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Questions et réponses

Avant je m'en prenais à moi-même, voilà que maintenant je m'en prends à lui. J'ai l'impression d'être un "monstre", que faire?

Question
01 Novembre 2007 - old...

Bonjour, d'un naturel un peu trop orgueilleuse à mon avis, je supporte très mal les critiques venant de mon compagnon et je deviens violente. Avant je m'en prenais à moi même, m'assenais des coups sur la tête ou me pinçais très fort; je pensais m'en être sortie mais voilà que maintenant je m'en prends à lui, aux meubles... J'ai l'impression d'être un monstre, j'ai peur d'avoir tout détruit, je voudrais tant faire marche arrière, que faire ?

Réponse
05-11-2007

Bonjour Madame,
 
Dans votre message, vous nous faites part du sentiment d’être devenue « un monstre », suite à l’escalade de votre violence. En effet, d’une violence d’abord dirigée contre vous, aujourd’hui vous la déployez sur des meubles et contre votre compagnon. Vous souhaiteriez mettre un terme à ces comportements et retrouver un équilibre dans votre couple.
 
Avant toute chose, avoir recours à la violence, si ce n’est en aucun cas acceptable ou justifiable, cela ne fait pas de vous « un monstre ». Il s’agit d’un débordement de vos émotions en réaction aux critiques de votre ami. Il convient de vous en occuper, de chercher à comprendre en quoi ses critiques vous touchent et ce qu’elles éveillent en vous comme émotions : de la colère, de la tristesse, de la culpabilité ou autres. Pouvez-vous en discuter avec lui, lui dire l’impact émotionnel qu’ont ses critiques à votre égard ? ou la communication est-elle bloquée ? Si des conflits occasionnels au sein du couple sont inévitables, communiquer autour de ce qu’ils suscitent est déjà un premier pas pour éviter qu’ils dégénèrent en violence.
 
Nous écrire ce témoignage montre que vous n’êtes pas insensible à votre situation, que vous vous préoccupez des conséquences de votre violence et souhaitez y mettre un terme. S’il en va de votre responsabilité, vous n’avez pas à être stigmatisée dans la violence. En effet, ce n’est pas une fatalité. En faisant appel à des ressources personnelles et extérieures, vous pouvez entrer dans un processus de changement et faire évoluer la situation de façon positive.
 
Vous vous décrivez « d’un naturel un peu trop orgueilleuse ». Mais vous ne parlez pas de la nature des critiques de votre compagnon, qui semblent être les seules auxquelles vous réagissiez si violemment. Dans la mesure où elles seraient répétées et insistantes, elles peuvent constituer une source de violence psychologique qui porte atteinte à la confiance en soi et à l’identité. Cette expostion à des critiques peut mener à des comportements disproportionnés qu'il importe de stopper en demandant de l'aide, comme vous êtes en train de le faire en nous écrivant.
 
Vous ne nous précisez pas si votre compagnon et vous êtes toujours ensemble, mais vous nous dites avoir peur « d’avoir tout détruit ». Si vous ne pouvez pas revenir en arrière, il vous est possible d’aller de l’avant en trouvant des alternatives à la violence. Reprendre du pouvoir sur vos émotions et vous reconstruire personnellement favorisera une meilleure relation au sein de votre couple ou dans une relation future. Pour aller dans ce sens, notre site propose des pistes pour éviter les crises et traiter le problème.
 
Ne sachant pas de quel pays vous nous écrivez, vous pouvez vous renseigner auprès d’un·e psychologue ou d’un centre médico-social d’urgence afin de connaître les associations et structures existantes pour auteur·e·s de violence conjugale. Vous trouverez également, ci-dessous, quelques associations de différents pays francophones auxquelles vous pouvez vous adresser :
 
Pour la Belgique :  Praxis
Rue Saint Laurent, 170A
4000 Liège
Tél. : 04 228 12 28
Fax. : 04 228 12 29
Courriel: praxis@swing.be
 
Pour le Québec :     Option
1150, St-Joseph Est, no 104
Montréal (Québec) H2J 1L5
Métro Laurier, sortie Boul. Saint-Joseph
Tél.: 514.527.1657 - Fax: 514.527.2088
 
Pour la France :     Association de lutte contre les violences
11 rue Taine, 75012 Paris
01 44 73 0127
 
Association Parenthèses à la violence
Belfort
03 84 54 06 03.
 
 
Nous vous souhaitons une bonne continuation dans vos démarches et restons à votre disposition pour d’éventuels compléments d’information.
 
Meilleurs messages.
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