Chers Vous Tous et Toutes, J’ai trouvé dans les questions réponses un texte magnifiquement écrit et qui reflète en grande partie mes réflexions et mon vécu. Question posée par Jamy (GE, Femme, 48 ans) , le 01.12.2006 Sujet : Est-ce possible de se sortir de l'emprise? Cependant je me permets d’y apporter un complément (pardonnez-moi d’être longue) pour le resituer dans mon contexte de vie. Nous sommes mariés depuis un an et demi environ, nous nous connaissons depuis quatre ans. Nous nous sommes séparés il y deux ans pendant 9 mois. Il a 33 ans, moi 50. Il est africain d’origine, moi suisse. Nous n’avons pas d’enfants ensemble, et n’en n’aurons pas. J’ai deux filles d’un premier mariage et de son côté une fille et peut-être aussi un garçon « mais il n’en est pas sûr ». Les enfants ne vivent pas avec nous. Je vous écrits en ayant beaucoup de mal à faire des phrases convenables, car je me suis habituée à m’en tenir au fait, afin que ce que je dis ne se retourne pas contre moi. Et hier soir je n’ai pas réussi à éviter le piège. En décembre 2010, j’ai perdu mon papa. Deux semaines plus tard nous partions en afrique (lui, ma grande fille et moi-même) pour un voyage d’une durée d’un mois, prévu et organisé depuis près d’un an. Ce fut un voyage à la fois formidable et catastrophique. De par la personnalité de mon mari, j’ai vécu de grosses pressions et quelques situations conflictuelles. Je considère que j’ai fait preuve d’une grande adaptabilité et d’une grande souplesse. Quelques semaines après notre retour, j’ai demandé à mon mari s’il avait été satisfait de mon comportement en famille avec ses amis et en général. Il a mis un moment pour me répondre sans enthousiasme, que oui, ….. MAIS ! « sauf le jour ou tu es sortie en pyjama (un long shirt un peu court il est vrai) pour aller chercher de l’eau chaude dans la cour de la maison familiale. « Cela ne se fait pas, mais je ne t’ai rien dit car toi-même tu sais ce que tu fais. » Et c’est tout ! Je précise que c’était mon premier voyage en Afrique. Je précise également que contrairement à ce que pourraient laisser penser ce chapitre, mon mari est chrétien. Depuis que nous sommes rentrés quasiment plus rien ne va. Et donc hier soir nous tentions ou plutôt je tentais une conversation afin d’essayer de faire évoluer cette situation faite de bouderies de remarques déplaisantes vers quelque chose de plus détendu, lorsqu’il m’a fait remarquer que depuis notre retour, j’ai changé, beaucoup changé…je suis devenue egocentrique selon lui. Il a évoqué le décès de mon papa, la santé mentale de ma maman, me disant que ce sont des causes possible de mon changement, mais qu’il ne me comprenait plus. Comme si : je peux bien vivre mon deuil, mais sans que cela ne le dérange. Puis dans un moment de silence j’ai posé la question suivante : Pourrais tu m’expliquer pourquoi le soir du nouvel an, je me suis retrouvée seule avec ma fille dans la cuisine familiale (habituellement pleine de monde) à scruter la pendule et attendre minuit pour pouvoir embrasser ma fille et aller se coucher ? Ce soir là, mon mari s’est couché à 21heures, fatigué, puis petit à petit la maison s’est vidée chacun et chacune s’en allant faire la fête de son côté. Vers 23heures, nous étions seules, ma fille et moi. Je lui ai reproché de ne pas avoir reçu de vœux de bonne année, ni de sa part, ni de personne à l’exception de sa mère, le lendemain au matin. C’est alors qu’il s’est fâché et qu’il m’a dit et toi ??? Tu les as donnés les vœux ? Puis tout a été très vite, il a empoigné le téléphone et malgré l’heure tardive à appelé deux de ses frères en Afrique pour leur demander si c’était vrai, me faisant passer pour une menteuse et une médisante par devant cette famille qui nous a accueilli comme il se doit « à l’africaine ». Si je suis son raisonnement, il n’y a aucune contre indication à ce qu’il aille se coucher laissant le soin à qui le voudra bien de nous tenir compagnie le soir du nouvel an ! Est-ce égocentrique que de désirer au moins la présence de son mari, à défaut de faire la fête, le soir de St Sylvestre ? Nous nous sommes couchés, il a ronflé toute la nuit, moi j’ai ressassé mes soucis. Malgré cela À 04h15 je me suis levée pour le conduire à son travail, comme convenu. Il n’a pas le permis de conduire. C’est mon jour de congé. Il était « normal » il m’a parlé comme si de rien n’était, je ne suis pas parvenue à articuler un mot. Je suis égocentrique… Il est vrai que j’ai changé, j’ai mis en place des stratégies pour me protéger, mais comme il est bien mentionné dans les articles traitants des pervers narcissiques, ils ont toujours une longueur d’avance. ALORS QUOI ? Je le savais ainsi et je me suis mariée quand – même ! Je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même. Mes amies, ma famille sont au courant de son comportement, puisque nous avons rompus, une fois déjà je leur avais expliqué le pourquoi. Alors maintenant je me sents bien seule. Mes craintes, si je demande une séparation : Je ne connais pas la réaction de mon mari, et je la crains, la première fois le contexte était bien différent.je ne pourrai pas procéder de la même manière. À l’époque j’avais pris des précautions et je me sentais forte, il n’en est pas de même aujourd’hui, et ce que je lis dans les témoignages ne me rassure pas. Nous nous sommes mariés sous le régime de la séparation des biens, parce qu’il a des dettes. Jusqu’à cette année, Il n’a pratiquement pas cotisé de deuxième pilier. Moi j’ai perdu beaucoup au miens lors de mon premier divorce. À 64 ans mon deuxieme pilier ne me suffira pas. J’ai de petites économies bancaires. Vais-je devoir partager avec lui ? J’arrive au bout de ma vie active lui a encore du temps devant lui. Il a décroché un travail stable qui pourra s’il y reste lui donner une rente deuxième pilier acceptable. L’appartement est encore à mon nom, mais c’est un logement social et avec nos deux salaires nous n’y avons plus droit. Ou éventuellement avec une adaptation du loyer. Vais-je pouvoir le garder ? Et si le loyer s’adapte à la hausse, redescendra-t-il si je me retrouve à nouveau seule ? Les impôts vont plus que tripler, j’attends la taxation. En cas de divorce le juge tiendra-t-il compte de tout cela ? Je ne peux blâmer mon mari, je me suis mise toute seule dans cette situation. Je n’avais qu’à pas me marier. C’est ce que je ne veux pas entendre de la bouche de mes amies, puisque je le sais déjà. J’ai répondu à votre questionnaire et la grande majorité des réponses est : non. Parce qu’un pervers narcissique c’est beaucoup plus fin que cela, extrêmement intelligent. Mais cela vous le savez déjà. Prenez votre temps pour me répondre, il y a des personnes tellement plus en danger vital que moi. Avec mes remerciements et une infinie reconnaissance .
Bonjour Lisa,
Nous avons pris comme vous le proposiez beaucoup de temps à apporter une réponse à votre demande. Nous nous en excusons. Il fallait aussi que nous étudions correctement votre demande. Nous comprenons combien votre situation est douloureuse. Nous n'avons pas de solutions miraculeuses à vous souffler. Vous dire que vous n'auriez pas du vous marier est un raccourci que nous n'utiliserons pas.
Le couple est une entreprise difficile et votre situation est encore complexifiée par la différence de culture. Avez vous déjà expliqué à votre mari combien vous souffrez de ce que vous vivez. Dans pareils circonstances il est souvent tentant de faire des reproches à l'autre qui en général n'amènent que des justifications et le retour par d'autres reproches. Parlez de vos sentiments. Le "je" est plus constructif. Une consultation conjugale pourrait peut être vous aider à mieux dialoguer. Nous ne comprenons pas si vous désirez vous séparer ou si cela est juste envisagé. Vous parlez de craintes en cas de séparation, quelles sont les craintes évoquées. Vous pouvez bénéficiez d'une protection si vous pensez que vous allez être victime de violences conjugales.
Nous comprenons vos inquiétudes et les questions que vous vous posez par rapport à vos droits en cas de divorce. C'est important de se poser ces questions pour pouvoir prendre la décision qui vous conviendra le mieux. Sachez qu'en cas de divorce votre deuxième pilier sera divisé par deux tout comme celui de votre époux. C'est une loi et nul ne peut y déroger. En ce qui concerne votre logement, si vous êtes divorcée ou séparée officiellement, ce seront vos revenus qui seront pris en compte pour détérminer le montant du loyer et son attribution.
Il vous sera également possible de demander, sous condition de revenus, une aide financière appelée assistante dans auprès du Service social de votre quartier ou district.
Il nous semble important que vous soyez épaulée par des professionnel-le-s. Ce soutien pourrait être utile dans cette période où les épreuves que vous vivez vous empêchent peut être de mettre des priorités. Ces spécialistes pourra sûrement vous aider dans votre positionnement.
Pour plus d'informations sur vos droits, vous pouvez prendre contact avec le Bureau information femmes (BIF). Pour pouvoir parler de la violence que vous vivez, il est possible de demander un rendez-vous gratuit auprès du Centre MalleyPrairie qui reçoit des femmes victimes de violence conjugale. Ces intervenante-e-s pourront également vous donner les coordonnées d'autres professionel-le-s en fonction de vos besoins et de vos projets.
Nous vous souhaitons le meilleur et vous adressons nos meilleures salutations
Bonjour, Vous avez peut-être écrit votre message "sous l'emprise de l'émotion", mais il est très clair ! Et vous nous...
Bonjour Madame, Vous nous écrivez car depuis dix ans, vous assumez seule les frais relatifs à vos enfants communs avec...
Bonjour, Nous te félicitions de nous avoir écrit, demander de l'aide lorsqu'une relation nous fait souffrir demande du courage. Nous avons peu...