Bonjour,
j'ai été auteur d'actes de violence conjugale. Mon épouse a déposé plainte. Nous nous sommes disputés et nos enfants sont intervenus. Lors de leur intervention j'ai frappé légèrement ma fille. J'étais très fortement alcoolisé. Une plainte de ma femme et une plainte pour ma fille déposé par ma femme sont en cours. J'ai été avisé d'un avis d'expulsion de 10 jours de mon domicile avec remise des clefs. Je suis actuellement en soins dans un hôpital de santé mentale. Mon acte est ponctuel et lié à ma consommation d'alcool. Je souhaiterais connaître la suite de la procédure qui m'attend, les sanctions potentielles et si vous me recommandez de me défendre si oui comment.
D'avance je vous remercie pour votre aide.
Meilleures salutations
Bonjour Monsieur,
Vous nous décrivez avoir eu des comportements violents à l’encontre de votre femme et votre fille et des plaintes ont été déposées en justice pour ces faits. Vous nous demandez la suite possible de la procédure en cours et des sanctions possibles, ainsi de la nécessité de vous défendre.
Bien que nous ne soyons pas un organisme de conseil juridique et qu’il soit difficile de nous prononcer sur un dossier pénal, il est certain que la procédure ouverte par les plaintes de votre femme suivra son cours et ne pourra pas être abandonnée. Le juge qui instruira votre cas devra en effet vous auditionner dans un premier temps ainsi que votre femme, si cela n’a pas encore eu lieu, et ensuite prendre des mesures ou des sanctions qu’il estimera proportionnelles à vos comportements et à la gravité des faits. Il est fort probable qu’après avoir entendu les parties il envisagera une suspension de la procédure à la faveur d’un suivi thérapeutique pour vous spécialement orienté sur la thématique de la violence dans une structure reconnue. Cette contrainte judiciaire vous permettra néanmoins d’être accompagné et aidé dans les thèmes de l’utilisation de la violence et ainsi atténuer, voire éviter, d’autres sanctions. Le but de toute cette démarche est la protection de votre femme et de vos enfants en évitant la répétition de vos actes et vous offrir la possibilité de changer durablement vos comportements.
L’expulsion de votre domicile a eu pour but de protéger votre famille, elle ne constitue pas une sanction à proprement dite et le respect de cette décision de police ne modifie pas le déroulement de la procédure.
Quant à vous défendre juridiquement à la suite des plaintes déposées, c’est évidemment un droit fondamental que vous avez. Une consultation, même unique, auprès d’un avocat vous permettra de mieux estimer les suites et la nécessité d’engager une défense pour l’ensemble de la procédure.
Nous vous rendons attentif au fait que la consommation d’alcool ne saurait réduire la gravité des actes de violence. Un éventuel traitement de cette consommation implique néanmoins que vous devez envisager comment éviter d’autres comportements violents à l’avenir. Il est en effet fort probable que la consommation d'alcool, par son effet désinhibiteur, puisse avoir baissé votre capacité à vous maîtriser et, en altérant également vos perceptions, avoir laissé libre cours à votre agressivité. L’alcool ne vous a pas rendu violent. Elle peut seulement vous amener à manifester plus rapidement ou plus intensément une violence déjà présente en vous. Ceci implique qu’un travail personnel sur votre agressivité reste indispensable et incontournable indépendamment de votre relation à l’alcool. Une aide professionnelle nous semble donc tout à fait nécessaire et certainement que le personnel soignant qui vous accompagne en ce moment pourra vous conseiller dans ce sens.
Sachez que pour éviter d’avantage votre escalade d’agressivité dans votre relation de couple et le grand risque de rupture et d’aggravation, vous pouvez bénéficier d’une aide spécialisée. Dans le canton de Fribourg, l’organisme EX-pression travaille spécifiquement sur la thématique de l’utilisation des formes de violence dans le couple et dans la famille. Ces professionnel-le-s seront à même de vous aider pour une compréhension et gestion de vos comportements de violence. Il est par ailleurs fort probable que dans le courant de la procédure pénale le juge vous ordonnera de vous rendre dans cette même structure du fait de leur spécialisation.
Quant à vos enfants que vous mentionnez mais dont nous ne connaissons pas l’âge, il est certain que tout acte de violence (physique, verbal ou psychologique) dont un enfant est témoin, l’affecte profondément, voire le traumatise. Ceci est également valable lorsque les enfants perçoivent les tensions et sont présents lors des disputes entre les parents. Voilà une raison supplémentaire pour que vous changiez de comportements et que vous demandiez de l’aide, ce que nous conseillons vivement.
Nous vous souhaitons vivement de trouver la voie qui vous permette de trouver des alternatives à la violence pour que vos relations puissent être respectueuses de chacun-e. N’hésitez pas à nous écrire à nouveau si vous en ressentez le besoin.
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