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Questions et réponses

Après beaucoup de déni de ma part, je me rends compte du mal que j’ai fait à mon amie. Pourquoi ai-je eu ces gestes violents, et surtout comment y remédier ?

Question
25 Mai 2007 - old...

Bonjour Je vous écris, car après beaucoup de deni de ma part, je me rends enfin compte du mal que j'ai fait à mon amie. Je crois surtout que c'est là tout mon problème, minimiser la situation. Cela fera bientôt 6 ans que nous sommes ensemble, notre relation n'a pas toujours été facile, et par moments a été franchement orageuse. Après 3 ans de vie passée ensemble, la violence s'est installée dans notre couple. Au début, nous étions les deux violents. Nous avions des problèmes avec nos familles respectives, moi après un gros échec dans mes études, mais aussi à cause de problèmes relationnels avec mon père je suivais une psychothérapie assez importante. Bref, à l'époque nous pouvions presque expliquer pourquoi nous étions violents... Avec le temps, j'ai "repris" les choses en main, mes études ont continué sur une meilleure voie, mais malgré tout cela, je suis redevenu violent, mon amie non. Elle s'était rendu compte à juste titre de l'horreur du geste, ce qui n'est pas mon cas... Malgré une période d'accalmie entre nous, j'ai recommencé à ne plus supporter les reproches qu'elle me faisait, des reproches au sujet de ma famille, de la relation que j'entretenais avec mon père et ma mère. Je pense que la violence dont je fais preuve ensuite vient de là, pas tant du fait que l'on parle de ma famille, mais plutôt que mon amie considère que je vis avec mon père le culte du chef et qu'avec ma mère je vis un "oedipe refoulé". Evidemment, le psychiatre que je suivais à l'époque m'avait conseillé de couper les ponts avec mon père, mais aussi mon amie, ce qui a fait en sorte que j'arrête là mon traitement. Mais ce que je ne supporte pas dans cette considération de mon amie, c'est qu'elle ne me considère pas comme quelqu'un capable de prendre des décisions, j'ai l'impression d'être en fait considéré comme un enfant, ce qui me rend fou. J'aimerais comprendre pourquoi j'ai eu ces gestes violents à son égard, et surtout comment y remédier, car je me rends compte qu'elle en souffre. J'avoue, que je ne m'en suis pas tout de suite rendu compte, mais lorsqu'elle m'avoué avoir rencontré un psychiatre, là quelque part cela a fait tilt. Je n'ose pas parler de ça à mes amis proches, car j'ai honte de ce que j'ai fait, alors ce site est un peu ma seule solution. Merci

Réponse
31-05-2007

Bonjour Monsieur,
 
Nous comprenons dans votre témoignage que vous éprouvez des difficultés au sein de votre couple notamment par la présence de violence entre vous et votre amie. Vous dites avoir longtemps nié et minimisé la situation, car vous pensiez que celle-ci découlait des problèmes que vous aviez avec vos familles respectives. Vous avez suivi une psychothérapie, et avez ensuite repris le dessus de votre vie. Mais vous avez également remarqué que malgré cette amélioration, la violence était toujours présente. Par contre, votre amie a cessé toute violence. Vous mentionnez ne plus supporter les reproches de votre amie, au sujet de votre relation familiale, mais aussi le fait que vous avez l’impression qu’elle vous traite comme un enfant irresponsable. Vous dites que cela vous rend « fou ». Vous aimeriez alors comprendre vos comportements violents et savoir comment faire autrement. La honte vous empêche d’en parler à vos amis, c’et pourquoi vous faites appel à ce site.
 
Les situations dans lesquelles s’exprime de la violence ne sont pas faciles à vivre ni pour l’un, ni pour l’autre. La violence engendre beaucoup de souffrance, de peur, de colère et d’impuissance. Cela peut mettre un couple en danger, non seulement au point de vue de la relation entre les deux partenaires, mais aussi au niveau de la sécurité de chacun.
 
Il est important que la violence cesse. Pour cela il est pertinent de comprendre qu’est-ce qui amène une personne à faire usage de ce genre de comportement. Il est aussi conseillé d’en parler, ce que vous faites en nous contactant. Il ne faut pas rester seul lorsqu’on vit ce genre de difficultés. Le fait de trouver une écoute pourrait déjà vous aider à baisser la tension que vous vivez. N’avez-vous pas dans votre entourage une personne en qui vous pourriez avoir confiance et qui se présenterait comme une ressource, un soutien ?
 
Selon ce que vous nous décrivez, nous constatons que vos disputes émergent quand certains sujets sont abordés, entre autre celui de vos familles. Qu’est-ce qui dans ces reproches ou le ton utilisé vous touche au point de devenir violent ? Quels sentiments ressentez-vous ? Nous vous posons cette question car le fait d’identifier ce qui se passe en vous lors de ces situations conflictuelles peut vous permettre de mieux comprendre vos comportements, mais aussi d’essayer de découvrir comment vous pouvez faire différemment dans ces moments. Il est important que vous exprimiez votre vécu et votre ressenti à votre amie, pour qu’elle se rende compte de ce qui vous touche. Chacun doit pouvoir faire part à l’autre de ses besoins, ses émotions, ses ressentis et son vécu de la situation. Ce dialogue permet à chacun d’être entendu, d’être conscient de ce que vit son conjoint : cette façon de s’exprimer peut se faire dans le respect de l’autre et de ses différences. Pensez-vous que votre amie serait ouverte à ce dialogue ? Vous sentez-vous dans de bonnes conditions pour le faire ?
 
Nous pouvons aussi vous proposer la piste suivante. Quand vous vous trouvez dans une situation ou vous sentez que la tension monte en escalade, et que cela risque de vous « rendre fou », nous vous proposons de dire à la personne concernée votre état, que vous reprendrez la situation plus tard lorsque les esprits se seront calmés, et alors vous prenez de la distance quitte à partir, sortir faire un tour, du sport, voir un ami, etc. Mais il est important de le faire avant que cela ne déborde et que vous utilisiez la violence.
Il y a probablement dans votre situation des liens avec votre histoire de famille. Vous avez semble-t-il arrêter le suivi avec votre psychiatre, mais seriez-vous prêt à éventuellement voir à nouveau un professionnel ? Il serait intéressant de voir les répercussions qu’a votre vie de famille sur votre vie de couple ou inversement.
 
Si tel n’est pas votre souhait, mais que vous voulez faire une démarche plus centrée sur la violence, nous vous joignons les coordonnées de structures spécialisées dans ce domaine. Des professionnel·le·s accompagnent des personnes ayant recours à la violence dans leur couple et les aident à trouver des outils alternatifs à la violence. N’hésitez pas à les contacter si vous sentez avoir besoin d’une aide extérieure pour vous accompagner dans une démarche.
 
 
Violence et Famille
 
Av. Vinet 19-19 bis
1004 Lausanne
 
Tel : 021 644 20 45
Site web : www.fjfnet.ch/Violence.htm
Email : violenceetfamille@fjfnet.ch
 
Informations : Permanence téléphonique du lundi au vendredi, de 8h30 à 10h30 et de 14h00 à 16h00. En dehors de ces heures, possibilité de laisser un message avec réponse assurée dans les 24 heures.
• Aide les hommes et les femmes à mettre un terme à la violence familiale et conjugale, qu'elle soit physique, verbale, psychologique ou sexuelle.
• Entrevues individuelles et rencontres de groupe avec des travailleurs sociaux spécialement formés.
• Objectifs : apprendre à maîtriser sa violence, mettre fin aux comportements violents, réapprendre à vivre des relations égalitaires et harmonieuses et briser l'isolement.
 
 
Nous restons bien volontiers à votre disposition pour d’autres questions et vous souhaitons bonne suite.
 
Bien à vous.
 
 

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