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Questions et réponses

Je ne sais pas comment aider une amie qui vit toujours des menaces, des insultes et de la violence verbale après la séparation

Question
27 Janvier 2012 - old...

J' ai rencontré une fille victime de violences physique et verbale de la part de son ex-compagnon,suite à une agression physique avec un couteau il ce sont séparés cela fait environ 8 mois suite à cette agression elle n' a pas posé plainte par peur d’aggravé la situation. Depuis elle à peur pour elle et son enfant car la violence verbale n' a pas cessé, menace de mort sur sa personne et sur sa famille et graves insultes. J'aimerai lui venir en aide mais je ne sais pas trop comment m'y prendre !

Réponse
01-02-2012

Bonjour,

Nous constatons avec plaisir que de plus en plus de personnes souhaitent aider des femmes victimes de violence conjugale et demandent conseil. Ce souhait de venir en aide est déjà une attidue favorable, qui se différencie nettement des blâmes, jugements, culpabilisation et autres attitudes négatives auxquelles bien des personnes victimes se sont confrontées par le passé, et se confrontent encore trop souvent.

Votre accueil de sa situation, sans jugement, votre écoute et votre acceptation de son passé sont déjà un soutien important et nous vous encourageons vivement à garder cette attitude d'ouverture et de compréhension, qui représente une ressource précieuse pour votre amie.

Pour aller plus loin, nous vous conseillons de lire attentivement les contenus théoriques de notre site, afin de mieux comprendre le mécanisme de la violence et ses conséquences, les lois qui protègent les personnes victimes, leurs droits ainsi que les alternatives qui existent, ceci afin de pouvoir lui transmettre ensuite les informations que vous aurez recueillies.

Dans la situation que vous décrivez, votre amie pourrait effectivement encore porter plainte pour les menaces de mort, les insultes ainsi que l'agression au couteau subie dans le passé, car les actes de violence dans le cadre du couple sont poursuivis d'office depuis 2004. Cela signifie entre autre que le délai pour porter plainte n'est plus de 3 mois comme précédemment mais de plusieurs années. Vous pouvez donner l'information à votre amie que l'intervention de la police et de la justice ont pour effet de calmer les hommes qui utilisent la violence, dans la grande majorité des cas. Et si les menaces continuent après une première plainte, d'autes plaintes sont possibles, les faits sont alors considérés comme récidive et donc pris en compte plus sévérement par la justice.

La peur de votre amie d'aggraver la situation doit également être prise au sérieux, car il est vrai que l'intervention de la police et de la justice ne suffisent pas toujours à calmer le jeu, qu'il faut parfois plusieurs interventions avant qu'une sanction efficace soit prononcée par la justice. Les menaces et le danger peuvent durer longtemps avant qu'une obligation de traitement soit ordonnée à l'auteur des violences ou qu'une peine lui fasse réaliser les conséquences de ses actes. Il est donc nécessaire que votre amie puisse se protéger pendant tout ce temps, ainsi que son enfant.

Pour réfléchir à des scénarios de protection utiles à mettre en place, pour elle pour son enfant, votre amie aurait grand avantage à parler de sa situation particulière à des professionnel-le-s compétent-e-s en matière de violence conjugale. Proposez-lui de demander une consultation (gratuite et confidentielle) à l'un des services appropriés de son canton de domicile. S'il s'agit du canton de Vaud, elle peut demander de l'aide soit au Centre LAVI, soit au Centre d'Accueil MalleyPrairie. S'il s'agit d'un autre canton, vous obtiendrez la liste des services dans le chapitre Ressources de notre site.

Elle peut également faire appel au Service de Protection de la Jeunesse pour parler de sa peur concernant son enfant et pour voir comment elle peut être aidée de ce côté aussi, surtout si l'auteur des violences est le père de son enfant.

Aider efficacement une femme victime de violence, c'est l'écouter et chercher à comprendre la complexité de sa situation plutôt que lui dire que faire, c'est lui donner les bonnes informations et adresses sans la pousser trop vite à agir, c'est l'encourager à se protéger et à protéger son ou ses enfants, sans le faire à sa place, c'est être disponible quand elle a besoin sans la réduire à la problématique de violence qu'elle subit. Si votre attitude va dans ce sens, vous êtes sans aucun doute une ressource et un soutien très précieux pour votre amie qui, sans remplacer une aide professionnelle qui serait bienvenue, lui apporte la chaleur affective d'un proche qu'aucun soutien professionnel ne peut donner.

N'hésitez pas à nous recontacter pour d'autres questions, et bien sûr à proposer à votre amie de le faire directement.

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