Bonjour, J’ai décidé de poster ici ma situation après avoir consulté plusieurs fois votre site attentivement. Je me sens perdue et ne sais pas quelle décision prendre, basculant sans cesse entre la culpabilité et la détermination. Mon copain, avec qui je suis depuis 9 mois, pique des colères depuis que nous avons emménagé ensemble il y a quelques mois. Celles-ci sont telles qu’il a retourné l’appartement déjà 4 fois, c’est-à-dire qu’il déplace tous mes meubles, appareils ménagers, habits, etc. (tout m’appartient, il n’a que ses habits et quelques petites affaires)dans ma chambre et bourre tellement qu’on ne peut plus y accéder. Il casse également mes affaires et abîme l’appartement (il tape dans les portes, il a troué le parquet en déplaçant les meubles, etc.), fait beaucoup de tapage au milieu de la nuit. Dans ces moments, il hurle, m’insulte, me dénigre, il se moque de moi en m’imitant quand je tremble parce que j’ai peur, utilise des blessures d’enfance que je lui ai confiées pour me faire du mal, dis du mal de ma famille, me suit partout et tape de plus en plus fort contre la porte si je n'ouvre pas, le tout souvent dans un monologue de jurons. Comme j’ai très peur, j’essaie de m’enfermer dans ma chambre, et il essaie de m’en empêcher en poussant la porte (si je me blesse il dit que c’est de ma faute et que c’est moi qui ai voulu lui « balancer » la porte dessus). Quelques minutes après il peut revenir tout gentil, en voulant m'embrasser, en disant qu’il ne supporte pas de me voir dans cet état (dans lequel il me met …), qu’il veut qu’on discute calmement, que s’il se met en colère c’est parce qu’il m’aime, mais que je ne suis pas facile, qu’il travaille trop. Bref, beaucoup d’excuses extérieures à sa responsabilité. On commence à discuter (à ce stade, il veut bien m’accorder qu’il est parfois un peu contrarié, MAIS c’est parce que moi je…- en gros, si moi je change, lui changeras) et 30 secondes après il peut repartir dans sa colère et tout le processus recommence. Suite à une de ces disputes, je suis partie un jour chez un membre de ma famille. A mon retour, nous avons décidé de donner une dernière chance à notre histoire à condition seulement qu’il travaille sur son problème (et moi sur le mien : je buvais trop d’alcool par moment et sortais trop tard certains soirs du week end, il ne supportait pas – alors que de son côté ce n'est pas un problème selon lui s'il le fait, et ceci ne me posait effectivement pas de problème, dans la mesure où ceci est réciproque!). J’ai tout de suite été consulté un médecin après ce "contrat" passé avec soi-même et avec l'autre, et je suis aujourd’hui soignée, fais les choses avec conscience et de manière raisonnable). Seulement, lui n’a rien fait de son côté. Il a continué à faire ce qu’il me reprochait, en pire (il disparaît 24h et rentre complètement soul à ne plus pouvoir parler), et fait comme si de rien n’était la journée. Lorsque je lui demande où il en est par rapport à notre « pacte », il me répond qu’il est en grande remise en question, et c’est tout. Si j’insiste pour en savoir plus (rdv chez un médecin ?, s’il s’est documenté, etc, il s’énerve et la dispute éclate si je lui le met face à la réalité, donc je me tais et m’en vais le cœur lourd). Après encore une nuit où il a disparu (mais après coup il ne comprenait pas ce qu’il avait fait « de mal » et que je lui « cassais le cul 24h sur 24h », que je le rabaissais quand je lui disais que son comportement n’était pas respectueux, je lui ai dit que mon cœur et notre relation était brisés, tout comme mes affaires. Que je ne pouvais plus vivre avec une personne qui ne veut pas reconnaître son problème et y travailler. J’avais été prête à le soutenir et à l’accompagner dans ses blessures pour autant qu’il travaille dessus, ce qu’il n’était pas prêt à faire, et que je lui demandais de partir, car une fois de plus il n’a pas respecté ses promesses et tenait en permanence un langage grossier à mon égard. Dès lors (2 semaines), il dit qu’il ne pourra pas partir avant quelques mois (il s’est énervé quand je lui ai demandé ce que signifiait concrètement « quelques mois »), qu’il devait se stabiliser professionnellement (il ne l’a pas fait depuis que je le connais, alors que je lui avais trouvé une place avec tous les critères qu’il souhaitait, mais il n’est juste pas aller se présenter). La dernière « crise » a démarré avant-hier soir. Il est finalement parti tard en colère et est revenu quand je dormais à 4h00, soul. Il est venu dans ma chambre et a recommencé sa crise de plus belle, j’ai voulu partir et il m’en a empêché en tirant mon sac et a glissé. Il a dit qu’il irait voir la police en leur montrant son bleu en disant que je l’insultais, le frappais, etc. J’ai pu finalement partir avec ma chienne (qu’il voulait garder), après qu’il m’ait encore suivi dans la rue en m’insultant et en cassant une bouteille derrière mes talons. J’ai pu aller chez un ami qui m’a recueillie, pour partir travailler 2 heures après. Depuis je suis chez une amie. Mon employeur et ma famille sont maintenant au courant de la situation, ainsi que sa mère, qui me soutient, dans une certaine mesure (et qui m’a confirmé qu’il avait aussi ce problème avec ses parents). Toutefois, je me dis parfois, d’ailleurs comme il tente sans cesse de m’en convaincre, que ceci est à cause de moi, que je mérite ce qui arrive, etc, puis je me résonne en me disant que même si je me conduisais hypothétiquement très mal, cela n’excuserait jamais un tel comportement de sa part. Il tente de me faire culpabiliser, et j’ai de plus en plus d’idées noires et une estime de moi en chute libre. Avant j’essayais de me défendre, j’ai essayé de crier plus fort que lui, maintenant je subis son flots d’insultes et de négativité en attendant « que ça passe », mais mon cœur est tellement déchiré d’entendre des monstruosités. Je ne suis plus tranquille et j’ai peur de rentrer chez moi. Je me sens perdue et coincée. Par ailleurs, je ne sais pas si je dois, ou si je peux, déposer une main courante auprès de la police. J’ai peur qu’on me rit au nez, qu’on me dise que je dérange les gens pour des broutilles de couple…que je n’ai aucune preuve, que c’est peut-être moi qui est folle. Tout ceci m’amène à poser plusieurs questions : Nous vivons donc dans un appartement sous nos deux noms. Depuis que je lui ai dit que nous n’étions plus un couple et que je voulais qu’il parte s’il ne voulait pas faire d’effort, il dit qu’il ne pourra pas le faire avant quelques mois (il s’est énervé quand je lui ai demandé ce que signifiait concrètement « quelques mois »), qu’il devait se stabiliser professionnellement, mais que j’étais tout à fait libre de partir dès demain (comme il n’a pas travaillé pendant deux mois, j’ai fait face aux frais communs, et il me doit encore près de 3000.-). Je ne veux pas faire la guerre, j'aimerais juste qu'on puisse se quitter de manière adulte et responsable, et qu’on puisse régler ceci de manière rationnelle. Je souhaiterais de tout cœur pouvoir garder cet appartement, que j’avais cherché et trouvé toute seule, car il m’a été très difficile d’en trouver un comme celui-ci, notamment car il a un jardin et que j’ai un chat et un chien. J’ai « galéré » pendant une année entre colocation, hébergement et loyer trop élevé pour pouvoir avoir un toit. Cet appartement que j’adore, dont je suis quasiment seule à m’en occuper, a été un si grand soulagement pour moi et c’est un socle dans ma vie. De mon côté, j’ai un job stable depuis plusieurs année et un revenu suffisant. De son côté, il a changé env. tous les 4 mois d’employeur (« dont abandon de poste »)et il a une petite poursuite, mais il a un garant. Le bail est à nos deux noms. J’ai pensé à informer la gérance de ce qui se passait, mais j’ai peur que nous perdions tous les deux l’appartement. Je voulais aussi expliquer la situation aux voisins qui doivent être importunés par les bruits, les cris, les portes qui claquent, car j’ai honte de leur infliger ceci et qu’ils se plaignent également à la gérance, mais j’ai peur de leur jugement. Que dois-je faire ? Comment puis-je m’y prendre pour avoir une chance de garder l’appartement ? une cohabitation pendant encore des mois est au-dessus de mes forces, car je vois bien que c’est une manière pour lui de me surveiller et contrôler ce que je fais, sans compter qu’il ne fait pas le ménage - à moins que je lui le demande plusieurs fois et après s’est énervé - laisse les endroits qu’il utilise sales, oublie le fer à repasser allumé, etc (mais selon lui il a déjà fait de gros effort ). Je me sens très en insécurité, ainsi que pour mes animaux, et je refuse que cela vire en paranoïa. Que dois-je faire ? Je vous remercie infiniment d’avance si vous avez eu le courage de lire ma tartine jusqu’au bout…et un grand merci pour votre site sans lequel je n’aurais peut-être pas osé, par honte, parler de ma situation à mes proches.
Bonjour Lali,
Votre "tartine", comme vous dites, est un message clair et structuré qui explique très bien la situation que vous êtes en train de vivre ainsi que les questions que vous vous posez. Nous pensons que vous avez très bien fait de vous être mise à l'abri chez une amie, car il est important de vous protéger. Votre peur devant la violence psychologique et verbale de votre compagnon est une réalité à ne pas négliger. Par ailleurs, nous entendons aussi votre désarroi et votre appréhension à l'idée d'entreprendre des démarches concrètes.
Les insultes, la violence verbale, les manoeuvres d'intimidation et le bris d'objets vous appartenant constituent des délits et vous êtes en droit de porter plainte. La police ne vous dira certainement pas que ce sont " des broutilles" ni que vous "êtes folle". Vous dites n'avoir pas de preuve, mais votre parole vaut autant que la sienne ! Et puis, peut-être que vos voisin-e-s ou vos ami-e-s ont entendu-e-s certaines choses qui confirmeront vos dires.
Vous avez bien raison quand vous écrivez que rien ne pourrait justifier le comportement de votre ami et que vous ne méritez pas ce qui vous arrive.
Puisque vous avez consulté notre site, vous avez probablement lu les pages consacrées aux effets de la violence (physique mais aussi psychique) sur les personnes qui en sont victimes. Les "idées noires" et la "perte de l'estime de vous-même" que vous mentionnez en sont un exemple. Lorsque vous n'aurez plus été exposée aux propos dénigrants et aux explosions de colère, votre confiance en vous reviendra d'elle-même et vous retrouverez de l'assurance. Ce n'est qu'une question de temps. Vous donnez l'impression d'être une personne tout à fait capable, qui est raisonnable et lucide, qui sait s'engager, et qui ose se remettre en question pour avancer dans la vie. Bravo de tenir si bien vos engagements par rapport au "pacte" conclu, c'est super ! (Apparemment votre partenaire n'en est pas capable et préfère rejeter la faute sur vous ou sur les circonstances). Bravo également pour votre envie de régler la situation "de manière adulte et responsable", c'est tout à votre honneur.
Nous sommes content-e-s de savoir que c'est peut-être grâce à notre site que vous avez osé vous ouvrir à vos proches et à votre employeur sur vos difficultés actuelles. Voilà un premier pas de franchi, et il est de taille ! Vous avez désormais le soutien de plusieurs personnes, c'est très important. Maintenant, vous trouverez sûrement le courage d'en faire de même avec vos voisin-e-s. Ne craignez pas leur jugement. Il y a de fortes chances pour qu'ils soient, au contraire, en train de se faire du souci pour vous...
Quant à votre question au sujet du bail, nous pensons qu'il serait utile de faire appel à l'Asloca pour clarifier vos options. Faites-vous déjà partie de cette association ? Si non, inscrivez-vous et vous pourrez aussitôt faire appel à ses consultations juridiques spécialisées en matière de contrats de location. Cela en vaudrait la peine. Vous pourriez également demander à un-e avocat-e d'écrire une lettre à votre ami, puisqu'il ne contribue plus au paiement du loyer, lui suggérant de vous céder sa "part" de l'appartement pour que vous puissiez signer un nouveau bail à votre seul nom, mais nous pensons que le mieux serait d'abord d'avoir l'avis de l'Asloca.
A part ce soutien juridique et celui de votre famille, nous pensons qu'un soutien professionnel ne serait pas de trop pour vous en ce moment. Avez-vous déjà songé à consulter un service spécialisé pour pouvoir parler en toute confidentialité des diverses questions qui vous préoccupent ? A MalleyPrairie, par exemple, les entretiens sont gratuits et on connaît très bien la problématique de la violence de couple, sous toutes ses formes. Pourquoi ne pas fixer un rendez-vous dès maintenant ? Vous ne le regretteriez certainement pas. Tél. 021 620 76 76.
Nous vous souhaitons de garder votre détermination, continuez à vous protéger et à prendre soin de vous ! Qu'à l'avenir vos voeux se réalisent, avec jardin, animaux, sérénité et plein de joie dans le coeur. Bonne chance.
Bonjour, Merci de votre patience ! Notre réponse s'est fait attendre... Toutes nos excuses. La violence et le harcèlement sont...
Bonjour Folelli, Nous répondons avec retard à votre message. Veuillez nous en excuser. Nous avons parfois beaucoup de travail. Vous...
Bonjour Madame, Malgré que votre mari essaie de régler ses souffrances personnelles, celui-ci fait acte de violence psychologique envers vous....