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Questions et réponses

Comment protéger un enfant d'un risque d'enlèvement par son père ?

Question
21 Mai 2009 - old...

Bonjour, comme le dit si bien votre site @, je connais une personne qui subit un "violence" psychologique. Il est toujours difficile de l'extérieur d'empiéter sur les relations d'autrui. > Cette femme de nationalité Suisse est mariée à un guinéen de Conakry (non Suisse). Elle a un enfant né en suisse qui a 4 ans et demi. Depuis le début de leur relation "le je t'aime moi non plus" est d 'actualité, une fois je vais divorcer, une fois je l'aime. Ces derniers temps le petit est un vrai zombi, c'est le pourquoi de ce mail. Les relations entre adultes ne regardent qu'eux mais malheureusement comme très souvent le petit est au milieu. Sa mère dit qu'elle le craint par moment avant de se rétracter et de "l'admirer et le vanter", elle a même donné à ses parents les papiers du petit de peur qu'il ne l'enlève.... On ne sait pas exactement ce que lui fait dans la vie, il est toujours très évasif et change de discussion les quelques fois que nous l'avons vu. Cet homme est très imprégné dans la religion musulmane, il dit que la femme doit tout faire et que les grands parents doivent garder le petit. Seule chose bénéfique car ses > grands parents lui amènent un cadre plus stable que chez lui. Le petit préfère aller chez ses grands parents plutôt qu'avec son père. Il pleure même si on lui dit qu'il doit rester avec son père. Le petit est rarement couché tôt, et quand son père rentre il le réveille (en général à 23 heures). Maintenant il le réveille le matin à 6 heures on ne sait trop pourquoi, son père ne "travaillant pas" le laisse partir seul à 4,5 ans à l'école .... voilà en quelques lignes la situation que subit le petit, l'état du petit est assez préoccupante, il présente des tics voire des tocs pour se sécuriser (par exemple il peut rester des heures des heures à fermer une porte, d'après un psy qu'il a vu, c'est un geste sécure mais ces derniers temps le petit a peur de partir en Afrique et c'est la raison de ce mail. Il dit qu'il ne veut pas partir... > > > 1. Est-il possible que le petit soit naturalisé Guinéen à l'insu de la mère ? > 2. Que peut-on faire pour prévenir un tel acte (enlèvement. Même si pour le moment cela reste hypothétique. > Tout ceci peut paraître absurde mais ces histoires de partir reviennent de plus en plus, le petit en parle de plus en plus.......La mère ne veut pas qu'il aille là-bas mais comme beaucoup de personnes dans sa situation, elle ne fait rien pour prévenir alors qu'elle dit bien qu'elle ne lui fait pas confiance. > > Merci de l'intérêt que vous portez à ce mail > > Avec mes meilleures salutations > > M. J.D. >jean.damis@yahoo.fr > PS : les histoires d'adultes ne m'intéressent pas mais c'est la santé du petit qui me préoccupe, hier il n'arrivait presque pas à parler tellement qu'il était fatigué, et il a toujours une peur >

Réponse
25-05-2009

Bonjour,

La situation que vous décrivez est effectivement préoccupante et nous comprenons tout à fait votre inquiétude pour l'enfant de 4.5 ans. Celui-ci montre des signes évidents de mal-être et semble subir des comportements inadéquats de la part de sont père, comme être réveillé très tard ou très tôt. Vous parlez de violence psychologique de la part de Monsieur contre Madame et on peut inclure l'enfant dans les conséquences pour la santé de ces violences, qu'il subit de toute façon indirectement, voire directement également.

Vous nous demandez en premier lieu si c'est possible que l'enfant soit naturalisé dans le pays d'origine de son père, sans l'accord de sa mère. Nous ne connaissons pas les lois de ce pays mais nous imaginons que c'est possible et nous savons surtout que c'est très difficile de pouvoir obtenir la garde d'un enfant en cas de séparation si celui-ci est à l'étranger et que les lois du pays sont en faveur du père. Prévenir vaut beaucoup mieux que guérir dans ce genre de cas. Cela signifie concrètement qu'en cas de risque d'enlèvement, il vaudrait beaucoup mieux pour cet enfant qu'il ne parte pas avec son père en Afrique car une fois sur place, ce seront les lois de ce pays qui primeront.

Vous pourrez sans doute obtenir des informations utiles au Service social international à Genève, qui peut se mettre en relation avec les services sociaux de nombreux pays et qui pourra vous renseigner si des conventions existent entre la Suisse et le pays en question en matière de séparation, divorce, garde des enfants, enlèvement, etc. Ce service a une longue expérience dans le domaine des droits des enfants et notamment des enlèvements de ceux-ci par l'un ou l'autre des parents. Ils vous donnera sûrement de nombreuses informations importantes autant en matière de prévention que de gestion d'un enlèvement avéré.

Votre deuxième question parle justement de prévention, et nous abondons dans votre sens, à savoir de réfléchir à quels moyens de prévention pourraient être mis en place pour éviter un enlèvement et des difficultés énormes ensuite pour retrouver ou récupérer la garde de l'enfant. A ce titre, si la mère refuse d'agir, nous vous recommandons de signaler la situation au Service de Protection des Mineurs de Genève (SPMI), afin qu'ils puissent évaluer la situation, le danger d'enlèvement mais également de maltraitance ou négligence. Il nous semble que les signes que vous décrivez sont suffisamment alarmants pour que votre signalement soit pris au sérieux par les professionnels concernés, en charge du bien-être et de la protection des enfants.Un signalement au SPMI ne peut par contre se faire de façon anonyme, vous devrez dire qui vous êtes et quel lien vous avez avec cette famille. Un signalement conjoint des grands-parents ou de toute autre personne de l'entourage de cet enfant serait précieux pour appuyer le vôtre, surtout si la mère conteste les éléments que vous apportez. Vous parler de psychologue ou psychiatre qui aurait vu l'enfant, peut-être pourrait-il aussi appuyer vos constatations.

Par rapport à la mère et aux comportements ambivalents que vous décrivez, il nous semble important de souligner que c'est une situation fréquente et normale dans les situations de violence conjugale et que cette dernière aurait aussi besoin de soutien. Elle est probablement partagée entre l'espoir (celui-ci est fréquemment nourri par des promesses de changement ou autres du partenaire en cas de violence conjugale), et la peur. L'ambivalence des sentiments est compréhensive si l'on tente de se mettre à la place des victimes qui font face à des changements de comportement fréquents de la part de l'auteur des violences. Elle veulent y croire encore, parce que l'intensité des liens affectifs n'est pas détruite par la violence, et parce que l'espoir et les bons moments peuvent recouvrir la peur et la colère. Si vous lisez le chapitre traitant du cycle de la violence du site, vous verrez que cette ambivalence fait partie du processus.

En tenant compte de ces éléments, vous pourriez tenter d'aborder ce sujet avec la mère de l'enfant, en l'informant clairement que l'auteur de violence est seul responsable de ses actes et donc de ses comportements violents (menaces d'enlèvement par exemple). Vous pourriez l'informer que des services spécialisés existent, pour l'aider à voir plus clair dans cette situation difficile et pour envisager des alternatives à des comportements qui entraînent des souffrances psychiques importantes, non seulement sur elle mais aussi sur son enfant. Vous pourriez également lui dire qu'en tant que parents, ils sont tous les deux co-responsables de la protection de leur enfant, et l'encourager à mettre en place des mesures de protection pour son fils, non seulement par rapport à un risque d'enlèvement mais également par rapport aux négligences, voire maltraitances qu'il subit déjà. Vous pourriez enfin l'informer que le bien-être de son enfant vous préoccupe et que vous êtes décidé à informer le SPMI si elle n'entreprend pas elle-même quelque chose dans ce sens. La sensibiliser à son rôle de mère et de protection peut être utile pour l'aider à différencier la relation conjugale, qui comme vous le dites très justement est une affaire d'adultes, de la relation parentale pour laquelle elle a des responsabilités.

Nous vous conseillons donc d'une part de commencer à rassembler par écrit les éléments inquiétants au sujet de cet enfant et à documenter au mieux ce résumé de situation, pour être prêt le cas échéant à transmettre ces informations au SPMI, et d'autre part d'aborder clairment le sujet de la violence et de ses conséquences avec Madame. Et nous vous encourageons à poursuivre dans la voie que vous avez prise de vous préoccuper de cette situation alarmante et d'agir. 

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