Bonjour, Je vis en concubinage avec une femme de mon âge depuis 7 ans et nous avons en commun une petite fille de trois ans. les deux travaillons à 100%. Mon amie a allaité jusqu'aux deux ans et demie de notre fille. Pendant cette durée notre relation de couple a pratiquement disparue au profit d'une relation parents-enfant, et plus particulièrement d'un lien physique très fort entre mère et fille (allaitement, caresses, bisous sur la bouche, exclusivité, besoin de s'endormir en touchant les seins de ma femme). Depuis la naissance de l'enfant et surtout depuis la fin de l'allaitement, mon amie a progressivement changé d'attitude à mon égard et celui de l'enfant. D'une relation complice et très fusionnelle (voulue par mon amie et acceptée par amour: par exemple, elle m'a toujours reproché les sorties entre amis où elle n'était pas présente), s'est substituée une distanciation progressive, suivie ensuite d'abandon, de dénigrement, de mépris et de violence verbale. Depuis janvier 2013, mon amie passe de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux (twitter). Cette activité lui prend le plus large temps de sa journée, soirée et une partie de la nuit. Cette situation d'absence a conduit au fait que je m'occupe presque exclusivement de l'éducation et de l'entretien de notre fille ainsi que du ménage(courses, cuisine, repas, bain, loisirs, crèche, administration, etc). une femme de ménage s'occupe de l'entretien de la maison. Lorsque je suis absent, l'enfant passe le plus clair de son temps devant la télévision, pendant que la mère chatte. Il va sans dire que la vie intime de couple n'existe plus et que la vie sociale non plus. A l'essai d'aborder le problème, la réponse a été qu'elle a le droit d'avoir une vie privée, que je n'ai pas à la tutéliser pour lui dire ce qu'elle doit faire, que sur twitter elle a pu choisir de vrais amis, que les discussions y sont intéressantes et passionantes. Pour sauver le couple et surtout la famille, je me suis accomodé de ce mode de faire, puisque finalement nous ne faisions que nous croiser à la maison. Malheureusement cette absence de décision et de prise en charge du problème fut catastrophique car elle a mené à une accentuation du phénomène. Elle m'a également enlevé toute joie de vivre et toute confiance. A cette absence, se sont ajoutés des remarques assasines et du mépris. Je n'osais plus l'approcher ni même essayer de lui parler par peur de ses réactions. Au mois de juin, après des semaines sans discussion, elle m'a annoncé avec une rare violence verbale qu'elle n'avait plus aucun sentiment pour moi. A ce moment là, une pulsion incontrôlée s'est levée et je lui ai frappé à une reprise la tête contre une armoire. Après cet évènement, nous avons essayé de continuer pour le bien de notre fille. Celle-ci n'a jamais assisté à aucune scène de dispute. nous avons décidé de maintenir nos vacances mais ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Devant l'absence totale de la mère (sur twitter toute la journée jusqu'à 2-3h du matin), notre petite fille a commencé à dire que sa maman l'abandonnait et que c'était sa faute. Dès qu'elle apercevait sa mère c'était des crises maman maman ne t'en va pas. Finalement, un jour où elle réclamait incessament sa mère, nous l'avons cherché sur la plage et retrouvé dans une cabine téléphonique où elle a annoncé téléphoner à son amant. Une émotion incontrôlée m'a alors saisi et j'ai commis l'irréparable, je lui arraché et cassé ses lunettes en public et devant notre fille... Elle a alors appelé la police qui nous a entendus sans qu'aucune plainte ne soit déposée. La police nous a conseillé de résoudre nos problèmes au plus vite par la consultation d'un spécialiste. Notre fille choquée est bien sûr restée avec sa maman et elle est partie chez ses parents. Depuis je n'ai plus aucune nouvelle de mon enfant (trois jours). Pour ma part, je suis rempli d'une culpabilité sans fond, de désespoir et d'angoisse terrible. Je m'en veux de n'avoir rien fait pour éviter cette situation et de n'avoir pas su contrôler mes émotions. J'ai peur de ma violence et de celle de ma femme. J'ai peur de perdre mon enfant car elle m'a menacée. Il me manque terriblement. Aujourd'hui après deux nuits blanches, je vais consulter un psychiatre. Cela m'a fait du bien d'écrire ce texte et vous remercie de votre réponse.
Bonjour,
Votre message est très complet et montre bien, selon nous, la complexité des dynamiques de violence au sein du couple. Nous comprenons votre désarroi et vous trouvons, malgré toutes les fortes émotions qui vous traversent, particulièrement lucide dans votre analyse.
Vous évoquez un changement important dans votre relation de couple qui est survenu avec la naissance de votre fille. Comme beaucoup de couples, l’équilibre existant avant l’arrivée des enfants se trouve transformé, ce qui sollicite grandement la capacité d’adaptation des deux parents. Un nouvel équilibre entre les fonctions parentales et les fonctions conjugales doit alors être trouvé par les partenaires. En vous lisant, nous avons le sentiment que le rééquilibrage ne s’est pas fait de manière satisfaisante pour votre compagne et pour vous, fragilisant ainsi votre lien.
Il est important de nommer les faits que vous rapportez dans votre message. Au sujet de votre compagne, vous évoquez des « remarques assassines », du « dénigrement », du « mépris » et un « abandon » de votre vie de couple. Il s’agit là d’une forme de violence, en l’occurrence de violence psychologique. En ce qui vous concerne, vous décrivez deux épisodes de violence physique, où vous avez frappé la tête de votre amie et lui avez arraché les lunettes en présence de votre fille.
La violence psychologique exercée par votre compagne, ainsi que la violence physique que vous avez agie sur elle sont toutes deux inacceptables. Dans la situation que vous décrivez, nous considérons aussi que votre amie et vous-même êtes tous deux co-responsables de la violence qui s’est installée, chacun étant bien sûr entièrement responsable des actes violents qu’il a imposés à l’autre.
Dans notre vision de votre situation en particulier, il n’y a pas un « gentil » et un « méchant », un « bourreau » et une « victime ». La violence semble être apparue insidieusement et avoir grandi en étant alimentée par un sentiment d’incompréhension et de non-respect mutuels qui vous ont conduits votre compagne et vous à vivre cette escalade de la violence. Des enjeux de pouvoir pourraient également avoir contribué à cette escalade, comme si tour à tour, votre amie et vous aviez tenté de prendre le pouvoir dans le couple en dominant l’autre par des actes violents. Qu’en pensez-vous ?
Par ailleurs, pour ce qui est de votre fille, nous entendons votre inquiétude au sujet de son bien-être. Les conflits et la violence existant entre ses parents ont sans doute un impact non négligeable sur son état psychique et il est important de la protéger des problèmes des adultes.
Il va sans dire que nous vous soutenons pleinement dans votre démarche de demande d’aide auprès d’un-e psychiatre. Nous vous encourageons à profiter de cet espace personnel neutre pour tenter d’identifier les rouages de l’engrenage de violence dans lequel vous et votre compagne avez été pris, afin de pouvoir les neutraliser dans un deuxième temps.
Vous avez aussi la possibilité de faire appel à différentes structures dans le canton de Neuchâtel qui proposent des consultations conjugales et familiales aux couples qui connaissent des difficultés ou qui sont confrontés à une séparation conflictuelle, tels que le Centre Social Protestant ou la consultation de médiation familiale. Enfin, il existe des services spécialisés pour personnes ayant recours à la violence dans leur couple qui offrent des prises en charge individuelles ou de groupe.
En espérant que ces quelques pistes vous seront utiles, nous vous souhaitons une bonne continuation.
Bonjour madame, Votre mari manifeste des violences à votre encontre et d’après vous, depuis la naissance de votre enfant. Vous nous...
Bonjour Madame, Vous vivez des violences psychologiques et économiques et vous vous questionnez à propos du divorce et d'une perte...
Bonjour Monsieur, Nous vous remercions de votre question qui témoigne d’un souci partagé par vous et votre famille. Votre...