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Questions et réponses

Je connais un homme qui subit les violences physiques à répétition de son épouse.

Question
07 Octobre 2013 - old...

Bonjour, Je connais un homme qui subit des violences physiques à répétition par son épouse, qui, pendant ses pics de colère, lui donne des coups de poing sur le visage, sur le corps, coups de pied sur les organs génitaux, lui détruit ses objets, casse des objets sur lui (comme des chaises), cherche ses données privées sur son téléphone, son ordinateur. Ils sont marriés depuis 8 ans et, il me dit que ces dernières années, elle a toujours été comme ça. Je m'inquiète, parce que hier je l'ai vu avec des blessures sur le visage et le cartilage de son nez cassé. Lui même ne réagit pas, il subit juste les violences, ayant peur et étant isolé et désespéré. Qu'est-ce-que je peux faire?

Réponse
20-10-2013

Bonjour Hugh,
Nous regrettons de vous avoir fait attendre. Parfois notre site et très sollicité et nos réponses tardent au-delà des délais promis.
Nous comprenons que vous vous inquiétiez pour votre connaissance : il semble en effet qu'il soit confronté à de graves violences physiques et psychiques  (celles-ci étant le plus souvent indissociables des coups). Il est parfois difficile de savoir que faire et comment réagir devant ce genre de situations. Vous avez bien fait de nous écrire.
La violence conjugale est un délit  aux yeux de la loi suisse. Cela signifie que non seulement la victime a le droit de porter plainte, mais que les témoins éventuels, comme vous-même en l'occurrence, ont également ce droit. Parfois cela peut aider la victime, selon les cas, mais parfois cette démarche peut s'avérer contre-productive. A vous de voir, ou d'en parler avec le principal intéressé - pour autant bien sûr que votre relation permette d'aborder le sujet de façon explicite.
Voilà donc une des choses que vous pouvez faire, puisque vous nous posez la question. L'autre, c'est d'informer cette personne : tout d'abord sur le phénomène de la violence en soi (notre site y consacre diverses pages, peut-être en avez-vous déjà pris connaissance), sur ses conséquences à long terme, sur le piège qu'elle finit par constituer. Bien que notre site parle des agresseurs au masculin et des victimes au féminin, vu que ce cas de figure est largement prédominant dans notre société, il s'adresse tout autant aux hommes victimes de la violence de leur compagne. Ensuite, vous pouvez l'informer sur ses droits, en particulier celui de quitter le domicile conjugal (avec ses enfants s'il en a) lorsque son intégrité ou son bien-être sont menacés (art. 175 du Code civil suisse). Un autre droit qui lui appartient est celui de consulter gratuitement le centre LAVI de son canton : c'est un service officiel d'aide aux victimes d'infractions (et la violence conjugale en est une) où les personnes reçoivent en toute confidentialité un conseil sur le plan juridique, personnel, psychologique, voire pratique ou financier selon les situations, afin de les protéger et de les soutenir à tous les niveaux pour leur permettre de mieux surmonter leur traumatisme. S'il est d'accord, vous pouvez l'accompagner à son premier rendez-vous. Tél. 022  320 01 02.
Enfin, à part ces informations que vous pouvez lui donner sur ses droits, il y a encore une chose que vous pouvez faire pour lui : c'est l'encourager à prendre contact sans tarder avec le service PHAROS, à Genève, de Serge Guinot, spécialisé dans le soutien aux hommes violentés par leur partenaire. Tél. 078  615 75 85. Il y  recevra une écoute professionnelle et tout le soutien dont il a besoin. Nous pensons en effet qu'il faut éviter qu'il ne reste seul avec ses problèmes et son désespoir. Le plus important c'est de parler de ce qui lui arrive, de chercher l'aide de gens compétents et d'être soutenu très concrètement, dès que possible. La violence est destructrice et plus le temps passe, plus il est difficile de franchir le pas pour s'en sortir car l'estime de soi tombe en chute libre et la dépression finit par ôter le ressort nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit.
Avant de conclure, nous aimerions ajouter que vous allez probablement devoir faire preuve de patience. Les personnes qui ont subi la violence de leur partenaire depuis un certain nombre d'années ont parfois de la peine à se décider à partir - ou alors décident de le faire puis font marche arrière au dernier moment. C'est fréquent. Et puis vient un jour où elles sont prêtes intérieurement, et c'est là qu'elles ont besoin du soutien de leur entourage.
Nous vous recommandons donc de rester proche de lui, à son écoute, et de l'assurer que vous restez prêt à lui donner votre appui lorsqu'il le souhaitera. Essayez de le valoriser autant que faire se peut, et montrez-lui qu'il a quelqu'un sur qui compter. C'est tellement important qu'il ne soit plus seul dans sa souffrance.
Merci de vous préoccuper de son sort. Nous restons bien en pensée avec vous, et vous souhaitons bonne chance à tous deux.

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