la tête. Finalement elle est partie dormir ailleurs. Elle était dans un état de choc et ne pouvait pas prendre la voiture. En croisant le voisin, entre deux portes, plus d'une semaine après les faits, nous lui avons dit que nous avions eu très peur. Il nous a dit qu'il ne se souvenait de rien et qu'il ne fallait pas que cela ne se reproduise. Nous n'avons pas fait mention de sa compagne. Que faire ?
Bonjour Juliejolie,
Il est toujours pénible d'être témoin (même sur le plan auditif seulement) d'un épisode de violence. Cela peut déstabiliser et produire un sentiment d'appréhension, voire d'anxiété. Nous comprenons que vous ayez eu peur.
Vous avez bien fait de nous écrire car il n'est effectivement pas facile de décider que faire dans une situation comme celle que vous décrivez. La violence conjugale (que le couple soit marié ou non) peut revêtir diverses formes, qui s'exercent souvent simultanément. Notre site vous fournira des informations à ce sujet : violence physique, psychologique, sexuelle et économique, sans compter l'isolement social progressif (et voulu) de la personne victime.
Le fait que votre voisine ait abordé spontanément avec vous les événements récents est en soi une excellente chose. Trop souvent la honte ressentie empêche les femmes confrontées à la violence d'un partenaire d'en parler à autrui et elles se replient sur elles-mêmes ou minimisent les actes subis. Si vous êtes en mesure de le faire, accueillez-la, écoutez-la et assurez-la de votre soutien en cas de besoin. Faites-lui connaître notre plan d'urgence. Vous nous dites qu'elle aurait souhaité votre intervention. Elle semble donc avoir une attente, un espoir en vous, ce qui permettra d'instaurer le dialogue plus facilement. C'est une chance !
Pour répondre à votre question "que faire ?", voici nos suggestions :
1. Si vous entendez de nouveau des cris, des injures ou des coups, appelez immédiatement la police. La violence conjugale est un délit poursuivi d'office, c'est-à-dire qu'une action pénale est engagée automatiquement contre l'auteur lorsque la police constate l'infraction. La responsabilité de porter plainte ne repose plus sur les seules épaules de la victime. N'intervenez pas vous-même directement, il est préférable de ne pas vous exposer inutilement. De même, évitez d'aborder le sujet avec l'auteur des violences (à ce propos, bravo de vous être abstenue de mentionner sa compagne lorsque vous lui avez dit votre frayeur de cette nuit-là).
2. N'évoquez jamais les violences avec votre voisine en présence de son compagnon, ni s'il a la possibilité de vous entendre. Cela pourrait lui causer du tort (les représailles ne sont pas rares).
3. Informez votre voisine. Faites-lui lire les pages de notre site consacrées aux aspects de la violence, à ses effets, à son cycle, etc. Faites-lui connaître ses droits (porter plainte, quitter le domicile conjugal si elle est menacée - art 175 code civil -, demander la protection de la police et de la justice, être hébergée dans un centre d'accueil sécurisé pour femmes, recevoir l'aide juridique gratuite d'un service LAVI - aide aux victimes d'infractions - même si elle ne souhaite pas porter plainte pour l'instant. Tél. 021 631 03 00). Par ailleurs, recommandez-lui de garder toutes les preuves possibles des violences subies (photos des contusions, certificats médicaux, SMS de menaces, etc.). Et enfin, proposez-lui de faire appel au soutien d'un service spécialisé, ou des professionnel-le-s sauront l'écouter, la comprendre et la conseiller sur le plan personnel, juridique, psychologique, financier. Pour le canton de Vaud, c'est le centre d'accueil de MalleyPrairie à Lausanne. Les consultations y sont confidentielles et gratuites. Comme il est souvent difficile de se sortir seule d'une relation empreinte de violence, l'aide de personnes spécialement formées s'avère en général très utile. Tél. 021 620 76 76.
Voilà ce que nous pouvons vous dire aujourd'hui. Au nom de votre voisine, nous vous remercions de vous préoccuper de son sort et de vous être adressée à notre site. Nous vous souhaitons bonne chance à toutes deux, que la nouvelle année soit pour elle le début d'une nouvelle phase de vie, dans la sérénité et le respect qui nous est dû à toutes et à tous.
Bonjour, En premier, nous nous excusons du retard que nous avons en ce moment sur le site violencequefaire, nous en...
Bonjour Jess, Nous vous répondons avec du retard et nous vous prions de bien vouloir nous en excuser, nous ne...
Bonjour Madame, Vous pensez vivre des violences psychologiques mais vous en êtes pas sûre. Vous aimeriez savoir s'il existe un lieu...