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Questions et réponses

Je n'ai pas pour habitude de me laisser faire, peut-être suis-je violente avec les hommes ?

Question
28 Juin 2007 - old...

j'ai vécu durant 2 ans avec une relation violente avec le père de mon enfant avec qui je me battais au début et qui a fini par me battre. Je suis une jeune femme à très fort caractère, je n'ai pas pour habitude de me laisser faire.J'ai fini par quitter le père de mon enfant et j'ai rencontré un homme avec cela dure depuis 2 ans mais il y a quelques jours, nous avons eu une grosse dispute et cet homme a pour habitude de m'insulter et de faire des esclandres chez moi. Ce soir là, prise de nerfs, je l'ai gifler très violemment. Il m'a prise par les cheveux et m'a donné des coups de poing dans la tête. Il m'est difficile de traduire mon sentiment. je suis triste de ce qui s'est passé, je culpabilise de ne pas m'être controler, je me dis que peut-être le problème vient-il de moi? J'en veux à mon ex ami d'avoir fait preuve d'une telle violence, en réponse à la mienne. Je ne compte pas reprendre cette relation mais elle suscite chez moi des interrogations. Peut être suis je quelqu'un de violent avec les hommes? Ma mère était violente avec mon père. Les choses que lui faisait subir mon père mettaient ma mère dans un état hystérique et porté le premier coup sur mon père. Je suis complètement déstabilisée aidez moi svp

Réponse
02-07-2007

Bonjour Madame,
 
Nous vous remercions pour votre question.
 
Vous nous demandez de l’aide car vous êtes déstabilisée par les violences qui se répètent dans votre vie. Il y a quelques années cela s'est passé dans vos relations avec le père de votre enfant et dernièrement avec un autre compagnon. Vous faites aussi référence à votre enfance et à la relation violente entre votre père et votre mère. Vous vous demandez si vous êtes à l’origine de la violence de vos compagnons en ayant « un très fort caractère » et en « n’ayant pas pour habitude de vous laisser faire ». 
 
Avant toute chose, nous souhaitons vous inviter à faire rapidement  – si ce n’est pas déjà fait – une visite médicale avec un constat de coups et blessures afin de faire attester les traces des coups que vous avez subis. Vous pouvez avoir plus d’information sur comment procéder en vous adressant aux organismes spécialisés du Canton de Fribourg, en cliquant ici. En fonction de la suite que prendra votre relation avec l’homme qui partage votre vie depuis deux ans, c’est la meilleure façon de prouver les violences que vous avez vécues. De plus, les coups de poings que vous avez subis à la tête constituent des violences dangereuses et ces blessures méritent un examen médical. Sans vouloir banaliser votre violence - nous ne connaissons ni votre taille ni votre poids, pas plus que ceux de votre conjoint  - il nous est permis d’imaginer que vos gifles, même très violentes, ne mettaient pas en danger votre ami de la même manière que ses coups de poing.
 
Lorsque vous décrivez les deux situations dans lesquelles vos conjoints vous ont battue, vous insistez sur le fait que vous aviez vous aussi eu recours à de la violence, notamment physique : lors des disputes avec le père de votre enfant et plus récemment lors des insultes et des esclandres de votre dernier ami. Cela vous amène à vous interroger sur votre responsabilité dans leur violence, vous vous dites déstabilisées face à ces situations.
 
Pour nous, il est tout à fait clair que vous êtes responsable des comportements violents que vous utilisez, même si vous êtes confrontées à des attitudes humiliantes ou irrespectueuses telles que des injures ou des « esclandres ». Toutefois, ces attitudes auxquelles vous répondez de façon inadéquate sont elles aussi des formes de violence (verbales, psychologiques) et vos compagnons en sont totalement responsables.
 
RIEN ne justifie de vous faire insulter, et surtout pas le fait que vous n’avez  « pas pour habitude de vous laisser faire ». Vous êtes libre d’exprimer ce qui vous convient ou pas sans que cela amène des réponses violentes de la parte de vos compagnons, même si vos positions ne leur conviennent pas. S’affirmer dans un conflit ou ne pas accepter ce qui ne nous convient pas ne constitue pas de la violence, mais une saine manière de poser ses limites, pour autant que cela soit fait dans le respect de l’autre et de ses différences.
 
Quand vous parlez de vos parents, c’est un peu comme si vous faisiez des liens entre des violences qui se répètent d’une génération à l’autre dans votre famille. Dans le couple de vos parents, si votre mère se montrait très en colère, voire complètement enragée au point de frapper votre père, c’était suite au harcèlement de ce dernier et à sa manière de ne pas respecter ses limites. Est-ce que ces situations dont vous êtiez témoins enfant ressemblent à ce que vous vivez maintenant dans vos couples? Quand vous faite ce lien avec votre enfance, nous avons envie de vous demander comment vous vous sentiez dans cette atmosphère de tension et de violence ? Est-ce que vous voyez des similitudes avec ce que vit désormais votre propre enfant ?
 
Nous vous encourageons à poursuivre votre travail de questionnement sur cette violence qui se répète dans votre vie et désormais aussi dans celle de votre enfant. Il est important pour s’en sortir de ne pas rester seule avec vos doutes et  votre culpabilité. Comprendre comment ces situations et ces relations se mettent en place, comment réagir autrement que par la violence à des gestes inacceptables peut s’apprendre et aide à mieux vivre. Il existe des professionnel­·le·s qui pourront vous accompagner sans vous juger dans vos réflexions et vous aider à ne plus vivre ce sentiment de « perdre le contrôle », avec toutes les émotions de « honte » et de « rage » mélangées qui s’en suivent.
 
Vous pouvez vous adresser aux adresses pour personnes victimes déjà proposées plus haut dans le canton de Fribourg, et aussi dans le canton de Vaud au service Violence et Famille qui aide des femmes et des hommes à trouver des alternatives à leurs réactions violentes.
 
Violence et Famille
Av. Vinet 19-19 bis
1004 Lausanne
Informations : Permanence téléphonique du lundi au vendredi, de 8h30 à 10h30 et de 14h00 à 16h00. En dehors de ces heures, possibilité de laisser un message avec réponse assurée dans les 24 heures.
• Aide les hommes et les femmes à mettre un terme à la violence familiale et conjugale, qu'elle soit physique, verbale, psychologique ou sexuelle.
• Entrevues individuelles et rencontres de groupe avec des travailleurs sociaux spécialement formés.
• Objectifs : apprendre à maîtriser sa violence, mettre fin aux comportements violents, réapprendre à vivre des relations égalitaires et harmonieuses et briser l'isolement.
Pour notre part, nous répondrons aussi volontiers à vos prochaines questions et vous souhaitons bon courage dans la suite de votre réflexion.

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