Bonjour, Je suis mariée depuis 10 ans et j'ai une fille de 2ans et demi.Je travaille et j'ai un permis C.J'habite dans le canton de genève. Mon mari est violent verbalement et physiquement(il me gifle, me pousse par terre, met ses mains sur mon cou pour "me forcer à le regarder et l'écouter*) quand je le contrarie trop.Il dit que c'est ma faute car je le provoque en le contrariant ou en refusant le dialogue quandje vois qu'il est trop énervé.Il dit qu'il ne me pardonnera jamis de *l'avoir poussé à être violent envers moi*.Jusqu'où je suis responsable de ses agissements?Ca me perturbe beaucoup.Je me sens méchante de vouloir le quitter et j'ai de la peine pour lui quand il dit qu'il m'aime et qu'il ne veut pas que je parte.Mais en même temps, je sais que ce qu'il fait n'est pas normal. mais il ne le fait pas souvent.une fois par an en moyenne.Mais là, il l'a fait deux soirs de suite et devant notre fille. Pensez-vous que ce serait mieux de le quitter définitivement? ou il y a encore un espoir puisqu'il me dit qu'il regrette?et que *ça* n'arrive pas souvent. J'aimerais prendre du recul pour réfléchir à la meilleure solution.Mais il ne veut pas quitter le domicile conjugual.Il veut que ce soit moi qui parte(*vu que c'est mon souhait*) mais sans ma fille.Je ne veux pas me séparer de ma fille.C'est inimaginable.Je n'ai nul part où aller contrairement à lui qui a ses parents à Genève. Il me dit que si je me sépare de lui, il demandera la garde partagée de notre fille à 50%. C'est ce qui me fait peur.A chaque fois qu'il est question de séparation entre nous, il prend notre fille comme moyen de pression.Alors,jusqu'à présent, j'ai baissé les bras en espérant qu'il ne serait plus agressif.Mais ça recommence.Ce qui m'est insupportable, c'est que même devant notre fille, il n'a pas la force nécessaire de s'abstenir de m'humilier et d'être violent. A part une fois, (il y a environ 6 ans, j'ai appelé la police qui est venue chez nous) je n'ai jamais osé aller ,suite à sa violence, dans un centre ou appeler la police. J'aimerais savoir si j'ai le droit de lui demander de quitter provisoirement dans un 1er temps le domicile conjugual pour que je puisse penser à tout ça tranquillement.Et de lui refuser la garde à 50% de notre fille.Bien sûr, je ne veux pas lui faire de peine et j'aimerais qu il est une bonne relation avec notre fille qui a aussi besoin de lui.Mais, ai-je le droit de lui accorder seulement une garde d'un week-end sur deux? A -t-il le droit(malgré mon refus) de partir à l'étranger en vacances avec ma fille durant la période où je ne sais pas encore si c'est mieux de le quitter définitivement? merci beaucoup de votre attention.
Bonjour Madame,
Merci pour votre message et votre confiance. Nous comprenons bien la difficulté dans laquelle vous vous trouvez : en effet, vous êtes consciente que les agissements de votre mari ne sont pas normaux et que ces violences physiques et psychologiques vous font du mal – d’autant plus que ces dernières fois il s’est montré humiliant et violent devant votre petite fille.
Vous hésitez à entreprendre des démarches de séparation, vous vous demandez si les violences que vous subissez sont assez graves et s’il y a encore de l’espoir pour que votre mari change de comportement.
Certes, les épisodes de violence physique non pas été si fréquents, mais qu’en est-il des comportements plus subtils comme les humiliations? Ce n’est peut-être pas la fréquence des violences qui est le plus important, mais bien l’état de confusion, de tristesse et de peur que ces agissements provoquent chez toute personne traitée de la sorte.
Du fait que votre mari vous fait porter la responsabilité de son comportement violent, il induit en vous un sentiment de culpabilité et vous « vous sentez méchante ». C’est un mécanisme qui se met souvent en place quand il y a violence conjugale et il est important que vous croyiez en vos premières perceptions qui sont les bonnes: «que ce qu’il fait n’est pas normal» et qu’il est lui seul responsable de sa violence.
Vous réfléchissez aux conséquences qu’une séparation entraînerait. Votre idée de prendre du recul afin de réfléchir à la meilleure solution nous semble bonne. Pour cela vous dites avoir besoin d’une séparation physique pour un certain temps. Votre mari ne semble pas vouloir partir du domicile de son plein gré et vous ne pouvez pas l’obliger. Par contre, il serait possible de demander une séparation provisoire (les mesures protectrices de l’union conjugale). Dans ce cas, une décision concernant l'attribution de l'appartement ainsi que de la garde de l’enfant serait prononcée.
Sachez que la garde partagée et l’autorité conjointe ne sont accordées que si les deux parents le veulent et s’ils s’accordent sur l’éducation de l’enfant. La garde partagée est dans les faits encore assez rarement prononcée et un droit de visite d’un week-end sur deux avec la moitié des vacances reste encore la norme. Bien sûr, il y a aussi possibilité de fixer un droit de visite plus souple et plus large si les parents arrivent à se mettre d’accord.
En attendant, vous et votre mari détenez ensemble l’autorité parentale et la garde de votre enfant, ce qui fait que en principe, ni vous ni lui ne pouvez partir en vacances avec votre fille sans l’accord de l’autre parent. Dans votre cas, avez-vous des craintes pour votre fille ?
Nous vous encourageons à prendre contact avec un service spécialisé sur Genève : Solidarité Femmes, 46, rue Montchoisy, tél: 022 / 797 10 10 ou Centre LAVI, 72, bd St-Georges, tél : 022 / 320 01 02. Vous pourrez y discuter tranquillement de votre situation et prendre le temps nécessaire afin de décider en connaissance de cause.
Nous vous informons également qu'il existe un lieu spécialisé à Genève pour les auteurs de violence. Il s'agit de Vires, 10, Av. Ernest-Pictet, tél : 022 / 328 44 33.
Nous restons bien sûr également à votre entière disposition et nous vous souhaitons bon courage.
Bonjour Sabinou, Vous écrivez dans votre message que la situation s'empire depuis la semaine dernière. Vous faites état de violence...
Salut !Tu as raison de te poser des questions sur vos énervements ; il vaudrait mieux que vous appreniez à...
Bonjour Madame, Nous comprenons votre position, elle n'est pas facile. Il est toujours difficile d'être le témoin de violences et...