Bonjour, Je me permets de vous contacter car j'ai besoin d'être éclaircie sur le "viol conjugal". Très souvent, il lui arrivait de "s'énerver" contre moi car je refusais de faire l'amour. A chaque fois que ça lui arrivait, il était sous l'effet de l'alcool. Je me rappelle que ces moments ont été d'une grande agressivité (psychologique). Je finissais toujours par culpabiliser de ne pas céder. Mais le lendemain je lui pardonnais toujours, m'autorisant à penser que c'était l'alcool qui le rendait aussi mauvais et non pas sa propre personne. Jusqu'au jour où... Il passa à l'acte. Je m'explique. Nous passions une belle soirée à l'extérieur, à danser, boire quelques verres, un moment festif, tout se passe bien jusque là. On s'aime, on s'amuse... En rentrant à la maison après cette soirée de bonne ambiance, très fatiguée, je m'endors immédiatement. Le lendemain, il me dit : "c'était bien hier soir". Moi pensant qu'il parlait de la soirée. Mais j'ai vite compris qu'il parlait de "notre rapport sexuel". J'étais tellement surprise car je n'en avais absolument pas le souvenir. Très étonnée, je lui demande comment cela s'est passé car je ne m'en rappelais pas ! En discutant avec lui, j'ai compris qu'il a profité de mon sommeil pour me pénétrer. J'étais blessée au plus profond de moi-même qu'il ait pu faire ça ! J'ai ressenti une immense trahison. Comment a-t-il pu me faire ça ? Moi qui me sentais en confiance durant mes nuits à côté de lui. "Mon amour" a donc abusé de moi ? ! J'étais anéantie, blessée, peinée, déçue, enfin, je ne trouve pas le mot exact. J'ai tellement pleuré. J'ai ressentie également beaucoup de colère. Je lui ai donc demandé de me dire exactement comment cela s'est passé. "Est-ce que je voulais, j'avais envie ? Par ce que vraiment je ne me rappelle pas, je m'en souviendrais quand même ?" "Je ne dormais pas?" Il a fini par m'avouer exactement les faits : En rentrant il m'a aidée à me déshabiller puis je dormais à moitié, et lorsqu'il a commencé à me caresser je lui disais "non laisse moi, arrête", puis finalement il a continué. Jusqu'à "éjaculation". "Donc tu as pris du plaisir alors que je dormais et t'avais demandé de me laisser tranquille ?" Effectivement... Il a donc pris du plaisir, alors que je n'étais pas consciente. Il n'a pas compris la gravité de son acte. Pour lui, c'est normal. J'ai voulu le quitter, mais n'y suis pas arrivée. "Mais pourquoi ?" "Nous sommes en couple, pas mariés". "Mais mon corps ne lui appartient donc pas?" "Se rend-il compte de son acte?" Je me suis posée tellement de questions, et je m'en pose encore et encore. Cela me fait beaucoup de peine, car il a l'air d'avoir changé. Attentionné, gentil, amoureux... Je me demande encore si cela est "grave". Si cela est réellement violent... Peut-on pardonner ? Merci d'avance de m'apporter les réponses à mes questions, afin que je puisse comprendre ce qu'il s'est réellement passé, cette nuit là...
Bonjour Madame,
La description que vous faites de l’épisode ne laisse aucun doute, vous avez vécu un viol. Vous avez dit non, vous étiez à peine consciente, vous n’étiez donc pas consentante. Il y a bien eu un abus de la part de votre partenaire, qui a utilisé de la violence sexuelle. De plus, cette pression sexuelle était déjà présente avant cet événement, au point qu'il s'énervait contre vous très souvent, ce qui peut être considéré comme de la violence psychologique. Vous vous sentez blessée et déçue, en colère, nous comprenons vos sentiments qui sont tout à fait légitimes.
Vous vous posez des questions sur ce qu’il s’est passé, d’autant plus que vous n’avez pas de souvenir de cette agression. Ce qui compte aujourd’hui, c’est votre perception de la situation et de comment vous vous sentez par rapport à cela. Mais, même si vous étiez mariés, votre corps ne lui appartiendrait pas. Votre corps n’appartient qu’à vous, et votre partenaire doit respecter vos choix. Si vous dites non, c’est non.
Avez-vous songé à avoir une sérieuse discussion avec votre partenaire sur vos relations de couple ? Si vous en avez envie ou si vous vous en sentez capable, bien sûr. Vous pourriez lui dire comment vous avez ressenti cet épisode, et lui rappeler (ou lui apprendre) que son comportement n’est pas normal et punissable par la loi. Le Code pénal suisse interdit la violence au sein du couple (marié ou non). Il définit les différents types d'agressions et les peines judiciaires encourues par les auteur·e·s de violence. Le viol ou la tentative de viol sont des actes poursuivis d’office, c’est-à-dire que vous pouvez les signaler aux autorités, sans forcément devoir déposer plainte.
Vous pouvez aussi prendre contact avec le Centre d'Aide aux Victimes d'Infractions qui se trouve au Boulevard Saint George 72, 1205 Genève. Ils/elles sont joignables au 022 320 01 02 et proposent des consultations gratuites et confidentielles entre 9h et 12h et 14h et 17h. Ces dernier·e·s peuvent vous écouter et vous orienter chez un psychologue spécialisé dans la thématique des violences sexuelles afin de vous aider à y voir un peu plus clair.
Il y a également l’association Viol Secours à la place des Charmilles 3, 1203 Genève, joignable au 022 345 20 20. Elles/ils proposent des entretiens de soutien aux personnes qui ont été victimes de viol. Quoiqu’il en soit, il est important de vous entourer de professionnel·le·s comme vous avez commencé à le faire en nous envoyant votre message.
Si vous souhaitez nous donner des nouvelles de votre situation ou si vous avez d’autres questions, nous serions ravi·e·s de les recevoir. Nous vous souhaitons tout le meilleur pour la suite et vous envoyons nos meilleures pensées.
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