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Questions et réponses

Puis-je le dénoncer pour violence psychologique et l'obliger à quitter la maison ?

Question
03 Décembre 2011 - old...

Bonjour je suis enceinte du deuxième enfant, le premier ayant un an ce mois. Le père vit avec nous. Depuis le début de notre relation il a commencé à me faire le vide autour, éloigner mes amis avec l'excuse qu'il s'agissait soit des relations passées, soit des dangers potentiels. Il a trouvé moyen de ne plus vouloir voir ma meilleure amie disant que elle ne lui plaisait pas et pour cela je n'ai pas pu la rendre marraine de mon ainé. La jalousie et le contrôl sont arrivé à prétendre d'avoir mes mots de passe de mail , skype, facebook et de copier mes messages sur son ordinateur pour le garder et me les sortir pour justifier ses crises de nerfs. La situation a empiré depuis la naissance du premier. Au delà de la jalousie, il y a le fait que chaque divergence, normale dans des couples, devient une raison pour exploser contre moi, menacer de quitter la maison, quitte à ne jamais le faire. Une fois il est parti pour revenir le jour d'après. Je suis au bout de nerfs, d'autant plus que c'est moi qui maintient la famille avec un travail à 150%. Lui il ne travial que 7 heures par semaine pour payer son essence et son téléphone. Je voudrais savoir s'il y a les termes pour le dénoncer pour violence psychologique et l'obliger à quitter la maison voir de m'approcher sans permission. Merci

Réponse
09-12-2011

Bonjour Polveriera,

Rien d'étonnant à ce que vous soyez à bout de nerfs. Vous portez toute la maisonnée sur vos épaules, vous êtes enceinte, et en plus votre partenaire vous harcèle. Voilà le moment venu de tirer la sonnette d'alarme et de crier STOP.

D'après ce que vous nous écrivez, vous n'êtes pas seulement victime de violence sur le plan psychologique, mais également économique (cliquez sur ces mots pour en savoir plus). Il est assez fréquent que la violence, de quelque type qu'elle soit, apparaisse ou s'intensifie au moment de la naissance d'un premier enfant, puis lors des grossesses successives. Vous faites bien de vous inquiéter de la situation et de penser à vous protéger. D'autant plus que les méfaits de la violence ne concernent pas que vous, votre petit garçon également est touché, de même que le bébé que vous portez : les enfants sont sensibles au climat de violence et de tension, et ils en souffrent bien plus que ce que l'on pense en général. En vous protégeant, vous les protégerez eux aussi.

Pour répondre à votre question, des mesures d'éloignement du domicile peuvent effectivement être ordonnées par le juge, et la police peut également expulser un partenaire violent. Mais ces mesures sont surtout prises en cas de violence physique et de mise en danger de la femme et des enfants. Pour ce qui est de la violence psychologique, elle est souvent plus difficile à prouver, mais vous pouvez porter plainte pour insultes, pour harcèlement, etc.

Nous vous conseillons vivement de vous adresser au centre LAVI (d'aide aux victimes) de votre canton, ou à un avocat, pour être conseillée sur les voies qui s'offrent à vous en fonction des éléments à disposition. Nous manquons quelque peu d'informations. Par exemple, le père a-t-il reconnu votre fils ? et l'enfant à naître ? Au nom de qui le bail de votre appartement est-il établi ? S'il est à votre nom, rien ne vous empêche de donner un ultimatum à votre partenaire, et si dans les délais donnés il ne contribue toujours pas aux frais du ménage, vous avez le droit de le mettre dehors et de faire changer les serrures. Si au contraire le bail est à son nom, vous pourriez vous en aller en le laissant se débrouiller avec les factures...

Il serait bon que vous puissiez avoir un soutien en ce moment. Le fait de consulter un centre spécialisé en matière de violence conjugale (sous toutes ses formes) pourrait certainement vous être utile : en discutant avec quelqu'un qui connaît bien la thématique et les lois, vous y verriez plus clair et vous seriez également soulagée. De plus, vous auriez la possibilité d'envisager une coupure, un temps de répit, loin des crises au quotidien, par exemple en choisissant d'aller habiter quelque temps ailleurs avec le petit pour pouvoir réfléchir tranquillement à la situation. Cela fait du bien de s'accorder une petite pause dans un endroit neutre avant de prendre d'autres décisions.

Nous pensons en particulier au centre de MalleyPrairie, où les consultations sont confidentielles et gratuites, de même que le séjour pendant un certain temps. N'hésitez pas à téléphoner pour un simple rendez-vous d'information. Vous y serez bien accueillie.

Nous espérons de tout coeur que vous trouverez bientôt une solution et que vous pourrez vivre plus tranquille, en gardant votre énergie pour vous-même et pour vos deux petits, le bébé et le "grand". Prenez bien soin de vous. Nos pensées vous accompagnent.

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