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Questions et réponses

Je suis décidée à quitter mon conjoint violent mais j'ai peur de craquer car il se montre plein de sagesse maintenant

Question
24 Août 2009 - old...

Merci pour tout le soutien que vous m'avez apporté. Depuis, de nouvels épisodes se sont produits. J'ai beaucoup réfléchi.Je suis allée voir une psychologue du planning familial, une autre du centre lavi.ça m'a fait du bien de tout raconter. j'ai même pleuré.En fait, c'est quand ces psychologues m'ont affirmé que ce que je vivais était bien de la violence conjugale que quelque chose s'est produit en moi.Je me suis dit que je n'avais pas encore d'enfants, que je n'étais pas encore mariée et donc que je pouvais encore tout changer.Alors que plus tard, il serait sans doute trop tard.Elles m'ont suggéré d'entreprendre une thérapie de couple et la seconde solution était de quitter mon conjoint.Très sincèrement, je n'ai plus la force pour une thérapie de couple.J'ai tant donné dans cette relation. Mais après chaque espoir, il y eut la désillusion.Et pourtant, dieu sait à quel point je tiens toujours à mon compagnon.Mais j'ai perdu beaucoup de poids, j'ai trop versé de larmes, et j'ai aujourd'hui besoin de réaliser mes rêves, même si je me plante (il a toujours décidé de tout), d'être au près des miens (j'étais de plus en plus loin). Je dois aujourd'hui faire un choix. Et j'ai décidé de ne plus vivre dans la peur mais de vivre pour moi.Je ne veux plus trembler, en pensant à la réaction qu'il pourrait avoir si je tiens tel ou tel propos. Je ne veux plus me sentir coupable au quotidien. Et pourtant je l'ai aimé.Je ne veux plus qu'il décide de tout. je veux respirer, voir le soleil, avoir le droit de vivre, écouter mon corps et me respecter moi-même. Pour moi, si je restais avec lui, cela signifierait que je serais son objet. Il penserait pour moi, me punirait pour un avis divergent.J'ai décidé de le quitter. Il le sait.De toute façon, même si j'en pleure encore, je me rends compte à quel pont j'étais déjà seule et dans ma bulle lorsque nous étions ensemble. Et j'ai compris qu'il a créé en moi des blessures telles, que parfois elles ressurgissent comme un flash -back. Quelque chose en moi est mort et une petite voix me crie qu'il est encore temps de me reconstruire.Il se peut que je sois trop sensible mais son chantage au suicide, après qu'il ait eu des gestes, sa dernière gifle, son dernier coup de pied injustifiés, m'ont laissé de glace. Rien n'était justifié.Et j'ai enfin compris qu'il était violent;à cause de quoi, et pourquoi, je pourrais lui trouver des excuses. Mais à mon goût, il ya bien longtemps qu'il a perdu le respect pour moi. Et qui se préocuppe de moi, si le soit-disant bien aimé se comporte ainsi? Je ne veux plus me détruire. C'est fini.J'ai décidé de me tenir à ma décision, car à force de vivre dans une telle atmosphère, je ne me rendais plus compte de ce que je vivais. Je minimisais tout, et prenais trop sur moi.Dans mon cas, c'était des actes de violence épisodiques, et j'étais tant à plat que je ne me rendais même plus compte de la gravité de la situation que je vivais.Qu'en pensez-vous? Nous ne sommes plus ensemble mais vivons encore sous le même toit jusqu'à échéance du bail. Nous ne nous voyons presque plus.Mais ces derniers temps il fait preuve d'une telle sagesse que j'ai parfois peur de retomber sous son emprise. Il m'appelle pour me dire que je lui manque.Moi je reste de glace mais en solitaire pleure beaucoup. Mais j'ai des personnes qui m'entourent pour soutenir ma décision.J'ai juste peur une fois l'avoir quitté de retourner en courant à ses côtés. Merci de m'éclairer.

Réponse
03-09-2009

 

Bonjour Madame,
 
Tout d’abord merci votre message grâce auquel vous nous faites partager votre réflexion, votre expérience ainsi que votre progression. Nous vous félicitons pour ces remarques si pertinentes. Vous précisez que vous voulez vivre vos rêves, comme vous avez raison ! Prendre soin de vous, vivre pour vous, sans peurs, sans souffrances sont bien là des éléments essentiels pour un projet de vie. Et cette petite voix qui vous dit qu’il est encore temps de vous reconstruire, elle a tellement raison !
 
Nous pensons effectivement, comme vous que les violences que vous avez subi ont atteint la santé et le moral en profondeur et durablement et ont contribué à cette grosse fatigue anesthésiante. Oui, vous avez vécu de la violence conjugale, cela même sans pour autant vous rendre compte que c’était une situation anormale et injuste, que vous n’étiez ni coupable et ni responsable. Et vous avez raison à 100% dans vos décisions.
 
Pourtant, il reste un souci, c’est que vous êtes encore sous le même toit, en attendant la séparation définitive et votre conjoint vous fait les yeux doux, il se montre sous son meilleur angle, plein de sagesse.
 
Et si vous demandiez conseil à votre petite voix,  que vous dirait-elle ?         Pouvez-vous analyser l’origine de ces pleurs en solitaire dont vous parlez ?  Ces émotions sont peut-être le résultat d’une certaine culpabilité que reste un peu en vous, votre ami sait la raviver, éveiller en vous cette pitié qui pourrait le sauver…Ces pleurs sont peut-être aussi le résultat d’une bagarre intérieur liée à l’ambivalence de vos sentiments. Vous avez peur de craquer et vous savez que vous ne devez pas craquer, c’est très difficile.
 
Vous pourriez vous faire par écrit un contrat avec vous-même. Qui va dans le sens de la formidable réflexion que vous nous avez décrite.
Vous pouvez également demander l’aide et le soutien de votre psychologue.  
 
 
Nous espérons ainsi que nous aurons pu apporter l’éclairage que vous souhaitiez.
N’hésitez pas à nous contacter. nous répondrons volontiers à vos questions,
 
Avec nos meilleures salutations.

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