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Questions et réponses

je survis dans une sorte de sas et crève la vitre le soir pour frôler la folie....

Question
11 Février 2008 - old...

Depuis 8 ans, je vis une relation avec un étranger...passion, amour, haine, mariage, tromperies...nous sommes passés par toutes les étapes et durant des années j'ai supporté son penchant pour l'alcool qui le rend violent, ses agressions verbales et parfois physiques (me suis rendue aux urgences il y a quelques années pour une main fracturée ...prétexant qu'il s'agissait d'une chute en vélo...) Durant toutes ces années, je pense que j'ai supporté tout cela car je n'étais simplement pas assez mûre pour me détacher de lui...je pensais comme beaucoup de femme ne pas être assez bien, belle ou autre pour retenir l'attention d'un autre homme et qu'une vie de solitude me conviendrait encore moins qu'une vie de violence...Puis le temps passe, mon travail devient de plus en plus astreignant en même temps que mes fonctions augmentent...Quand je rentre chez moi, je vois un homme qui passe ses soirées sur internet, sur les sites de chats, avec des filles de "son pays"...je pars à l'étranger pour mon travail...lui, de son côté, vit de petits jobs, travail temporaire et même quand le poste de rêve tombe, il ne le garde que quelques mois, déjà lassé par le quotidien et le fait de n'avoir que quelques semaines de repos par an ...alors que de mon côté je me crève au travail... Il rentre de plus en plus dans son pays d'origine, soit disant pour voir sa famille, cela fait des années que nous n'avons plus passé de fêtes ensemble et qu'il n'a vu ma famille...Dans le fond de mon âme, je ne comprends pas qu'une femme de mon âge (j'ai moins de 40 ans) soit si mal dans sa peau pour supporter tout cela... Début 2008, alors qu'il revient d'un mois passé dans son pays sans me donner de nouvelles, il pense que je vais l'attendre les bras ouverts ...mais la cassure s'est faite...Peu de mois avant, je vivais dans un pays en guerre lors d'un travail à l'étranger et il fut la seule personne à ne prendre aucune nouvelle de ma part...A ce moment, tout a basculé pour moi et le peu d'amour que je pouvais encore lui porter s'est évaporé à tout jamais...Depuis que je refuse d'avoir tout contact physique avec lui et que j'ai entrepris les démarches pour la séparation, il me menace....de me faire quitter l'appartement que j'ai trouvé moi-même il y a 8 ans et dont il paie une partie du loyer depuis à peine 2 mois...il ne travaille plus...passe ses soirées sur le net ou rentre ivre mort à trois heures du matin...me menace de coups lorsque je lui fais des remarques... Parfois, j'aimerais qu'il me tape vraiment et ainsi ce serait fini...je pourrais enfin prouver toute cette violence que je subis depuis des mois, des années.... Actuellement, je suis sous tranquilisants, seul moyen de concilier mes fonctions professionnelles de plein fouet et cette violence morale quotidienne...je ne sais pas comment j'ai pu attendre si longtemps pour agir...A présent, je suis dégoûtée des hommes et de l'être humain en général...je survis dans une sorte de sas durant la journée et crève la vitre le soir pour frôler la folie...que faire....

Réponse
22-02-2008

Bonjour Clara,
Votre récit décrit bien dans quel cycle infernal la violence peut enfermer la victime. Malgré tout ce que vous avez vécu ou plutôt parce que vous avez vécu toute cette violence et que c’est impossible pour vous de comprendre pourquoi vous n’êtes pas partie, vous subissez encore.
Vous n’êtes pas responsable du comportement de votre partenaire mais vous êtes responsable de votre sécurité et aujourd’hui nous pensons que vous êtes en danger. En danger parce que vous le dites « j’aimerais qu’il me tape vraiment et ainsi ce serait fini ». Mais vous ne méritez pas ce traitement. Vous avez le droit de découvrir un jour que tous les hommes ne sont pas fait sur le même modèle et que c’est cette relation là qui est mortifère pour vous.
Que faire ? Vous avez déjà fait des démarches pour la séparation, ne vous laissez pas intimider par ses menaces et sachez que vous avez le droit de porter plainte. Vous avez aussi la possibilité de demander un hébergement afin de réfléchir au calme et avec des professionnels à comment vous protéger, comment dire non à cette violence, comment faire face à cette impuissance qui vous paralyse malgré l’énergie que vous déployer. Bien sûr que vivre dans ces conditions est épuisant et dangereux pour votre santé physique et mentale. Les experts en violences conjugales savent bien que les risques encourus par les victimes sont bien plus étendus que l’effet immédiat de violences physiques.
Nous vous encourageons fortement à consulter Itinérance du Centre d’accueil MalleyPrairie, soit à Lausanne, Bex, Montreux, Vevey, Yverdon ou Nyon (tél. 021 620 76 76) qui propose des consultations ambulatoires sur rendez-vous. Vous y trouverez un soutien dans les démarches que vous souhaitez entreprendre et un espace de réflexion qui vous permettra d’avancer dans les décisions que vous êtes prête à prendre. C’est long d’entrer dans la violence, ce n’est pas facile d’en sortir mais vous avez déjà fait des pas importants.
Courage

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