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Questions et réponses

Suis-je coupable ou victime, ou les deux ?

Question
07 Août 2014 - old...

Bonjour, Je ne sais pas par où commencer, si je suis coupable ou victime ou les deux, je ne sais plus où j'en suis. J'ai une relation homosexuelle depuis 4 ans nous ne vivons pas sous le même toit, mais nous nous voyons quotidiennement. Dimanche 3 août nous avons eu un énorme différent. Cette personne m'a dit qu'elle avait couché avec homme je pense juste pour me provoquer, pour m'humilier comme elle aime le faire. J'ai réagi en lui donnant une gifle, grave erreur de ma part j'en convient , mais c'était dans un but de la raisonner et non de la violenter, juste lui demander si c'était vrai ce qu'elle me racontait. Cette personne m'a tapée, la violence des coups m'ont choqués, coups à la mâchoire côté droit, dans le ventre ce qui m'a mis à terre, ensuite j'ai eu droit aux coups de pieds au niveau de la main, coups de poings derrière ma tête. ensuite elle m'a enfermée dehors. Sa mère me traitait de folle, il est vrai que je voulais absolument lui parler , même si sérieusement nous n'étions plus dans cette dynamique. J'ai réussi a revenir à l'intérieur mais aussitôt elle m'a rejetée à l'extérieur. J'ai pris un bout de bois et je l'ai lancé dans la porte qui était vitrée. Résultat vitre cassée. Sa mère prend un couteau de cuisine et me menace alors que j'étais à l'extérieur... Si je ne partais pas c'est que je lui avais prêté 15'000.- et qu'elle ne souhaitait pas me rembourser. Suite à cela bien sûre elle téléphona à la police. Elle décide de déposer plainte. Après discussion avec le policier elle s'est engagée à me rembourser mardi 5 août. Pour le policier j'avais tous les torts violation de domicile, injures, harcèlement, vu qu'il n'y avait pas de marques apparentes sur moi des coups. Ok message reçu. Je ne porte pas plainte contre elle. Mardi 5 août pas d'argents sur mon compte, comme dit à la police, mercredi 6 toujours rien.Ce matin je reçois un courrier d'un avocat qui me parle de sa plainte, que j'ai une violation de domicile, que je ne dois plus la harceler ni par sms, ni par mail, ni m'approcher de son domicile. Je me sens injustement condamnée, elle me tabasse, et je riposte et je suis coupable de son humiliation, de sa manipulation, de ses mensonges?... Que dois-je faire? Merci de votre soutien. J'espère que mon message est suffisamment limpide, car je suis encore choquée de ce qui s'est passé, et l'injuste à mon encontre. Meilleures pensées.

Réponse
08-12-2013

Bonjour Geko,

En premier lieu toutes nos excuses pour avoir tant tardé à vous répondre. Il arrive que nous ayons de la peine à suivre avec le traitement des questions qui nous parviennent.

Vous voilà non seulement en plein désarroi, mais envahie d'un sentiment d'injustice, ce qui est toujours très douloureux. Nous comprenons votre peine, elle est légitime au vu des circonstances. Car si d'une part vous avez adopté un comportement inadéquat (et illégal) en giflant votre partenaire, en l'injuriant et en brisant sa porte, d'autre part vous êtes clairement victime à la fois de coups, de menaces au couteau, et d'humiliations répétées comme vous nous le laissez entendre.

Vous nous demandez que faire : premièrement, nous vous conseillons d'obéir aux injonctions de l'avocat et de ne plus approcher votre amie, ni la harceler d'aucune manière. C'est préférable car cela se retournerait contre vous. Deuxièmement, vous pourriez porter plainte contre elle également. Le fait que vous n'ayez pas de marque sur le corps ne vous en empêche pas, car votre parole vaut la sienne devant la loi, et toute violence est interdite. En ce qui concerne l'argent qu'elle vous doit, êtes-vous en possession d'un reçu ? Si tel est le cas, vous pouvez la mettre aux poursuites. A défaut d'une quelconque reconnaissance de dette, nous vous suggérons soit de prendre un avocat, soit de demander une consultation juridique gratuite dans un service social ou, par exemple, au Centre social protestant, qui offre ce genre de prestations. Vous pouvez également vous adresser à la LAVI (centre officiel d'aide aux victimes d'infractions) car vous avez été agressée le 3 août (il n'est pas nécessaire d'avoir porté plainte pour bénéficier d'une consultation). Ce service et gratuit et consiste en une aide juridique et un soutien personnel. Tél. 032  889 66 49.

Il est important que vous ne restiez pas seule en ce moment difficile. Avez-vous dans votre entourage des personnes sur qui compter, famille, amis ou collègues ? Avoir des allié-e-s vous serait un soutien utile. Ne craignez pas de parler de ce qui vous est arrivé, de vos sentiments d'injustice et de votre souffrance.

Une phrase de votre message nous interpelle : celle où vous mentionnez les provocations "pour m'humilier comme elle aime le faire". Si votre amie vous a infligé des humiliations durant les 4 ans qu'a duré votre relation, on est en droit de penser qu'il ne s'agit pas aujourd'hui d'un simple différend, comme vous l'écrivez, mais que votre couple connaît une forme de violence conjugale, qui est la violence psychologique. Nous vous conseillons de lire les pages de notre site qui sont consacrées à ce phénomène. Il vaudrait la peine que vous preniez contact avec Solidarité femmes, un service spécialisé en matière de violence conjugale et ouvert à toutes les femmes qui y sont confrontées. Les consultations sont confidentielles, gratuites et professionnelles. N'hésitez pas à téléphoner pour un rendez-vous ! Les bureaux sont à La Chaux-de-Fonds et également à Neuchâtel. Vous pourrez y faire le point sur les diverses options qui sont les vôtres, mieux comprendre ce qui s'est passé, être écoutée et soutenue par des femmes expérimentées et compétentes. Tél. 032  886 46 36.

Nous espérons que vous obtiendrez justice. D'ici là, nous restons à votre disposition et vous souhaitons bonne chance.

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