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Questions et réponses

Je me sens humiliée et je suis malheureuse, je sens mon petit garçon perturbé.

Question
21 Septembre 2015 - old...

Bonjour, j'ai un petit garçon de 3 ans et suis enceinte de 8 mois j'habite avec le papa nous avons déménagé dans son village dans la maison qu'il a construit avec son père. Sa famille habite à côté. J'ai uniquement ma soeur comme famille en Suisse elle habite loin de moi. Depuis que nous sommes parents mon compagnon est agressif avec moi et m'insulte tous les jours pour des raisons comme par exemple les jouets du petit ne sont oas rangés, la lessive en retard, le repas fait plus tard que d'habitude etc. Cela c'est empiré depuis notre déménagent. Je suis à la maison depuis quelques mois car au boulot ma grossesse n'a pas été bien venue dans le service. Je me très fatiguée et essoufflée je fais de l'anémie. Nous nous disputons dernièrement tous les jours et il me traiter de molle et des insultes bien plus graves devant notre petit. Je pleure souvent car j'essaie de savoir pourquoi il rest comme ça avec moi, il dit qu'il est fatigué a mal au dos et que je le fatigue quand je parle. Il dit que c'est ma gossesse la fautive et pense que ça ira mieux quand le bébé sera là. Il ne m'aide pas dans les tâches ménagères car selon lui je suis en "vacances", "en congé" de plus il parle de notre vie privée et me dit que les compagnes de ses amis qui ont des enfants sont très efficaces dans le ménage selon leurs dires. Je me sens humiliée et je suis malheureuse et je sens mon petit garçon perturbé. Je veux partir mais je suis perdue car je ne sais pas où aller demander de l'aide et je me culpabilise et j'ai peur de perdre la garde des enfants avec mon petit revenu?

Réponse
30-09-2015

Bonjour Dudu,

Notre réponse s'est fait attendre, veuillez nous en excuser.

D'après ce que vous nous écrivez, vous êtes plutôt isolée dans votre village, en plein territoire de votre belle-famille... Vous avez bien fait de nous écrire, c'est un premier pas vers la recherche de personnes alliées !

Vous nous dites que votre compagnon vous insulte tous les jours depuis trois ans. C'est non seulement inadmissible, c'est absolument interdit. Personne n'a le droit d'insulter autrui, et c'est valable aussi pour les couples : toute violence conjugale est interdite par la loi, et les insultes font partie de la violence psychologique, qui fait autant de mal que la violence physique. Personne n'a le droit de vous humilier ni de vous faire pleurer. Dans ces cas-là, vous avez le droit comme tout le monde de porter plainte contre la personne qui vous dénigre et vous agresse verbalement.

Vous êtes malheureuse, dites-vous, et vous souhaitez partir. Ce serait en effet le meilleur moyen de vous mettre à l'abri des violences ! Cela dit, vous vous sentez également "perdue", ne sachant où trouver de l'aide. En fait, il y a plusieurs endroits où vous pouvez vous adresser. Tout d'abord, le centre de MalleyPrairie à Lausanne, qui reçoit et conseille toute femme confrontée à la violence de son partenaire (ou ex-partenaire). Les consultations sont données par des personnes spécialement formées, et sont confidentielles et gratuites. Vous y trouverez des conseils sur le plan personnel, juridique, pratique, financier, etc. et serez bien soutenue. En plus, si vous décidez de quitter votre partenaire violent et que vous ne savez pas où aller loger, vous pouvez être hébergée gratuitement à MalleyPrairie dans un premier temps. Mais de toute façon, nous vous encourageons vivement à prendre contact par téléphone pour commencer et à fixer un premier rendez-vous. Vous n'aurez pas à le regretter. Tél. 021 620 76 76.

Ensuite, vous pouvez vous adresser aussi au centre LAVI de votre canton (aide aux victimes d'infractions). Comme la violence est interdite dans le couple, vous avez droit à ces prestations, qui sont gratuites. On vous conseillera sur le plan juridique et personnel aussi. Tél. no 021  631 03 00. Et enfin, pour toutes les questions financières, vous pouvez vous adresser à votre commune. Si vous souhaitez partir mais que votre budget est trop modeste pour subvenir aux besoins de votre petit garçon et aux vôtres, et plus tard à ceux de votre bébé à naître, votre commune vous aidera à nouer les deux bouts, elle y est tenue. En Suisse, personne ne reste sur la paille.

Comme vous le voyez, vous n'êtes pas toute seule et quoique vous décidiez pour la suite de votre vie, vous obtiendrez de l'aide. Ce soutien existe, il est là pour vous. Face à la violence, mieux vaut ne pas rester seule, mieux vaut faire appel à cette aide extérieure. N'attendez pas plus longtemps !

Vous êtes inquiète pour votre fils, que vous sentez "perturbé". Vous faites bien de vous soucier de son bien-être. Il perçoit clairement la violence que son père exerce envers vous et il en souffre certainement. Cela nuit à son bon développement. Les enfants ont le droit de grandir dans un climat de confiance et d'harmonie, où ils peuvent se sentir en sécurité. En partant, vous le protégerez lui aussi. N'ayez pas peur de le  perdre ! Ce sont les tribunaux qui décident de la garde des enfants et pour le moment il est encore très petit, et rien de porte à croire que vous ne soyez pas une bonne mère pour lui.

Avant de clore, nous aimerions encore ajouter que votre responsabilité s'étend également au bébé que vous portez. Lui aussi a besoin de protection, lui aussi a besoin de se développer tranquillement. Le fait que vous pleuriez souvent, que vous soyez malheureuse, il le sent. C'est aussi sa santé à lui qui est en jeu, pas seulement la vôtre. Et ne croyez pas que la venue d'un bébé peut arranger une situation où il y a de la violence, même si son père vous le dit. Une naissance n'arrange rien du tout, au contraire, elle peut même faire empirer les choses. Donc méfiez-vous de certaines affirmations.

Nous espérons que ces quelques informations vous seront utiles, et restons à votre disposition si vous avez d'autres questions. Nos pensées vous accompagnent, et tous nos voeux pour la naissance à venir ! Bonne chance et bonne santé à vous et à vos enfants.

 

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