Bonsoir Hier soir, je mangeais avec mon compagnon, notre fille de 4 ans chez ma mère. Il y avait aussi ma soeur et sa famille, mon frère et ma grand-mère. Un peu avant de partir mon compagnon jouait avec ma fille qui était couchée sur le canapé en lui faisant des chatouilles. Ma fille s'est mise à pleurer en disant que papa lui avait fait mal. Mon compagnon l'a prise dans les bras en disant qqch comme "mais ça va mon chou". Ma fille était en larmes et me tendait les bras en me répétant que papa lui avait fait mal. Je l'ai prise et j'ai dit à mon compagnon: "tu peux pas faire attention"? Comme il ne répondait pas j'ai continué en disant "tu pourrais reconnaître que tu lui as fait mal au moins". J'ai dit à ma fille que papa n'avait pas fait exprès. Comme lui ne disait rien j'ai encore enfoncé le clou en disant "quand on fait une connerie on le reconnaît". Ensuite on a fini par partir. J'étais sûre de mon bon droit et ai continué à lui faire des reproches dans la voiture. Il m'a alors dit que c'était pas acceptable de réagir pareillement et en plus devant des tiers. Après qu'on a couché notre fille je suis venue au salon et lui ai dit "il faudrait qu'on continue la conversation". Il m'a dit qu'il avait tout dit. Je me suis alors excusée pour avoir dit tout ça devant des autres, que je n'aurais pas dû. Ensuite je lui ai dit qu'il aurait dû reconnaître qu'il avait été maladroit et le dire à notre fille. Il a alors explosé et dit qu'il s'en foutait de mes excuses , qu'il fallait plutôt que j'en fasse à ma famille et à ma fille, qu'il trouvait dingue qu'à près de 40 ans je me comporte comme une harpie. Je n'ai alors plus rien dit. Nous nous sommes à peine parlés aujourd'hui. Ce n'est pas la première fois que je réalise après-coup seulement que j'ai un comportement qui ne joue pas. Dans cet exemple, je suis sûre de mon bon droit au début, puis après avoir entendu l'autre je réalise que j'ai tout faux ou en tout cas partiellement faux. Dans cet exemple j'aurais dû m'abstenir de tout commentaire en famille, réaliser qu'il n'avait pas l'obligation de réagir face à notre fille comme je pensais qu'il le devait. Dans cet exemple j'ai jugé inadmissible qu'il ne s'excuse pas auprès de notre fille pour lui avoir fait mal sans faire exprès. Comme si ma manière de faire était la seule de bonne et la sienne (la prendre dans les bras) insuffisante. C'est comme si je réagissais avec mes tripes et que tout discernement me quittait. Quand je réalise ce que je fait, c'est seulement après avoir entendu l'autre. Et alors je me sens minable. J'ai lu que c'était comme ça que les personnes qui battent leur conjoint réagissent: ils se sentent minables après coup mais ça ne les empêche pas de recommencer. Je pensais que ces phases étaient derrière moi, car c'est déjà arrivé par le passé, surtout en lien avec notre fille, mais je vois que non. Et là c'est arrivé en public. Que faire. Je ne veux pas que ma famille finisse par éclater à cause de moi. J'ai besoin d'aide je crois.
Bonjour Madame,
En vous adressant à notre site, vous franchissez une étape importante en vous donnant la possibilité de ne pas rester seule avec ce que vous décrivez.
Suite à l’échange avec votre mari, vous nous écrivez que vous vous êtes sentie « minable ». Vous comparez ce ressenti avec celui que peuvent éprouver certains auteur-es de violence. Est-ce une manière de nous demander si vous avez exercé une forme de violence ? De notre point de vue, cela n’est pas parce que vous vous sentez ainsi que vos comportements sont automatiquement assimilables à une forme de violence psychologique. En outre, ce ressenti peut être vu comme un souhait d’exprimer votre point de vue différemment à l’avenir, notamment lorsque vous ressentez de l’inquiétude pour votre fille. Néanmoins dans le moment que vous décrivez, les reproches adressés à votre mari l’ont peut-être amené à se positionner de manière défensive, ce qui a certainement empêché la possibilité d’un échange plus détendu et constructif avec ce dernier à propos de vos pratiques éducatives respectives. Par rapport à celles-ci, il pourrait être utile de comprendre en quoi est-ce important pour vous que Monsieur s’excuse ? De là, comment auriez-vous pu le lui dire autrement ? Quel sentiment/émotion vous a envahie lorsque votre enfant a dit que Monsieur lui a fait mal ? La réponse à ces questions pourrait vous aider à mieux cerner pourquoi, sur le moment, vous priorisez « l’excuse » comme une réponse plus adaptée à celle de Monsieur qui prend votre fille dans ces bras et lui dit « ça va mon chou ».
Ces questionnements nous semblent importants. Les travailler diminue le risque qu’une relation rigide et conflictuelle s’installe entre vous et Monsieur à propos de différents éducatifs. Monsieur alimente également ce risque d’escalade lorsqu’il emploie le mot « harpie » en réponse à vos reproches. Dans notre expérience, il est plus facile de réfléchir à ces questionnements avec le soutien d’un-e professionnel-le, c’est pourquoi nous vous invitons à prendre contact avec le Centre Prévention de l’Ale. Ce service spécialisé peut vous aider concrètement à gérer de manière différente vos émotions. Stopper l'engrenage est possible. Demander de l'aide requiert du courage, mais c'est un pas nécessaire qui vous amènera un soulagement et des changements appréciables.
Nous vous souhaitons beaucoup de courage et nous vous invitons à reprendre contact avec notre site si vous en éprouvez le besoin.
Bonjour C.B., Notre site publie effectivement une partie des questions qui nous sont posées. A travers ces questions/réponses, nous souhaitons...
Bonjour, Vous avez beaucoup donné dans votre relation avec votre ancienne compagne, avec qui vous avez eu deux enfants. Cette...
Bonjour Roxy, Votre message est très bref et nous ne sommes pas sûr-e-s d’avoir bien compris votre situation et votre...