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Questions et réponses

Je suis témoin depuis plusieurs mois de violences entre mon voisin et sa compagne.

Question
10 Juillet 2015 - old...

Bonjour, Je vous contact car je suis témoin depuis plusieurs mois de violence régulières entre mon voisin et sa compagne. Récemment, monsieur a véritablement explosé en hurlement sur sa compagne, lui tenant des propos injurieux. Des bruits d’objets renversés nous ont fait pensé qu’il devait se défouler sur ses meubles. Mon mari et moi étions terrifiés et n’avions pas osé appeler la police. Il y a plusieurs mois, nous avions déjà appelé la police lors d’une situation similaire. S’en était suivi une confrontation avec les intéressés le lendemain durant laquelle ils ont tous les deux nié en bloc les faits. Ils nous ont même reproché, de manière très agressive, d’avoir appelée la police. Cette situation est très dure à vivre pour ma famille. J’ai peur qu’un soir ça dégénère et qu’il finisse par passer de la violence verbale aux gestes. Ils ont un enfant qui doit subir toute cette violence au quotidien sans compter les fois où monsieur lui hurle également dessus quand il pleure trop longtemps. En tant que maman d’une petite fille, cette situation me bouleverse. Je me sens impuissante face à la situation. Je souhaite faire le maximum pour ne pas laisser la situation empirer. Mais que faire de plus ? Merci d’avance pour votre aide et l’attention que vous porterez à ma demande, Adeline

Réponse
17-07-2015

Bonjour Swisspick,

Nous écrire était une bonne chose. Il est en effet difficile de savoir que faire et comment réagir dans une situation telle que la vôtre. Etre le témoin, visuel ou auditif, d'épisodes de violence est perturbateur et nous comprenons vos sentiments mélangés d'inquiétude, de peur et surtout d'impuissance. C'est une réaction tout à fait normale et il n'y a rien d'étonnant à ce que vous soyez à la fois "bouleversée" et "terrifiée".

Vous souhaitez venir en aide à votre voisine et surtout à son enfant mais ne savez trop comment vous y prendre.

Ce que vous pouvez faire, c'est d'une part appeler la police, encore et encore. Vous avez très bien fait de l'alerter il y a quelques mois. Si personne ne réagit jamais, comment faire cesser les violences conjugales ? Bien sûr, vous êtes quelque peu échaudés, vous et votre mari, par les retombées de votre intervention passée. C'est bien compréhensible. Mais sachez que vous pouvez demander à la police de ne pas divulguer votre nom. Vous avez tout à fait le droit de signaler les violences de manière anonyme.

Le fait que votre voisine ait nié les faits est une réaction fréquente chez les victimes qui souhaitent se protéger à très court terme de la vengeance de leur agresseur, lequel bien évidemment redoute toute interférence. Si vous ne l'avez déjà fait, nous vous recommandons de lire les pages de notre site consacrées aux effets de la violence sur les victimes et au piège qu'elle représente. Souvent, les personnes victimes sont devenues prisonnières d'une situation dont elles n'arrivent plus à envisager une possible issue. Elles ont alors besoin d'une aide extérieure pour s'en sortir. Mais même avec le soutien de professionnel-le-s, cela peut prendre du temps. Il faut être patiente. Dites-vous que vous ne pouvez pas agir à la place de votre voisine, c'est sa vie à elle. Mais vous pouvez lui faire entendre, discrètement, que vous êtes prête à la soutenir si elle le souhaite. Vous pouvez lui communiquer notre plan d'urgence, si elle le veut bien, et lui donner l'adresse de Solidarité femmes à Genève, une association spécialisée dans le soutien aux femmes confrontées à la violence d'un partenaire et à leurs enfants. Les consultations y sont gratuites et confidentielles. Elle y trouvera soutien, écoute, aide juridique et psychologique, et même un hébergement dans un lieu caché avec son enfant pour se mettre à l'abri, si elle le désire. Encouragez-la à appeler cette association, mais sans trop insister si vous sentez qu'elle n'est pas encore prête à franchir le pas. Tél. 022 797 10 10.

Maintenant, pour ce qui est de l'enfant, les choses sont différentes. Il ne peut pas encore prendre les mesures nécessaires lui-même et la société a envers lui un devoir de protection si ses parents ne sont pas capables d'assurer sa sécurité. Vous avez bien raison de vous inquiéter pour lui car on sait aujourd'hui à quel point les enfants souffrent d'assister à des scènes de violence envers leur mère. Nous vous suggérons donc, si les épisodes de violence se poursuivent, de signaler le cas au service de protection de l'enfance (tél. 022 546 10 00). En principe, vous pouvez appeler de manière anonyme pour vous renseigner et connaître les procédures. Toutefois, si vous décidez de signaler officiellement la situation de cette famille, vous devrez alors donner des noms. Mais cela, la police peut également s'en charger. L'essentiel c'est que cet enfant n'ait plus à souffrir des comportements violents de son père.

Voilà ce que vous pouvons vous dire aujourd'hui. Nous espérons avoir éclairé votre lanterne et restons à votre disposition si vous avez d'autres questions.
Au nom de votre voisine et de son enfant, nous vous remercions de vous soucier de leur sort et de nous avoir écrit. Nous vous souhaitons à tous bonne chance pour l'avenir.

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