Bonjour, Je souhaite demander un avis sur une situation vécue avec un homme que je fréquentais depuis environ trois mois. Je ne sais pas comment qualifier ce qui s’est passé et j’aimerais savoir s’il peut s’agir de violence psychologique et/ou sexuelle, ainsi que vers quel soutien me tourner. Il y avait déjà eu plusieurs épisodes inquiétants. Dès une de nos premières rencontres chez lui, il m’avait donné des ordres très sèchement sur la manière de mettre la table. Lorsque je lui avais fait remarquer son ton, il avait répondu que ses ex-compagnes avaient également eu de la difficulté avec cela. Lors d’une autre soirée, il m’avait rabaissée publiquement et avait eu une attitude très froide et humiliante. Vendredi dernier, son comportement s’est fortement intensifié. Pendant plusieurs heures, il m’a critiquée et dévalorisée. Il m’a décrite comme trop intense, égocentrique et incapable de bien me comporter socialement. Il a transformé de petites choses ordinaires en reproches contre ma personnalité, m’a ordonné de sourire, a critiqué ma manière de parler, de prononcer certains mots, d’utiliser mon téléphone comme lumière, de l’embrasser et même de jouer avec un petit bâton. Je me suis sentie humiliée, déstabilisée et comme si tout ce que je faisais était incorrect. Plus tard dans la nuit, alors que j’étais déjà très affectée et que je cherchais à retrouver de la proximité avec lui, je l’ai touché sexuellement et rassuré pendant un certain temps d’après ça demande. Je ne ressentais pourtant pas réellement l’envie d’avoir un rapport sexuel. J’étais plutôt dans une réaction d’apaisement et de recherche de réconciliation. Lorsque le rapport a commencé, je lui ai dit que je n’étais pas assez excitée ni lubrifiée et je lui ai demandé de me toucher. Il l’a très peu fait, voire pas réellement. Il a dit être fatigué, m’a demandé de me mettre sur lui, a critiqué ma manière de l’embrasser et m’a donné des ordres de comment faire et quoi faire. Je voulais m’arrêter mais je avais peur, après son orgasms il s’est endormi. J’ai pleuré ensuite. Il m’a demandé pourquoi, mais il n’y a eu ni réconfort réel, ni excuse, ni réparation. Je n’ai pas dit un « non » clair et je n’ai pas résisté physiquement. Mon corps a participé, mais intérieurement je ne désirais pas vraiment ce rapport. Je me sentais blessée, confuse et dans une dynamique où j’essayais de calmer la situation et de retrouver sa tendresse. Après il s’est levé. Descendu et mis la musique très fière. Vers 2h du matin j’ai descendu, je ne comprenais queer qu c’est passé. Je lui demande et il me crie: tu ne vois pas ce que je suis en train de faire! Il tisse doregani. Il me renvoi à dormir. Le lendemain il m’a ignoré. Depuis, je ressens une sensibilité vaginale. Le lendemain et les jours suivants, j’ai été très choquée, épuisée et déstabilisée. Il ne m’a pas demandé comment j’allais et m’a envoyé un message banal, comme si rien ne s’était passé. Je voudrais savoir : * si cette situation peut être considérée comme une forme de violence psychologique ou sexuelle ; * si l’absence de refus verbal clair exclut toute notion de contrainte ou de rapport non consenti ; * vers quel service médical, psychologique ou juridique je pourrais me tourner ; * et s’il est utile de conserver certains éléments ou de faire constater la sensibilité physique. Merci beaucoup pour votre écoute et votre orientation.
Bonjour,
Vous avez le sentiment que plusieurs épisodes de votre ancienne relation ne se sont pas bien déroulés et vous amènent aujourd’hui à vous demander si vous avez pu être victime de violences, tant psychologiques que sexuelles. Vous avez trouvé la force de nous contacter et de nous faire part des situations qui vous conduisent à vous poser ces questions.
Nous vous remercions de nous avoir écrit. Nous savons que mettre ces expériences en mots et chercher du soutien demande du courage. Nous allons faire de notre mieux pour répondre à vos interrogations. Notre site a pour mission de fournir des informations sur les violences au sein du couple et de vous orienter vers des ressources et des services susceptibles de vous être utiles.
D’après la description des faits que vous nous relatez, à savoir des rabaissements, des critiques et des dévalorisations quotidiennes, il semblerait en effet qu’une dynamique de violence psychologique se soit installée. Ce qui nous amène à le penser ne repose pas uniquement sur les comportements que vous décrivez, mais également sur leurs répercussions sur vous. Le fait de vous sentir déstabilisée, humiliée, au point d’avoir le sentiment de « toujours tout faire faux », n’est pas un ressenti que l’on s’attend à éprouver dans une relation de couple. Ces ressentis semblent davantage être les conséquences des violences psychologiques auxquelles vous avez été confrontée.
Concernant votre questionnement sur la possibilité d’avoir également subi des violences sexuelles, ce que nous pouvons vous dire, c’est que vous avez, à tout moment, le droit de retirer votre consentement lors d’un rapport sexuel. Vous pouvez avoir accepté, voire initié un rapport, puis ne plus souhaiter qu’il se poursuive. Dans ce cas, votre partenaire doit respecter votre décision. Il arrive également que certaines personnes se retrouvent dans un état de sidération, qui les empêche de réagir, de parler ou d’exprimer un refus. Cet état est reconnu par la loi et peut être pris en compte pour établir l'absence de consentement, même si la personne n'a pas pu exprimer clairement son refus.
En ce qui concerne la possibilité que l’épisode que vous nous décrivez puisse être qualifié de viol au sens du Code pénal, il nous est difficile de nous prononcer de manière tranchée, car nous ne disposons pas de suffisamment d’éléments. En revanche, nous relevons que cet épisode vous a affectée, au point de vous faire pleurer immédiatement après le rapport et de provoquer des douleurs vaginales. Ces éléments sont importants et méritent d’être pris en considération.
Concernant ces douleurs, nous vous suggérons de consulter un service de gynécologie. Vous pouvez prendre rendez-vous avec votre gynécologue, vous rendre dans un service d’urgences gynécologiques ou, si vous pensez que ces douleurs pourraient être liées au fait que votre partenaire vous a forcée et que vous souhaitez faire constater d’éventuelles lésions, vous pourriez prendre contact avec une Unité de médecine des violences.
Par ailleurs, si cela fait sens pour vous, nous vous invitons à prendre contact avec le Centre d’accueil MalleyPrairie. Ce centre est spécialisé dans l’accompagnement des personnes touchées par les violences au sein du couple. Vous pourrez, si vous le souhaitez, échanger avec un-e professionnel-le spécialisé-e qui vous offrira un espace d’écoute, de soutien et d'information. Les entretiens sont gratuits et confidentiels. Vous trouverez leurs coordonnées en cliquant ici.
Nous espérons que notre réponse vous sera utile et qu’elle vous permettra d’éclairer une partie de vos questionnements. Nous restons à votre disposition et répondrons volontiers à toute nouvelle question ou si vous souhaitez nous donner de vos nouvelles.
Bonjour Liline, Nous comprenons de votre témoignage que vous avez envie de partir - de fuir même cette violence exercée...
Bonjour Madame, Dans le passé, vous avez été exposée aux violences domestiques dans votre famille proche et votre ex-conjoint a usé...
Bonjour Madame, Vous travaillez dans un centre d’urgence. Une de vos collègues vous a confié qu’elle subit de la violence...