Bonjour, Je ne sais pas trop par ou commencer. Je ne sais pas si je suis réellement victime de violence, mais j'ai vraiment besoin que ça sorte... Je suis avec mon homme depuis mes 15 ans (il y a 13 ans en arrière) et nous sommes mariés depuis 3 ans. Nous avons 2 enfants en bas âge. Depuis quelques temps, mon mari a complétement changé de comportement, et ça m'inquiète. Seulement il y a tellement de choses à dire que je ne suis pas sure de tout énumérer. J'ai toujours été une personne peu sure de moi, je ne me plais pas physiquement, et je ne suis pas non plus celle que je voudrais être dans ma façon d'être. J'ai pris beaucoup de poids pendant mes grossesses, et ça n'a pas amélioré les choses. Mais depuis quelques temps, j'ai recommencé à travailler dans un endroit qui me plait beaucoup, et j'ai décidé de changer ma façon de voir les choses. A 28 ans, je n'ai plus envie de voir tout en noir. Je vois les choses plus positives, je fais du sport 1x/semaine avec une collègue de travail, je prends les choses plus sereinement, je m'énerve moins, etc... Et du coup, je me sens mieux! Je vois bien que ça "pose problème" à mon mari. Depuis, il m'accuse de le tromper (ce qui est totalement faux) et il est devenu complétement parano par rapport à ça. Il contrôle tous mes faits et gestes, mon portable, le nombre de messages envoyés, me rejoins à mon travail sans raisons, ne me laisse plus aller à mon cours de gym, ou alors déplace toute ma petite famille pour me voir faire pendant 1h de temps dans le froid. Chaque soir j'ai droit à une crise, qui fini toujours dans les cris, les pleurs, il a une voix qui porte énormément, et il est très agressif dans ses paroles et ses gestes, il en est même venu à se frapper lui-même. Une fois que le "gros" de la crise est passé, il se met à pleurer, s'excuse, me dit qu'il m'aime et qu'il ne me veut pas de mal. Il a aussi changé catégoriquement d'attitude "quotidienne" avec moi. J'avais rarement droit à un signe d'affection, et depuis quelques temps, il est devenu trop collant, il veut tout le temps que nous soyons enlacés, qu'on se fasse des bisous, etc.. et il n'en a jamais assez. Si je ne lui montre pas un énorme signe d'affection quand il rentre du travail, par ex, j'ai droit à une crise. Je le sens aussi très déprimé, il pleure très souvent, dit qu'il fait la "crise de la 30aine". Parrallèlement à tout ça, il perd peu à peu tout ses contacts, il s'engueule très violement avec ses propres parents, avec les miens, il ne voit que très peu ses amis. Il refuse catégoriquement toute aide extérieure, ne veut pas qu'on en parle autour de nous, me dit que je suis la seule personne à pouvoir nous sortir de là, qu'il faut que je l'aide, que lui a toujours été là pour moi lorsque j'avais des problèmes alors que maintenant il faut que j'assume. Je lui ai expliqué que je n'avais pas les épaules pour l'aider, mais il ne veux rien entendre. Notre fille de 3 ans se rend compte que sa maman pleure très souvent et que son papa crie beaucoup. Je pense qu'elle prend ses distances avec mon mari, ce qui le rend encore plus triste, et encore plus insistant avec elle pour avoir des bisous et qu'elle lui dise qu'il l'aime. Si elle ne le fais pas, il pleure... ça me fait beaucoup de peine pour elle. Elle se fait aussi très souvent engueuler pour des broutilles, et je me sens impruissante par rapport à ça. Je suis partagée entre le fait de tout laisser tomber, et de me protéger et de protéger mes enfants (mais à ce sujet, il m'a déjà averti qu'il se suiciderai si je le faisais, et je ne saurai pas ou aller, je pense aussi qu'il ne se laisserait pas faire, et qu'il ferait tout pour m'écraser) et rester et sauver notre famille, car malgré tout, je l'aime énormément. Voilà, je suis complétement perdue, je n'ai pas de question particulière, vous ne pouvez pas décider à ma place, mais je vous remercie de m'avoir lue. Loupiotte P.S: Il y aurait encore tant à dire, mais le principal est ci-dessus. Désolé pour les fautes d'orthographe.
Bonjour loupiotte,
Nous sommes touché-e-s par le récit de votre situation qui décrit comme votre relation de couple a progressivement atteint une phase critique. Paradoxalement, c’est lorsque vous commencez à vous sentir mieux dans votre peau que votre relation de couple se dégrade. Il y a de quoi se sentir perdue ! Nous comprenons bien votre besoin de « faire sortir » ce que vous ressentez. Bien que vous ne posiez pas de question précise, nous aimerions vous proposer quelques pistes de réflexion.
Tout d’abord, ce que vous décrivez au sujet du comportement de votre mari est particulièrement inquiétant à nos yeux. Son agressivité dans les paroles et dans les gestes, sa méfiance et ses demandes d’affection excessives, son contrôle sur votre vie et ses menaces de suicide constituent différentes formes de violence . Votre message met en évidence que les différentes formes de violence survenant dans un couple suivent habituellement des cycles avec des phases d’explosion et des phases d’accalmie. Durant ces dernières, les personnes qui subissent la violence de leur conjoint peuvent espérer que les comportements violents disparaitront et vont parfois jusqu’à minimiser ce qui s’est passé.
Rien ne justifie les comportements violents, même pas la crise de la trentaine ou un certain mal-être. Votre mari est totalement responsable de la violence qu’il dirige contre vous et contre lui-même. S’il faut que vous soyez coupée du monde extérieur et dépendante des angoisses de votre mari pour qu’il cesse la violence, nous ne sommes sans doute plus en train de parler d’amour, mais plutôt de contrôle. Qu’en pensez-vous ?
Par ailleurs, nous sommes sensibles à vos inquiétudes de maman concernant le bien-être de vos enfants. Nous vous encourageons à les protéger au maximum des scènes de violence qui se déroulent entre votre mari et vous. Comme vous le relevez très justement dans votre message, vos enfants remarquent ce qui se passe entre leurs parents et en sont affectés. Ils ne sont pas en mesure de se protéger seuls de ce qui les angoisse, et ont besoin d’adultes qui les protègent. Afin de vous apporter des pistes supplémentaires à ce sujet, nous vous invitons à consulter les infos concernant l’impact de la violence conjugale sur les enfants qui y sont confrontés.
Vous hésitez à rester avec votre mari pour sauver votre relation ou à partir pour vous mettre à l’abri de la violence avec vos enfants. Ces deux envies ne nous semblent pas incompatibles. En effet, rester dans une situation de violence n’a que peu de chances de faire changer les mécanismes, au contraire, cela peut l’entretenir et peut définitivement détruire le couple. C’est souvent en se protégeant de la violence que l’on se donne le plus de chances de mettre un terme au cercle vicieux destructeur. Une séparation peut être un signal fort envoyé à son conjoint et peut lui permettre de prendre conscience de ses difficultés.
Dans le canton de Vaud, il existe des centres d’hébergement destinés aux femmes confrontées à la violence de leur conjoint, comme le centre Malley-Prairie à Lausanne (lien coordonnées). Ce centre permet de se mettre à l’abri avec ses enfants mineurs et offre des suivis psychologiques ainsi qu’un accompagnement professionnel dans différentes démarches visant à sortir de la situation de violence. N’hésitez pas à prendre contact pour trouver refuge, si vous décidez de quitter votre domicile pour vous protéger.
Vous avez aussi la possibilité de contacter le centre LAVI le plus proche de votre domicile, afin de recevoir une écoute confidentielle, de l’aide et des conseils spécialisés quant aux démarches que vous pouvez entreprendre pour trouver une issue.
Nous espérons que notre réponse vous apportera quelques repères utiles pour retrouver votre chemin. Nous pensons fort à vous dans cette situation douloureuse qu’est la vôtre actuellement, et restons à votre disposition.
Bonjour, Avant tout, nous nous excusons pour le retard. Nous avons reçu beaucoup de questions récemment et notre délai de...
Bonjour Madame, Nous vous prions de nous excuser pour ce grand retard dans notre réponse. Les nombreuses questions reçues ont...
Bonjour Madame, Pendant vos 19 ans de mariage, vous avez vécu des violences psychologiques et économiques ainsi que de la violence physique....