Bonjour, Malgré les années qui passent et les situations de vie qui changent, il est toujours là, présent, menaçant, inquiétant... Existe-t-il une statistique, un facteur de risque, une possible estimation du dérapage fatal ? J'entends par là : ma peur de lui est omniprésente. Ses comportements extrêmes (violence-amour) ne se modifient pas, malgré la séparation qu'il sait définitive, malgré une nouvelle histoire d'amour qu'il a vécu... Il pense toujours que je vais retourner à lui... J'ai peur car les schémas 100x répétés demeurent une constante invariable. Si je ne réponds pas à ses nombreuses sollicitations, il devient fou de rage... Il a déjà levé la main sur moi, notamment durant ma grossesse. Il m'a craché au visage, il m'a insultée et menacée... Il menace aujourd'hui tout les hommes qui pourraient potentiellement s'approcher de moi... Quelle est la limite ? Peut-il déraper ? Lorsqu'il comprendra (bien que je le lui ai à maintes fois répété) que c'est vraiment FINI, comment réagira-t-il sans aucun espoir face à un avenir commun ? Les médias nous relatent sans cesse des drames conjugaux et familiaux liés à une séparation, un divorce. Ma peur est-elle justifiée ? J'ai rendez-vous avec mon avocat encore cette semaine, je vais porter plainte pénale contre lui mais qu'est-ce que cela changera ??? J'ai repoussé cette idée de nombreuses fois, effacé tant et tant de messages, pour vivre libérée de ce poids. Mais finalement, est-ce une bonne chose de le laisser dépasser toutes les limites en fermant toujours les yeux ?? Ne devrais-je pas me protéger et protéger également mes enfants ? Ou alors vais-je encore plus attiser sa haine ? Je vous remercie pour votre réponse. Parfois, la bonne solution et le bon choix deviennent cornélien... et le manque de vision ne permet pas la saine réflexion.
Bonjour Anaelle,
Au moment de porter plainte, vous vous demandez quelle sera la réaction de votre ex-partenaire lorsqu'il comprendra que tout est vraiment fini entre vous, vous avez peur, et vous nous demandez s'il faudrait envisager des mesures de protection pour vous et vos enfants.
Effectivement, de voir sa victime "lui échapper" peut attiser la haine d'un homme psychiquement ou physiquement violent. C'est au début de la séparation que le risque est le plus grand, durant la première année selon les statistiques, mais le fait de porter plainte par la suite pourrait également être un facteur d'aggravation des risques.
Quant à savoir si votre crainte d'un dérapage est justifiée, vous êtes vous-même le mieux placée pour y répondre, car vous le connaissez mieux que quiconque. Ecoutez votre peur et prenez au besoin les mesures qui s'imposent pour votre sécurité. Vous avez raison de ne pas banaliser la situation.
Votre décision de porter plainte est une bonne chose : il importe de poser des limites, de faire comprendre à cet homme qui vous menace et vous insulte qu'il commet délit sur délit, et que la justice existe. Nous ne pouvons que vous encourager à persévérer sur cette voie et à faire valoir vos droits, en dépit de la peur. Dans ce but, prenez soin de bien garder tous les messages reçus, ils pourront vous être utiles comme preuves. Notre site offre quelques conseils pratiques à ce sujet.
Si vous souhaitez avoir le soutien de personnes spécialisées durant la phase de procédure pénale, vous pourriez vous adresser au centre LAVI (loi sur l'aide aux victimes d'infractions) de votre région. Vous y recevriez appui et conseil. Les consultations sont gratuites et confidentielles. De plus, en cas de délit, la LAVI finance directement les 4 premières consultations chez un avocat de votre choix (et davantage sur demande, au besoin). La possibilité existe également de vous mettre "à l'abri" durant un certain temps avec vos enfants, si vous le jugez nécessaire. Vous pouvez vous renseigner à Malley-Prairie par exemple, où des professionnel-le-s prendront le temps de vous écouter.
Nous vous souhaitons bon courage, bonne chance, et sommes persuadés que votre détermination vous aidera tout au long de la route.
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