Bonjour, Tout d’abord je tenais à vous remercier de votre réponse à mon message du 6 décembre dernier. Cela fait 1 mois maintenant que je vous ai écrit et les choses ont avancé pour moi. Suite à votre réponse, j’ai dû aller voir le médecin car je pleurais tout le temps, je faisais des cauchemars et je n’arrivais pas à dépasser ce qui s’était passé. Il m’a diagnostiqué une dépression nerveuse et depuis je suis sous anti-dépresseurs et anxiolytiques. J’ai également rencontré mes 2 sœurs pour leur parler de ma situation et elles m’ont apporté leur soutien sans me juger et je sais qu’elles pourront m’aider si mon mari redevient violent. J’ai voulu crever l’abcès avec mon mari et reparler tranquillement de ce qui s’était passé. Malheureusement, ça n’a pas arrangé les choses. Il ne s’est pas énervé, mais m’a dit des choses horribles : - il n’a pas commis de faute, n’a pas dépassé les limites, sinon j’aurai été morte - il fallait bien ça pour maitriser un « gros sanglier hystérique » comme moi - Ce serait ridicule et injuste de ma part de me déclarer femme battue étant donné que lui aussi a été « brutalisé » (quand j’essayais de me défendre) - Il a menacé de se suicider si je parlais de ça à quelqu’un en disant que sa vie serait fichue, lui qui fait tout pour être un bon mari - Il dit que je suis une « détraquée mentale » - Il a bien remarqué que j’avais du mal à digérer l’histoire, mais que si je « ne m’en remettais pas, il me quitterai » Mais grâce à mon traitement, j’ai réussi à dépasser ça et à passer de bonnes fêtes. Mais le problème actuellement est que mon mari vient de perdre son travail et le vit très mal. Rien que cette semaine, il s’est déjà énervé 2 fois tout seul en effectuant des tâches ménagères et a balancé des objets dans l’appartement. J’ai de nouveau peur car je sens une nouvelle crise couver. J’ai donc décidé de prendre les devants et d’avoir une discussion avec lui en le mettant face à ses responsabilités, peut importent les conséquences. Je lui ai dit que ma dépression était due à ce qu’il m’avait fait et qu’il avait un problème qui mettait notre couple en danger. Je lui ai dit qu’il existait des associations d’aide aux hommes violents qui pourraient le guérir, mais qu’il fallait auparavant qu’il admette avoir un problème de violence et vouloir le traiter. Je pense qu’il a été surpris de ma démarche et qu’il a réalisé que l’avenir de notre couple dépendait de lui. Il a pleuré en me demandant si il était une brute. Je lui ai dit que non, qu’il était gentil mais qu’il avait des problèmes à régler et que je serai là pour l’aider. Ca a été une agréable surprise de l’entendre dire que oui, il avait un problème et qu’il voulait bien consulter pour sauver notre couple, même s’il était septique. J’ai donc trouvé une association à Paris qui s’occupe de soigner les hommes violents et j’espère que ça va marcher. Toutefois, je reste méfiante car je suis consciente que le taux d’abandon de ce genre de thérapie est élevé et que je ne suis pas à l’abri d’un nouvel accès de violence de sa part. C’est pour ça que je vais retourner voir mon médecin pour qu’il m’établisse un certificat médical attestant de ma dépression nerveuse et je vais aller déposer une main-courante à la police. Je suis décidée à porter plainte s’il recommence et à le quitter. De plus, je lui ai dit que tant qu’il ne serait pas guéri, il était hors de question de faire un enfant et il est d’accord. Je souhaiterai avoir votre avis sur mes démarches. J’envisage aussi d’aller me faire soutenir psychologiquement tant que je reste avec mon mari, même s’il se soigne. Dans l’attente de votre réponse et en vous remerciant d’avance.
Bonjour Madame,
Tout d’abord, bravo pour votre courage et votre réflexion.
D’une part, vous avez pris soin de vous en consultant votre médecin. Le diagnostic n’est pas une bonne nouvelle mais toutefois vous avez les médicaments adéquats et il y a de fortes chances pour que les symptômes de votre dépression disparaissent totalement si votre situation évolue favorablement. Vous avez pu vous confier à vos sœurs et de plus, elles ne vous jugent pas et vous soutiennent.
D’autre part, vous avez trouvé le courage et la force pour en parler avec votre mari. Vous avez su le convaincre de suivre un traitement et il accepte de prendre ses responsabilités. C’est très positif.
Ce qui nous semble très important dans votre réflexion, c’est que vous restiez sur vos gardes et que vous mettiez des conditions dans votre vie de couple.
Nous pensons que votre position par rapport à la violence potentielle de votre mari est juste. Vous avez raison de faire établir un certificat médical et d’entreprendre des démarches pénales.
Il nous parait important aussi de prendre conscience de vos possibilités et de vous fixer des limites dans l’aide que vous pouvez apporter à votre mari. Car à travers ce bel élan de générosité et de solidarité, d’autant plus dans un contexte de violence conjugale, votre mari pourrait se reposer sur vous et mettre la responsabilité d’un éventuel échec sur votre compte. Il est impératif de laisser l’entière responsabilité de se soigner et du succès des soins à votre mari.
Il est également important que la décision de quitter votre mari au cas où il ferait de nouveau usage de la violence contre vous soit bien réelle en vous et que vous soyez persuadée de cette décision car si votre mari ressent la moindre hésitation, il n’aura aucune raison de stopper ses actes si il ne croit pas aux conséquences.
Nous sommes persuadé-e-s que votre projet de vous faire soutenir sur le plan psychologique est également une très bonne idée.
Prenez grand soin de vous, bonne chance.
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