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Questions et réponses

Comment aider ma nièce qui subit de la violence psychologique?

Question
17 Octobre 2018 - Mar...

Bonjour, J ai ma nièce de 23 ans qui subit de la violence morale et psychologique avec son copain de 21 ans, elle n ose pas sortir, ni lui tenir tête, elle doit mentir pour sortir ou donner une raison . Il est très jaloux et possessif. Elle a perdu son pères il y a 1 mois, Elle n a plus d amis et il est arrivé à faire le vide autour d elle même avec sa maman et sa sœur. . Il ne travaille pas il est à l AI parce qu il est très colérique, ma nièce aimerait trouvé du travail mais il lui en empêche sans qu elle s en aperçoive, elle n a pas de permis de voiture , alors soit c est trop loin, sois c est pas pour elle enfin toujours une excuse pour qu elle reste avec lui. Elle ne peux aller nulle part sans lui. Il veux tout savoir et s occupe même des histoires de famille . Elle est très influencée par son copain, quand elle est avec nous, le peu de temps qu elle n est pas avec son copain elle reçoit 20 messages pour savoir où elle est avec qui, si elle ne réponds pas de suite il l appelle et il l engueule, Mais elle dit que tout va bien . On se fait beaucoup de soucis pour elle, On ne sait plus comment lui parler, comment faire?

Réponse
20-10-2018

Bonjour Madame,

Vous vous faites du soucis pour votre nièce que vous pensez victime de violence psychologique. Vous décrivez le contrôle qu'excerce sur elle son ami ainsi que l'isolement dans lequel il l'entraîne petit à petit. Vous aimeriez l'aider mais vous ne savez plus "comment lui parler".

Vos craintes paraissent tout à fait justifiées : le contrôle, la jalousie et l'isolement font partie du processus d'emprise qui permet aux violences de s'installer et limite très rapidement la capacité de la personne victime à réagir. Vous évoquez le récent décès du père de votre nièce, nous imaginons qu'elle doit se trouver dans une période difficile qui la fragilise certainement. Son ami peut "profiter" de ce deuil pour accroître son emprise sur elle, sous prétexte de la soutenir.

Il est souvent difficile pour l'entourage (famille et ami-e-s) de trouver les bons mots et d'adopter les comportements adéquats, même si la volonté de départ est bien-entendu d'aider la personne proche. C'est pourquoi nous vous félicitons de votre démarche. S'informer et prendre conseil auprès de professionnel-le-s non impliqué-e-s émotionnellement dans la situation est une très bonne idée.

Nous ne connaissons pas en détail la relation que vous avez avec votre nièce, alors voici quelques conseils généraux qui pourraient vous aider. Tout d'abord, il nous paraît indispensable que vous puissiez maintenir le lien avec votre nièce : l'isolement est imposé pour que la personne victime n'ait plus personne à qui demander de l'aide, ou qu'elle n'ose plus le faire. Dans cette optique, et même si cela peut sembler très difficile à faire:

  • Evitez de critiquer ou de dévaloriser son ami car il pourrait s'en servir pour la convaincre de ne plus vous voir;
  • Restez centrée sur elle, en lui exprimant votre intérêt à son égard, par exemple : "je me fais du soucis pour toi" ou encore "sache que je serai toujours là pour toi, peu importe ce qui se passe, pour t'écouter et pour t'aider", "en cas de besoin, tu peux m'appeler jour et nuit/venir chez moi", etc;
  • Evitez de la culpabiliser d'avantage (son ami le fait probablement déjà pour la retenir), de lui poser des ultimatum et/ou de la brusquer. Sortir d'une relation d'emprise est très difficile, peut prendre beaucoup de temps et connaître des retours en arrière. Dans tous les cas, c'est à la personne victime de prendre conscience de ce qu'elle vit, de décider de s'en sortir et de faire la démarche. Vous pouvez alors l'épauler, la conseiller et vous tenir à sa disposition, à nouveau en respectant ses choix et le rythme auquel elle arrive à avancer;
  • Ménagez-vous et maintenez une saine distance avec cette situation, sinon vous risquez de vous fatiguer, de ressentir de la frustration ou de vous énerver, ce qui peut conduire à des comportements contre-productifs, sans le vouloir.

Il est également important que votre nièce sache qu'il existe un réseau de professionnel-le-s qui sont là pour l'aider. Lui avez-vous proposé de visiter le site www.violencequefaire.ch ? Elle peut le consulter de manière totalement anonyme et fermer la page du site à tout moment, en un seul clic. Les informations qui s'y trouvent pourraient l'aider à mettre des mots sur ce qu'elle vit et à comprendre le processus dans lequel elle est prise et pourquoi pas nous adresser une question. Parfois, il est plus difficile de se confier à un-e proche qu'à un-e professionnel-le, elle peut alors et si elle le souhaite, se mettre en contact avec la fondation L'EssentiElles. Il s'agit d'un réseau valaisan de thérapeutes, médiateurs-trices et intervenant-e-s social-e-s spécialisé-e-s dans l'accompagnement des personnes victimes de violence psychologique. Ils-elles peuvent tout à fait lui apporter un soutien à distance (par téléphone au 079 320 98 70). L'aide est gratuite. Par le biais de l'école, elle a sûrement entendu parler des centres SIPE, qui proposent aussi une aide et une écoute gratuite pour ces situations. Il peut s'agir d'une bonne porte d'entrée pour commencer.

Nous espérons vous avoir apporté quelques pistes utiles. N'hésitez pas à nous réécrire s'il vous faut des précisions sur l'un ou l'autre des thèmes abordés.

Tous nos encouragements vous accompagnent pour la suite, nous ne doutons pas que vous lui apporterez une aide plus que précieuse, et si nécessaire ! Nous restons à votre disposition ainsi qu'à celle de votre nièce.

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