Bonjour, je suis arrivée sur ce site car ma mère m'en a parlé et je n'aurais pas pensé poser une question un jour mais je commence à me dire que ce que je vis n'est pas vraiment normal. J'ai rencontré mon copain actuel il y a env. 3 ans, nous sommes sortis ensemble presque 1 an, il m'a ensuite quitté. j'ai très mal vécu cette séparation. Il m'a ensuite recontacté un an après, pour qu'on se revoit. J'ai eu des relations avec d'autres hommes entre-temps. Nous nous sommes remis ensemble il y a exactement un an. Au début tout allait bien. J'ai fait l'erreur de le tromper au début de cette relation. Il l'a appris. La situation s'est dégradé petit à petit, de sorte qu'il n'ait plus confiance en moi. Je peux tout à fait comprendre cela car j'ai fait une grosse erreur. Il me l'a pardonné mais c'est comme si au fond de lui il ne l'avait jamais fait. Il a commencé à être jaloux, à m'empêcher de voir certaines personnes. Je trouvais ça assez normale étant donné ce que j'avais fait… Et puis, nous avons commencé à avoir des grosses disputes ou il m'insultait, me poussait, etc… C'est comme s'il attend de moi d'être quelqu'un d'autre. Il me fait sans cesse des reproches, j'ai l'impression de ne jamais être à la hauteur. J'ai perdu ma confiance en moi, il me fait sentir comme la plus horrible des personnes. A un point que je pleure pour rien et j'ai de la peine à me regarder. Il n'y a pas longtemps, j'ai pris la décision de le quitter. Après ça, il m'a suivi dehors en me traitant de tous les noms devant les gens, il m'harcelait. A ce moment là, je me suis dit qu'il n'y avait pas d'autre retour possible. C'était terminé. Mais alors je lui ai pardonné sa conduite en pensant qu'il changerait. Tout ne fait qu'empirer. Je souffre énormément, et y'a des fois ou je me dis que le problème vient de moi, car il fait tout pour que je crois ça. J'en peux plus, j'ai l'impression qu'il me détruit. Mais pourtant je l'aime et je ne veux pas le perdre… Que faire ?
Bonjour,
Vous semblez être à bout et c’est bien compréhensible. Ce que vous vivez au sein de votre couple est inacceptable : il s’agit de violence psychologique et physique. Et vous faites la douloureuse expérience des conséquences négatives que cette violence a sur votre estime de vous et sur votre moral. En aucun cas, quoi que vous ayez fait ou fassiez, vous n’êtes responsable de cette violence.
Comme beaucoup de personnes confrontées à la violence dans le couple, vous êtes ambivalente. D’une part, votre situation génère beaucoup de souffrance et vous avez envie que cela s’arrête. D’autre part, vous tenez à votre copain et ne vous sentez pas prête à vous en séparer.
En lisant votre message, nous avons l’impression que la question de l’infidélité et la confiance sont assez présentes. Pour notre part, nous estimons que les infidélités peuvent avoir lieu pour des raisons diverses mais qu’elles ne surviennent presque jamais par hasard. Vous parlez de votre infidélité comme d’une faute qui serait de votre seule responsabilité. Toutefois, pensez-vous que cette infidélité passée pouvait avoir un sens dans le contexte où elle s’est produite ? Que se passait-il dans votre vie et dans votre couple au moment où vous avez trompé votre copain ? Y avait-il des raisons qui ont favorisé cette infidélité ? En effet, il peut arriver qu’on trompe son ou sa partenaire lorsqu’on ne sent pas satisfait-e de notre relation de couple, par exemple.
Par ailleurs, nous voudrions vous rendre attentive à la spirale de violence qui semble être mise en marche. En effet, votre récit montre comment la violence augmente petit à petit dans le temps, si rien n’est fait pour l’arrêter. Vous attendez que votre copain change mais a-t-il envie de changer ? A-t-il conscience de la gravité de son comportement violent ? Peut-il actuellement prendre ses responsabilités et se remettre en question ? Le changement interne ne peut généralement survenir que s’il est souhaité et recherché. Est-ce le cas de votre ami ? Hélas, vous n’avez que peu de prise sur ses décisions et sur sa prise de conscience. En revanche, vous avez la liberté de vos choix et la responsabilité des limites que vous lui posez.
Peut-être serait-il utile pour vous d’être accompagnée dans ces réflexions par un-e professionnel-le neutre qui pourrait vous proposer un espace de soutien confidentiel? A Genève, vous pouvez par exemple vous adresser au Service de psychiatrie générale. Ce service est géré par les Hôpitaux Universitaires de Genève et propose des consultations psychothérapeutiques avec des psychologues ou des psychiatres organisées par secteurs en fonction du lieu où habite la personne qui consulte.
Ne restez pas seule avec votre souffrance et prenez bien soin de vous. N'hésitez pas à nous réécrire si vous le souhaitez.
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