je reviens vers vous une nouvelle fois. Je viens de lire le post d'une personne qui subissait des violences. La question de la deuxième chance m'interpelle...mon futur ex a pris conscience de sa violence, il veut faire quelque chose (pour moi et notre fille, m'a t'il dit), il veut donc que je prenne rdv pour lui chez une psy... En théorie je devrais lui donner une seconde chance puisqu'il est en demande et reconnait sa violence, mais en pratique je pense que je ne veux pas lui en donner une, car la violence est la raison de ma décision mais il n'y a pas que ça...il y a l'addiction aux jeux videos, le fait qu'il soit inactif, le fait qu'il ne s'entende pas avec mes autre enfants...Bref autant de raisons de ne pas lui laisser de seconde chance. Mais du coup je culpabilise et le laisse espérer un retour.. Est-ce normal ?.
Bonjour Madame,
Nous vous adressons nos excuses pour le délai de notre réponse, nous avons reçu beaucoup de questions dernièrement.
Depuis votre dernier message, vous avez tenu bon dans votre décision de quitter votre mari. Toutefois, vous vous demandez si vous faites le bon choix, si vous ne devriez pas plutôt lui laisser une deuxième chance puisqu’il la demande. Vous vous sentez coupable, et du coup laissez « espérer un retour » à votre mari.
Vous nous demandez si une deuxième chance est possible pour votre mari. Il est possible de mettre fin au cycle de la violence, pour autant que votre mari reconnaisse être seul responsable de ses comportements. Si c’est le cas, il pourra avec une aide professionnelle (de préférence auprès d’un service spécialisé dans la violence conjugale) apprendre à développer des alternatives à ses comportements violents. Toutefois, certains éléments nous font penser qu’il pourrait ne pas être prêt pour une telle démarche. Vous nous disiez dans vos précédents messages que lorsque vous avez dit à votre mari que vous le quittiez, il a réagi avec de la violence et en vous culpabilisant, mais jamais en s’excusant de ses comportements. Aujourd’hui, celui-ci vous dit souhaiter une seconde chance, mais il ne s’implique pas et vous demande à vous de faire les démarches. C’est un peu comme si à ses yeux ce n’était pas sa responsabilité de changer. Sa demande nous semble plus être une tentative de vous récupérer qu’une véritable envie de changer. Après tout, il ne parle pas de changer pour lui-même, uniquement pour vous et votre fille. Qu’en pensez-vous?
Quoi qu’il en soit, si vous donnez à votre mari une seconde chance, cela doit être parce que vous le voulez, mais aucunement par obligation. Il semble en vous lisant que vous ne désirez pas lui donner cette autre chance, car la violence n’était pas le seul problème entre vous. Vous avez le droit de ne pas en avoir envie ! Il n’y a besoin d’aucune autre raison pour ne pas continuer une relation, qu’elle soit violente ou non.
Il est normal que vous éprouviez ces sentiments, parfois contradictoires. Mettre fin à une relation n’est jamais facile, et lorsque de la violence conjugale est présente la culpabilité est une réaction courante chez les personnes qui y ont été confrontées. Prendre de la distance permet souvent de mieux faire le point sur ses besoins, et nous vous proposons d’écouter également vos autres émotions. Comment vous sentez-vous depuis la séparation : effrayée, stressée, ou plutôt détendue et libre pour la première fois depuis longtemps? Et votre fille, comment vit-elle la situation, est-ce qu’elle rit plus souvent par exemple ? Et vos autres enfants ? Essayez d’écouter également le positif, afin de ne pas prendre de décision basée uniquement sur la culpabilité.
Par ailleurs, vous nous disiez précédemment avoir peur des conséquences si vous partiez, des risques qu’il « pète un plomb ». Nous pensons que cela a certainement aussi un impact sur votre réaction actuelle de le « laisser espérer un retour ». Il y a effectivement un risque que les violences conjugales s’intensifient lors d’une séparation, et vous faites bien de rester vigilante. Il existe heureusement des mesures qui peuvent vous protéger. En particulier, n’hésitez pas à contacter la police si vous vous sentez en danger.
De plus, vous pouvez prendre rendez-vous avec un centre LAVI près de chez vous pour un soutien gratuit et confidentiel (aussi bien juridique que psychologique, selon vos besoins). Une des raisons pour lesquelles vous êtes partie est afin de prendre soin de vous, alors n’hésitez pas à profiter de leurs services !
Nous vous envoyons nos meilleures pensées, et restons à votre disposition si vous souhaitez nous recontacter.
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