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Questions et réponses

Mon mari est dépressif. Je ne supporte plus ses sautes d'humeur. Je suis à bout.

Question
13 Octobre 2010 - old...

Bonsoir, Je suis maman au foyer, j'ai une fille de 7 ans. Mon mari a été victime de mobing dans son travail. Les agressions verbales ont commencé, il y a de ça 3 ans. Ne pouvant plus supporter cette situation, j'ai interpellé notre médecin de famille qui m'a demandé de prétexté qu'il devait faire un bilan de santé. Mon mari est allé le consulter. Le médecin a décelé une petite dépression. Depuis un an, il est suivit par un psychiatre. Quelques temps plus tard, il a eu des sauts d'humeurs vis-à-vis d'une personne qui roulait trop vite dans notre quartier alors qu'il était piéton. Ce qui a suivi par des insultes, puis un coup de pied dans la portière de la voiture. La personne n'a pas porté plainte. Quelques mois plus tard, lors d'un séjour à la montagne, mon mari au volant de notre voiture. Une femme roulant un peu trop vite et trop près lors d'un croisement a explosé son rétroviseur. Violents éclats de voix avec cette dame, puis coup de pied dans les fesses de cette dernière. Elle n'a pas porté plainte car je lui ai expliqué qu'il était dépressif. Elle m'a répondu: Alors je vous souhaite bonne chance et beaucoup de courage. Depuis ce jour, je lui ai interdit de prendre la voiture. Ce qu'il a accepté de faire. Quelques semaine plus tard, à la sortie du bus pour prendre son train, une jeune femme lui a marché sur le pied. Insultes de la part de cette dernière. Puis un homme a mis mon mari à terre, en lui faisant une prise. Résultat: pied cassé. Il a porté plainte à la police. Sans résultat. Quelques mois plus tard, dans le sous voies, alors qu'il n'avait plus de béquilles. Lors d'une bousculade, un homme a poussé mon mari contre le mur et lui a dit dans le genre: Si tu fermes pas ta gueule, je t'envoie à l'hôpital. Résultat: nez cassé, petite commotion cérébrale et très secoué. Il a porté plaine à la police. Sans résultat car les vidéos surveillances avaient été effacé. Deux semaines plus tard, mon mari a été agressé par 3 jeunes Rome dans le train. Une des deux jeunes filles Rome s'est installée en face de mon mari en écoutant de la musique un peu trop fort pour ce dernier. Elle n'a pas baissé le son, mais l'a augmenté. Suite à ça mon mari a pris son journal et lui a tapé sur la tête. Les coups des Rome sont tombés sur mon mari. Des témoins sont intervenus, mais ils n'avaient pas compris la situation car ils ont protégé les jeunes. Résultats nombreux hématomes au visage et égratignures un peu partout. Il a porté plainte à la police. Une semaine après, ils a revu les jeunes Rome et m'a téléphoné parce qu'il ne savait pas comment réagir. Je lui ai donné le numéro de la police. Ces deriers sont venus les arrêter (2 sur 3, la 3e a pu descendre ) à l'arrêt où mon mari descend. Mon mari était pas bien. Le lendemain, j'ai contacté LAVI pour me renseigner pour savoir ce qu'ils pouvaient faire pour l'aider. Ils m'ont donné des informations qui étaient exactement ce que mon mari avait besoin. Mais là où est mon problème. C'est que pendant tout ce temps, mon mari avait l'impression que je ne le soutenait pas, que je ne le comprenais pas et qu'il ne pouvait pas compter sur moi, qu'il devait tout faire. Alors que justement j'ai tout fait pour l'aider à aller mieux, j'ai essayé de trouver des solutions, j'ai supporter sa mauvaise humeur, ces agressions verbales continuelles. Je m'interpose (en me mettant en danger!)quand je vois qu'il devient agressif. Ce qui m'a valu la dernière fois, une gifle et un coup de pied, que j'ai esquivé. Je redoute chaque soir le moment où il rentre du travail et je ne sais jamais de quelle humeur il sera. Chaque fois que j'ai envie d'aller au cinéma avec ma soeur, il me fait des histoires comme quoi il doit s'occuper de notre fille. Tout ce que j'entreprends c'est jamais assez bien. Je ne dois pas m'habiller avec des habits trop voyant, comme ceci ou comme cela. Je dois toujours dire où je vais et quand je rentre. Il y a quelques semaines, j'étais pas bien et j'avais besoin de réconfort. J'ai essayé de le demander à mon mari et il m'a répondu: Je ne peux pas, parce que je dois me protéger! Je ne suis pas bien et j'ai besoin qu'il me prenne dans ces bras et lui doit se protéger? J'ai plus supporter la situation, j'ai embrassé ma fille et je suis partie chez ma soeur. Pendant 3 h je suis restée chez elle. Une amie lui a téléphoné pour essayer de lui expliquer la situation, il n'a rien compris. Ma mère est venue avec moi pour me raccompagner et essayer de faire comprendre la situation à mon mari, mais rien à faire. C'est pas lui, c'est moi! Ma fille subit aussi ces sauts d'humeur. Quand elle fait une bêtise avec moi, elle me fait promettre de ne pas en parler à son papa. Comme je devais aller faire une consultation chez mon médecin, je lui ai parlé de ma situation. Il a constaté que je faisais une petite dépression, mais que c'est inutile que j'aille aussi voir un psychiatre (heureusement!). Maintenant, mon mari a trouvé une nouvelle parade, il fait du chantage affectif, comme par exemple si tu regardes cette émission je ne t'embrasse pas. Déjà que je n'ai pas beaucoup de gestes d'affection de sa part. Je sais que je ne suis pas folle et que ce que je vis est bien réal, mais je n'ai plus envie de vivre une telle situation. J'ai envie de paix et de sérénité. Là j'ai envie de penser à ma fille et à moi. J'ai aussi envie que mon mari redevienne l'homme aimant d'avant. Mais je ne sais pas quoi faire. Pouvez-vous me conseiller, s'il vous plait.

Réponse
22-10-2010

Bonjour Féeclochette,

Votre baguette magique est en panne, vous ne savez plus que faire pour vous sortir d'une situation dont nous entendons bien qu'elle est devenue intenable au fil du temps.

Lorsque quelqu'un fait une dépression, comme votre mari, c'est très déstabilisant pour les proches, et surtout pour le ou la partenaire, qui est rudement mis-e à l'épreuve. Le mobbing en particulier peut avoir des répercussions lourdes sur le couple. Jusqu'ici vous avez fait tout ce que vous avez pu pour aider votre mari, vous avez été pleine de compréhension, de patience, vous l'avez défendu, protégé et soutenu. Ce doit être très dur pour vous de constater qu'il ne semble même pas s'en rendre compte, et de voir que vos efforts ne sont pas reconnus.
Vous aussi, vous avez besoin de soutien, et puisqu'il n'est pas disposé (ou capable) pour l'instant de répondre à cette attente, nous pensons que vous feriez bien de vous organiser dans ce sens et de chercher ailleurs l'aide et le réconfort qui vous manquent. Vous avez maintenant atteint vos limites, le moment est venu de vous occuper de vous. Il serait bon que vous puissiez être entendue, et soutenue, de manière suivie.

Les trois possibilités qui nous viennent à l'esprit sont d'une part le centre de Solidarité femmes à Neuchâtel, où vous pourriez bénéficier d'entretiens (confidentiels et gratuits) sur rendez-vous. Tél. 032   968 60 10. Il se trouve à La Chaux-de-Fonds, mais une antenne est ouverte à Neuchâtel le lundi matin et le vendredi matin. Là, vous pourriez discuter plus en détail, et de vive voix, des options qui s'offrent à vous pour vous protéger. D'autre part, vous pouvez également vous adresser au centre neuchâtelois de psychiatrie ambulatoire, pour voir ce qu'on pourrait vous y proposer comme soutien jusqu'à ce que votre mari aille mieux. Et enfin, votre médecin serait également en mesure de vous donner une ordonnance pour une thérapie de soutien chez un psychologue FSP ou chez un psychiatre, ce qui serait pris en charge par la caisse-maladie.

Par ailleurs, avez-vous déjà songé à vous éloigner quelque temps ? Nous pensons que cela vous serait très profitable de mettre un peu de distance entre vous et les demandes excessives de votre mari, et surtout ses sautes d'humeur. Vous serait-il possible de passer quelques semaines chez votre soeur, ou votre mère, ou ailleurs ? Ou "en convalescence" quelque part ? Votre médecin pourrait-il vous aider sur ce point ? Quelles solutions pourraient-elles être trouvées pour votre petite fille pendant ce temps ? Avec vous ? Ailleurs ?
Voilà un thème que nous vous encourageons vivement à aborder avec Solidarité femmes, si vous vous adressez à elles. Vous avez "envie de paix et de sérénité", c'est tout à fait réalisable ! Elles pourront certainement vous être d'un grand secours. N'hésitez pas à les appeler.

Quant à votre envie de voir votre mari redevenir "l'homme aimant d'avant", nous sommes d'avis que pour retrouver le dialogue avec lui, puisque ni vous, ni la famille, ni les proches n'ont réussi à lui faire entendre votre besoin de tendresse et d'appui, il faudrait tenter la chose avec l'aide de tiers spécialistes en la matière. Nous pensons par exemple à des consultations pour couple. Serait-ce envisageable pour vous ? Et pour lui ?

Nous espérons que ces quelques pistes de réflexions vous seront utiles. Et, surtout, nous espérons de tout coeur que vous saurez prendre soin de vous. Vous le méritez pleinement ! Nos pensées vous accompagnent. Courage.
 

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