Ma fille de 31 ans vit avec son compagnon d'origine afghane et leur fille de 4 ans. Il tient ma fille sous contrôle, ne lui fait pas confiance, lui téléphone sans arrêt ni raison. Ils vivent à Genève et moi à Neuchâtel. Je ne les vois pas souvent, il y veille. Je me fais du souci pour ma fille et ma petite-fille. Parce que la petite, 4 ans, se rend très bien compte de se qui se passe. Mon ex-mari et moi sommes inquiets mais ne savons quoi faire.
Bonjour,
Nous vous remercions sincèrement de nous avoir partagé vos préoccupations. Vous êtes une maman soucieuse du bien-être de votre fille et vous craignez qu’elle vive une situation de violence conjugale. Vous nous écrivez car vous souhaiteriez la soutenir et savoir ce que vous pourriez faire dans cette situation. Vous faites un pas important en prenant votre pressentiment au sérieux et en parlant de ce que vous ressentez.
L'association VIOLENCE QUE FAIRE a pour mission d'informer et d'orienter toute personne concernée par la violence au sein du couple, y compris l'entourage, vers des démarches d'accompagnement adaptées. Ainsi, si vous êtes d'accord, nous aimerions vous proposer quelques clés de lecture de la situation ainsi que des questions introspectives pour soutenir vos réflexions et mettre en lumière vos besoins actuels. Pour finir, nous vous partagerons quelques contacts qui pourraient vous épauler et être une ressource pour votre fille, si elle en le besoin et l'envie.
Vous exprimez votre crainte, que votre mari partage, et nous comprenons qu'il vous est difficile de rester sans agir face à ce que vous soupçonnez. L'amour pour votre fille vous pousse à chercher des pistes. Il s’agit maintenant de trouver un équilibre entre le fait de vous montrer disponible et à l’écoute, tout en respectant son rythme et son choix de se confier, ou non, sur ce qu’elle vit.
Les comportements que vous décrivez comme du contrôle et un isolement peuvent être un signe de violences psychologiques. Nier les choix de sa partenaire, surveiller ou contrôler ses relations dans le but de la posséder sont également des exemples de cette forme de violence. En les lisant, ces exemples font-ils écho à ce que vous percevez de la situation que semble vivre votre fille ? Comment semble-t-elle se sentir dans cette relation ? En avez-vous déjà parlé avec elle ?
Si ce n'est pas déjà le cas, vous pourriez lui demander déjà tout simplement comment elle va vraiment ou, selon votre lien, lui demander comment elle se sent vis-à-vis de ces comportements. Parfois une simple question, un mot, un geste placé au bon moment permettent d'ouvrir un dialogue ou tout simplement d'éviter qu'elle s'isole. Le fait de sentir que vous avez une posture bienveillante, non-jugeante et que vous êtes à l'écoute est précieux. Il est également important de lui laisser le choix de parler ou non et de respecter son rythme.
Afin de guider votre réflexion et affiner vos besoins pour la suite, si vous êtes d'accord, nous vous proposons quelques questions à titre introspectif :
Ce qui est précieux est de pouvoir communiquer votre inquiétude, si vous en ressentez le besoin, sans forcer l'autre personne à recevoir de l'aide, car cela pourrait malheureusement avoir l’effet inverse de celui souhaité et l'isoler. L'important est de valoriser votre lien et d'avoir parallèlement un espace pour vous-même afin de déposer vos ressentis et trouver la proximité/distance respectueuse qui vous convient.
Vous pourriez trouver du soutien dans les questions que vous vous posez auprès d'un centre d'aide aux victimes comme la SAVI à Neuchâtel (+41 32 889 66 49). Ici, vous pourriez être écoutée et soutenue dans ce rôle délicat, en trouvant des solutions à votre rythme, qui font sens pour vous et votre famille. Pour être orientée rapidement à toute heure, n'hésitez pas à faire appel à la ligne nationale 142 pour les personnes confrontées aux violence
Ainsi, si un jour où vous sentez que votre fille manifeste l’envie d’être aidée, vous trouverez ci-dessous des adresses utiles.
Tout d’abord, si votre fille préfère rester anonyme et recevoir des conseils en ligne, elle a la possibilité, comme vous, de nous poser une question. Notre site propose également de nombreuses ressources : des pages explicatives sur la violence conjugale, des tests pour mieux comprendre si l’on vit une telle situation, ainsi qu’un podcast qui aborde ce sujet en plusieurs épisodes.
Il existe par ailleurs une structure spécialisée dans le canton de Vaud qui pourrait lui offrir un soutien : l'association Genevoise AAVEC (022 797 10 10). Cet organisme propose des entretiens anonymes et gratuits avec des professionnel-le-x-s spécialisé-e-x-s dans le domaine de la violence conjugale. Ces entretiens permettent d’offrir un espace de parole sécurisé, de discuter des violences vécues et d’explorer des solutions ou des informations pour y faire face.
Nous espérons que notre réponse vous sera utile et vous apportera des pistes pour soutenir votre fille. Nous restons à votre disposition et répondrons avec plaisir à toute autre question. Nous vous envoyons nos meilleures pensées.
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Bonjour Câline, Vous vous sentez au fond du gouffre et vous nous demandez si c'est "normal". Bien sûr, c'est tout...