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Questions et réponses

Depuis que mon ami m'a trompée, je suis devenue extrêmement jalouse.

Question
27 Mars 2007 - old...

Bonjour, je vous écris car il est difficile de prendre du recul sur sa propre relation. Dur à admettre puisqu'en général je vois les choses avec beaucoup plus de lucidité lorsque je ne suis pas concernée. A 26 ans et des brouettes, je vis actuellement ma première vraie (?) ou tout du moins durable histoire d'amour depuis 1 an et 3 mois (ouh quelle précision!). Jusque là je ne m'attachais qu'à des hommes/garcons qui ne m'accordaient que peu d'importance... Il y a deux ans, j'ai traversé une période d'anxiété chronique pendant laquelle j'ai fait une psychanalyse courte durée (je trouvais ca inutile). Cependant le psychanaliste m'a dit une chose : cessez de vouloir tout contrôler. Soit... L'anxiété est passée et j'ai rencontré mon ami. 2 mois et demi plus tard, il me trompait lors d'une soirée beuverie avec une fille qui passait par là... et un mois et demi après cette trahison je découvrais la vérité. A ce moment là autant vous dire que tout s'est écroulé autour de moi car cela faisait 5 mois que nous vivions un bonheur parfait. Aujourd'hui je relativise cette "sortie de route" en me disant qu'à 23 ans, à peine engagé avec moi, il n'était peut-être pas sur de lui... ou cherchait simplement à savoir s'il tenait réellement à moi ou pas... Je ne sais pas, j'essaye de faire en sorte d'oublier. Malgré ca, je suis devenue extrêmement jalouse depuis. Pourtant la jalousie, dit-on, n'est pas un manque de confiance en l'autre, mais un manque de confiance en soi. Ce qui est loin d'être faux me concernant. Depuis 5 semaines il est parti travailler à 600 km de chez nous (nous vivions ensemble depuis un an)et c'est très difficile à vivre. Il m'a menti à propos d'une soirée en boite de nuit... me soutenant qu'il n'était pas sorti, alors que j'avais appris la vérité vraiment sans le vouloir. Il dit ne pas vouloir m'inquièter, car il me connait (et c'est vrai), j'angoisse à la moindre sortie annoncée, je pleure au téléphone, puis je deviens agressive avec lui. Il n'a de cesse de me dire qu'il m'aime, que je suis la seule, que jamais il ne recommencerait son erreur car il tient trop à moi et ne prendrait pas le risque de me perdre, il me complimente souvent sur mon physique car il sait que je ne m'aime pas beaucoup et il essaye par tous les moyens de me rassurer. Je sais que j'agi mal, je sais que je ne suis pas toujours tendre avec lui, et que ce n'est pas en essayant de maitriser ses sorties et ses connaissances que je le garderai près de moi. Je sais que plus je me montrerai possessive, plus il aura de raisons de me fuir, et donc de commettre ce que je redoute tant. Je comprends donc tout à fait sa réaction et le fait qu'il préfère me cacher les choses plutôt que me savoir angoissée et en colère. Je lui ai dit à quel point le mensonge me fait mal et ne m'aide pas à ne pas être angoissée justement. Nous sommes dans un cercle vicieux. Il me promet de ne plus mentir, quitte à me savoir triste sur le moment. Et un jour, ma collègue, me voyant le matin au bureau, les yeux bouffis d'avoir pleuré toute la nuit, m'a dit, entre autre "cesse de vouloir tout contrôler". Un goût de "déjà entendu"... Alors ma question est : d'où vient ce besoin, effectivement, de vouloir tout contrôler, ma vie comme la sienne, afin que tout colle au plus près de mon idéal. Pourquoi je n'arrive pas ou difficilement à accepter (alors que je m'en rends parfaitement compte) que mon ami et moi sommes deux, qu'il est un être à part entière avec ses besoins, ses envies, ses propres rêves, et que cela ne peut pas forcément correspondre en tous points aux miens. J'ai l'impression de l'aimer trop. J'ai peur de le faire fuir et pourtant c'est comme si je faisais tout pour... Quand on ne se voit pas, ou que je sais qu'il s'amuse de son coté avec ses collègues/collocataires (il est saisonnier) j'ai mal car je me rends compte qu'il peut vivre sans moi, et qu'il vit bien. Et cette idée de ne pas lui être vitale est difficile à accepter. Pourtant c'est tout à fait normal. D'où me vient ce besoin de le posseder, de le contrôler ? J'ai parfois l'impression d'agir comme ma mère le faisait avec mon père, alors qu'adolescente je me suis toujours promis de ne jamais lui ressembler. Que faire pour lacher du leste ? Car je m'emprisonne moi même dans mes propres angoisses. Je ne veux pas le perdre. Je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne. Je veux tout mettre en oeuvre pour réussir à me débloquer. J'ai l'impression d'être psychorigide lorsqu'il s'agit de ma relation amoureuse. D'avance merci pour votre réponse, même si vous ne détenez pas la solution miracle, peut-être aurez vous une piste à me donner.

Réponse
30-03-2007

Bonjour,
 
C’est vrai qu’il est parfois difficile de prendre du recul par rapport à sa propre relation. Malgré tout, vous semblez pouvoir analyser et comprendre votre situation avec beaucoup de lucidité !
 
Comme vous le dites, la jalousie peut être un manque de confiance en soi plutôt qu’un manque de confiance en l’autre. Cependant, dans votre cas, c’est bien un événement extérieur à vous-même, un changement dans votre contexte relationnel, qui est venu bouleverser votre équilibre. C’est donc depuis que votre ami vous a trompée que vous êtes devenue extrêmement jalouse. Il s’agit donc certainement d’une rupture de confiance en votre partenaire, plutôt que d’une jalousie extrême interne à vous-même.
 
Vous essayez d’oublier cette « fausse route » et de relativiser ce qui s’est passé. Vous le faites certainement pour ne pas trop lui en vouloir et donc sauver votre couple. Néanmoins, votre attitude envers votre ami nous fait penser que vous ne vous êtes pas encore vraiment remise de cette trahison. Même si vous savez que vos tentatives de contrôle de ses sorties et de ses connaissances risquent de le faire fuir, vous parvenez difficilement à vous en empêcher de le faire. C’est pour nous un signe que cette confiance n’est peut-être pas encore tout à fait rétablie.
 
Il nous semble que vous vous blâmez d’être la personne que vous êtes, c’est-à-dire celle qui veut tout contrôler. Vous vous interrogez d’ailleurs d’où ce besoin provient et ce qu’il signifie. Néanmoins, vous pouvez aussi vous dire que vos expériences de vie ou celles de vos proches vous ont appris à ne pas faire confiance à n’importe qui. Vous avez aussi le droit de penser qu’il est tout à fait sensé et sain de se protéger comme vous le faites après la blessure que vous avez vécue. Certaines personnes parviennent en effet à restaurer cette confiance après un certain laps de temps, alors que d’autres n’arrivent plus à se laisser aller dans leur relation car elles restent constamment sur leur garde.
 
Nous espérons sincèrement que cette confiance perdue puisse être rétablie. Il nous paraissait néanmoins important de vous transmettre que vous n’avez pas à porter sur vos épaules tout ce qui se passe dans cette relation. Il a ses besoins et vous avez les vôtres. Vous aviez besoin qu’il soit fidèle et vous vous êtes sentie trahie dans ce besoin. Intégrer cet événement prend du temps et nécessite beaucoup de patience.
 
Si vous souhaitez approfondir toutes ces questions, il vous serait peut-être utile de voir un psychologue ou commencer une psychothérapie. Vous nous dites que la psychanalyse que vous aviez débutée ne vous a pas été utile. Il existe cependant d’autres approches thérapeutiques, comme par exemple la thérapie cognitivo-comportementale ou alors la thérapie systémique, qui sont des thérapies brèves et qui pourraient peut-être vous aider à avancer encore davantage dans votre réflexion.
 
Nous espérons que notre réponse vous aura été utile et que votre relation évoluera dans le sens que vous le souhaitez. N’hésitez pas à reprendre contact avec nous en cas de besoin. Bien à vous.

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