Bonjour, je suis une jeune femme qui est en pleine période de crise. En effet, je suis mariée à un homme qui est venu d'un pays par le biais du regroupement familial. J'ai fait sa connaissance dans mon pays natal et j'ai pensé que c'était l'amour fou. Nous nous sommes séparés une fois pendant 7mois l'an passé. Les raisons c'est qu'il me frappait dès qu'il avait un accès de colère et il me menaçait. Puis, 1mois après notre séparation, il m'a recontactée et m'a promis qu'il avait changé. Je ne l'ai pas cru et mon papa m'a conseillé de ne pas lui faire confiance. Mais il est devenu de plus en plus insistant et j'ai fini par le croire. Quand nous avons réemmenagé ensemble, le premier mois c'était bien. Puis, il a commencé à boire et à sortir souvent et même boire sur le chemin de retour quand il finissait son travail. Et les scènes de violence ont recommencé. Elles arrivaient de plus en plus souvent. J'avais honte et à chaque fois je voulais appeler la police mais il me menaçait de faire du mal à mon petit frère ou à ma maman. Avant de partir en vacances, il m'a avoué que si il s'est marié avec moi c'est par pur intérêt pour aider sa famille qui est en situation assez mauvaise. J'ai préparé ses affaires et je lui ai dit de quitter l'appartement et il m'a prise par le cou. Il m'a jettée par terre et il m'a ruée de coups. Je n'arrivais plus à marcher car j'avais un gros hématome sur ma jambe et il m'a interdit d'aller voir un médecin. Ma famille m'a demandé ce que c'était et je leur ai dit que je suis tombée. Encore aujourd'hui il ne savent pas. Je ne sais pas quoi faire et c'est pour ça que j'écris. Je ne veux plus vivre avec lui et je ne veux aussi pas qu'il puisse rester en Suisse car j'ai très peur de lui et aussi si son seul but c'était d'obtenir une autorisation de séjour. Pouvez-vous me conseiller ou m'aider? J'ai pensé plusieurs fois à mettre fin à mes jours mais je n'ai pas assez de courage. Je suis sans issue et je ne sais vraiment pas quoi faire. Je vous remercie.
Bonjour Lanilina,
Vous nous parlez d'une situation de violence physique et psychologique lourde à porter. Rien d'étonnant à ce que vous vous sentiez mal, avec des sentiments négatifs comme la honte, la peur et le découragement : ce sont des effets directs de la violence vécue et de nombreuses femmes nous décrivent ces mêmes symptômes. Mais rassurez-vous, ce n'est pas "sans issue" et vous allez vous en sortir, comme d'autres avant vous. Prenez courage !
Vous nous demandez quelque conseil. En voici trois : tout d'abord, informez-vous sur le phénomène de la violence conjugale en général. Notre site vous offre plusieurs pages de précieuses indications. Ensuite, racontez à vos parents tout ce qui s'est passé avant les vacances (d'ailleurs ils s'en doutent peut-être déjà). Vous vous sentirez probablement très soulagée de l'avoir fait, et eux de leur côté seront certainement disposés à vous offrir leur aide. Et enfin, cherchez le soutien de professionnel-le-s. Il ne faut pas banaliser cette violence et il existe des services où des spécialistes sauront vous écouter, vous guider, et vous faire connaître vos droits (voir ci-après).
Les coups ainsi que les menaces de s'en prendre à votre frère et à votre mère sont des infractions punissables par la loi. Si cela devait se reproduire, appelez immédiatement la police. Par ailleurs, vous êtes encore dans les délais pour porter plainte au sujet de l'épisode violent qui a résulté en un gros hématome sur votre jambe. Il vous suffit pour cela de vous rendre dans un commissariat. Vous avez trois mois pour le faire, depuis la date du délit. Avez-vous pensé à l'époque à faire une photo de ce bleu ? Ce serait un atout. Sinon, vos parents pourront appuyer vos dires au cas où votre mari nierait son agression.
Lorsque vous aurez porté plainte, il sera convoqué dans les jours qui suivent et devra s'expliquer devant la justice. Un ou une juge se chargera de lui signifier que son comportement est inadmissible et qu'il encourt des sanctions. S'il recommence à vous menacer, déposez une autre plainte. Tout sera versé dans son dossier et restera à sa charge.
Vous nous dites ne plus vouloir vivre avec lui. Vous en avez le droit, ainsi que le stipule l'art. 175 du Code Civil suisse, car votre sécurité et votre bien-être sont menacés. La violence conjugale a tendance à augmenter en fréquence et en intensité au fil des années et vous avez parfaitement raison de vouloir vous en extraire. Elle est en effet beaucoup plus dangereuse que l'on ne croit. Vous pouvez consulter n'importe quel avocat-e et introduire une demande de séparation. Si vous craignez de ne pas avoir les moyens de payer ses honoraires, il existe la possibilité de demander l'assistance judiciaire gratuite (l'avocat-e s'en chargera).
Nous vous recommandons en outre, avant d'entreprendre ces démarches (dépôt de plainte ou demande de séparation officielle), de vous mettre à l'abri en allant loger ailleurs. Pensez-vous pouvoir vous réfugier chez vos parents ? Sinon, le centre de MalleyPrairie est là pour les femmes dans votre situation. Vous avez la possibilité d'y loger le temps qu'il faudra, et vous y trouverez un soutien très spécialisé et compétent sur le plan juridique, personnel, psychologique et également pratique. Les consultations y sont gratuites et confidentielles. Nous vous conseillons vivement de faire appel à ce service, même si vous allez habiter chez vos parents ou ailleurs. Tél. 021 620 76 76.
Enfin, concernant la question de l'éventuelle expulsion de votre mari du territoire suisse, et pour toutes les questions juridiques par rapport à sa violence et à votre séparation, vous pouvez vous adresser au centre LAVI de votre canton (service d'aide aux victimes d'infractions). C'est un service d'Etat qui est gratuit et vous y avez droit, en tant que victime. Tél. 021 320 32 00.
Voilà ce que nous pouvons vous dire aujourd'hui. Mais avant de clore, nous aimerions encore vous répéter combien il est important que vous ne restiez pas seule et que vous parliez de ce qui vous arrive soit à vos parents, soit à votre médecin, soit à des professionnel-le-s, soit à tous à la fois... L'heure n'est pas à penser à mettre fin à vos jours, mais à agir, à chercher de l'aide, à vous dégager une bonne fois pour toute de ce qui vous tire au fond de l'eau et vous empêche de nager librement.
Nous vous souhaitons de rester déterminée et courageuse, et pensons fort à vous. Bonne chance !
Bonjour, Vos remerciements nous touchent et nous sommes content-e-s que notre message vous ait été utile. Effectivement, vous faites face...
Bonjour Dani, Vous vous sentez un peu dépassée par les événements et ne savez plus que faire. Vous avez bien...
Bonjour Rota, Le partenaire de votre fille va bientôt sortir de prison, ce qui vous inquiète beaucoup. Vous aimeriez savoir...