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Questions et réponses

En fin de grossesse, je songe à me séparer, ai-je le droit de priver mes enfants de leur papa ?

Question
15 Février 2008 - old...

Je suis enceinte de mon deuxième garçon attendu dans deux semaines. J’ai eu la chance de vivre une grossesse très facile d’un point de vue physique mais je suis totalement détruite psychologiquement. Le problème à la base est la grossesse-même. Il s’est agit d’une grossesse non planifiée due à un oubli de pilule de ma part et bien que mon mari a initialement bien pris la nouvelle, il m’en a rapidement voulu mortellement. Entre les humiliations à chaque fois que l’occasion se présente de faire savoir publiquement que je lui impose une nouvelle grossesse et les commentaires blessants en tête-à-tête j’arrive à la fin de ma grossesse totalement abattue. Si par malheur je me plains d’un mal quelconque (contractions, douleurs au dos) il m’ignore ou me dit froidement « qu’est-ce que tu veux que j’y fasse » ; à Noël il m’a demandé un avortement comme cadeau, il m’a plusieurs fois « souhaité » un accouchement très difficile pour que l’envie de tomber enceinte me passe définitivement. Il y a quelques jours j'ai dû me rendre aux urgences et sa seule réaction était "fais c**, je voulais justement me reposer". J’ai vécu cette grossesse dans la plus grande solitude, je me suis rendue seule à toutes les visites chez le gynécologue, j’ai peint moi-même la chambre de mon bébé, j’ai dû demander à des amis de m’aider à monter les meubles et à faire tout ce que normalement un père fait pour son futur enfant. L’accouchement est maintenant imminent et je ressens un immense vide. Je n’ai plus la force de me battre alors que je dois être forte pour mon petit, pour le protéger et l’aimer. J’ai peur qu’il soit marqué par cette grossesse traumatisante, que mon mari l’ignore et soit incapable de l’aimer. J’ai surtout peur de l’avenir, que deviendrais-je avec mes deux bonhommes (mon grand garçon n’a actuellement que 20 mois) si je prends mon courage à deux mains et quitte leur père. Ai-je le droit de les priver de leur papa ? Je suis moi-même une enfant de divorcés et j’aurais tellement souhaité que mes propres enfants aient une vraie famille. Nous habitons dans mon appartement mais mon mari m'a déjà clairement fait savoir que si un jour je souhaite le quitter je n'aurai qu'à partir moi-même et que jamais il ne partira. Je suis au bout du rouleau et crains que ma dépression actuelle devienne insurmontable une fois que mon bébé sera là. Mes deux garçons ont besoin de moi! A qui puis-je demander de l’aide ?

Réponse
20-02-2008

Bonjour Madame,
 
Nous comprenons votre désarroi  à la fin de cette grossesse que votre mari n’accepte vraiment pas.  Il vous inflige des humiliations et ne vous soutient pas dans votre état. Nous comprenons que vous vous sentiez totalement détruite psychologiquement.
 
Vous décrivez le problème de base comme étant la grossesse elle-même. En fait, le problème c’est le comportement de votre mari face à vous, face à cette grossesse, face à son futur enfant. Il vous maltraite psychologiquement, il ne vous respecte pas, il ne vous soutient pas. La grossesse n’est-elle pas un élément révélateur de la violence potentielle de votre mari. Le fait d’avoir une grossesse non planifiée, vous dites d’ailleurs qu’il s’agit d’un oubli de la pilule de votre part, ne devrait pas légitimer le comportement de votre mari. En principe, il faut être deux pour faire un enfant, chacun y a sa responsabilité.
 
Vous avez peur que l’enfant soit marqué par cette grossesse, nous vous conseillons d’en parler avec votre gynécologue, avec les sages-femmes qui prendront soin de vous et de votre bébé. Il est important que vous puissiez garder des forces, effectivement, pour l’avenir, afin d’entourer vos enfants, de leur fournir les soins nécessaires à leur développement.  Nous vous conseillons de demander de l’aide auprès  de personnes spécialisées dans le domaine de la grossesse ou de vous adresser à un-e psychothérapeute pour vous préservez d’une détérioration de votre état de santé.
  
Vous dites que vous avez surtout peur de l’avenir, d’autant plus en songeant à une séparation. Vous demandez si vous avez le droit de priver vos enfants de leur père.
En fait, si vous vous séparer de votre mari, ce n’est pas vous qui  priver les enfants de leur père, vous ne pouvez simplement pas envisager de vivre avec un homme qui arbore un tel comportement vis-à-vis de vous, vis-à-vis de ses enfants.
 
Nous comprenons que vous ayez rêvé d’une vraie famille pour vos enfants. Mais la famille comme elle se profile avec l’attitude de votre mari risque fort de ne pas correspondre à vos rêves. Vous n’êtes pas responsable des agissements de votre mari, par contre vous avez des responsabilités face à vos enfants.
 
Si vous vous décider à vous séparer, nous vous conseillons de faire des démarches officielles, afin que ce soit le juge qui détermine l’attribution de l’appartement, des pensions alimentaires, l’autorité parentale et les droits de visite.
 
Nous vous conseillons vivement de demander de l’aide dès que possible, notamment auprès de Solidarité Femmes Genève,  Tel : 022 797 10 10,
 
Ces personnes pourront vous aiguiller rapidement et professionnellement sur les aides possibles dans votre situation.

Nous vous adressons nos meilleurs voeux la fin de votre grossesse, pour votre accouchement et une merveilleuse rencontre avec votre fils. Nous vous souhaitons tout le courage et la force possible pour ce parcours.

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