Bonjour, J'ai décidé de me séparer de mon mari, il y a trois jours, après qu'il m'ait battu (gifles, coups de points, etc.) et qu'il ait encore une fois détruit un meuble. Cette fois-ci c'était la table basse du salon, les autres fois les portes de l'appartement... Il ne veut pas quitter l'appartement, alors que nous nous étions mis d'accord que c'est moi qui le gardait... sa famille m'appelle tous les jours en justifiant ses actes de violence par la fatigue, le stress du travail alors que même en vacances, il ne peut s'empêcher de me toucher, de m'insulter et me dénigrer. Je sais qu'il n'a pas d'excuse et j'ai très peur de lui, même si pour l'instant il joue l'indifférence mais je sais que ça ne va pas durer. J'ai peur qu'il m'harcèle et qu'il se venge si je vais à la police. Je n'ai pas pu aller chez le médecin faire un constat car il m'a toujours frappé à des endroit qui ne se voit pas (coup de point derrière la tête) ou encore gifles et étranglement, mais je n'ai pas de marque. J'ai d'autant plus peur qu'il possède dans notre appartement le fusil de l'armée. Je suis détruite intérieurement et j'ai besoin de soutien psychologique: connaissez-vous un psychiatre spécialisé dans ce domaine? C'est difficile pour moi l'incompréhension qui règne autour de moi. J'ai l'impression que les gens acceptent et justifient ses actes de violence qui dure depuis le début de notre mariage, il a 7 ans et demies...Mais, moi je ne veux plus lui pardonner car je sais qu'il ne pourra jamais changer et j'ai besoin que des gens me soutiennent dans ma démarche. Merci d'avance pour votre aide.
Bonjour Lolo,
D'abord, veuillez nous excuser de vous avoir fait attendre, nous avons pris du retard dans le traitement des questions qui nous parviennent.
Vous avez bien fait de nous écrire ! La violence conjugale, effectivement, est très néfaste et ce sentiment que vous avez d'être "détruite intérieurement" se justifie pleinement. Bravo d'avoir osé faire le pas, d'avoir entrepris cette démarche en vue d'obtenir le soutien de professionnel-le-s. Car nous pensons, comme vous, qu'une aide extérieure vous serait bénéfique, d'autant plus que vous nous dites être particulièrement isolée, avec une belle-famille qui nie complètement votre peine. La non-reconnaissance des torts subis, l'injustice et l'incompréhension qui vous entourent sont autant de facteurs qui viennent encore accroître votre souffrance. Vous avez en ce moment besoin d'être non seulement entendue et épaulée, mais aussi protégée. Cette aide existe, vous n'êtes plus toute seule.
Notre première suggestion serait que vous vous adressiez sans tarder à Solidarité femmes à Genève, une association destinée spécifiquement à toutes les femmes confrontées à la violence d'un partenaire ou ex-partenaire. Les personnes qui y travaillent sont spécialement formées et sauront vous accueillir, vous écouter, vous conseiller utilement et vous informer tant sur vos droits que sur les meilleures manières de vous protéger (par exemple les dispositifs de protection prévus par la loi, comme l'expulsion, l'interdiction de périmètre, l'interdiction d'entrer en contact avec la personne victime, ou encore la possibilité de bénéficier d'un hébergement en un lieu protégé). En outre, elles sauront vous donner, comme vous le souhaitez, les coordonnées de thérapeutes spécialisé-e-s dans le domaine de la violence et de ses séquelles. Les consultations sont gratuites et le secret professionnel assuré. N'hésitez pas à prendre contact ! Le numéro d'appel est le 022 797 10 10.
Vous nous parlez de votre peur. La peur aussi est un sentiment légitime et vous avez raison de l'écouter, de ne pas la minimiser. Mais cette peur, qui aurait tendance à inviter au repli sur soi et à l'immobilité, pour "limiter les risques" en quelque sorte, peut aussi être mise à profit pour entreprendre enfin les démarches nécessaires à sa propre protection. Vous faites preuve de lucidité et de courage, vous avez su regarder la vérité en face : votre mari ne "pourra jamais changer", à moins qu'il n'accepte de se remettre totalement en question et d'entreprendre un long travail sur lui-même avec l'aide de quelque thérapeute. Le moment est donc venu de songer à vous, à votre vie, à votre reconstruction, comme vous semblez prête à le faire. Et la première étape est de vous mettre à l'abri. Ceci d'autant plus que les risques de vengeance seront bien réels lorsque vous aurez annoncé votre décision de vous séparer.
Les actes de vengeance, les menaces, le harcèlement, constituent autant de délits, au même titre que la violence conjugale. La police et la justice peuvent vous protéger si vous choisissez de porter plainte. Mais si vous optez pour la plainte, mieux vaut au préalable vous être mise hors de portée, par exemple en allant provisoirement habiter ailleurs, chez des ami-e-s, dans votre famille ou à Solidarité femmes, qui peut vous recevoir dans un lieu tenu secret, ce qui est encore mieux pour votre protection. Le centre cantonal de la LAVI (aide officielle aux victimes d'infractions) vous offrira également un soutien personnel et juridique, de manière confidentielle et gratuitement. Tél. 022 320 01 02.
Nous restons à votre disposition si vous avez d'autres questions, et vous suggérons de lire les pages de notre site consacrées aux effets de la violence, aux formes qu'elle peut prendre, au piège qu'elle représente, à ce que dit la loi, et vous inciter à consulter notre plan d'urgence. Nous sommes de tout coeur en pensée avec vous et vous souhaitons force, courage, espoir. Votre avenir vous appartient.
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