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Questions et réponses

Mon fiancé a été violent, vous l'écrire est difficile et fait remonter les émotions

Question
10 Mars 2007 - old...

Bonsoir, La démarche de vous écrire est bien difficile.Déjà de mettre des mots sur les événements qui se sont passés refaient remonter tous les mots du corps et les émotions... Il y a 2 semaines,un peu plus, mon fiancé a été violent.C'est parti sur une discussion sur laquelle, il a fini par dire que j'étais stupide, en concluant "mais t'es pas là".C'est son expression pour me rabaisser,dans notre sphère privée,c'est-à-dire à la maison.J'étais fatiguée et cette phrase m'a blessée quand d'habitude je laisse passer,j'en ai pris l'habitude.Lorsqu'il a fini de la dire,j'ai jeté le bloc notes que j'avais dans les mains sur notre lit dans lequel il était déjà couché.Malheur!Il s'est levé d'un coup et s'est immédiatement retrouvé devant moi.J'ai voulu fermer la porte tout en lui disant "c'est bon,va te coucher".Il m'a suivi jusqu'à la cuisine.Par la suite,il m'a saisi les poignets d'une force incroyable.Je lui disais bien qu'il me faisait mal et j'essayais de m'éloigner mais rien y faire.Par la suite,je ne me rappelle pas exactement le déroulement des événements,ni ce qu'on se disait mais il s'est retrouvé derrière moi avec son bras autour de mon cou en train de m'étrangler.Je lui disais ou plutôt criais qu'il m'étranglait que je ne pouvait plus respirait.Je me débattais.Au bout d'un moment,il a laché et je suis tombée par terre devant lui.Il est sorti de la cuisine.Là je ne sais pas,j'ai dû le bousculer ou lui dire quelque chose,sous la peur,je ne me rappelle pas,il est revenu et m'a poussé violement par terre.Ensuite,il était au-dessus de moi avec son poing en arrêt au-dessus de mon visage.Il n'a rien fait.Je suis resté là sans rien dire sans bouger.Il est parti au salon.Quelques minutes plus tard,je me suis levée,avec des problèmes respiratoires et je suis partie dans la chambre.J'ai eu une crise d'asthme.Il est venu m'aider,certainement qu'il avait peur.Un peu plus tard,après avoir repris mes esprits et surtout ma respiration ,je suis revenue à la cuisine.Lorsqu'il m'a entendu il est revenu lui aussi et m'a dit "tu as quel âge?".Je lui ai demandé pourquoi puis je lui ai dit qu'il savait très bien mon âge.Et là il a répété plusieurs fois pour que je lui dise "25 ans!" Je l'ai suivi au salon pour lui demander pourquoi il m'avait poser cette question et au bout d'un moment (car il me dit sans cesse qu'il n'a pas à se justifier que je dois faire comme il le décide et que c'est comme ça pour tous les gens qu'ils le fréquent)il m'a répondu que j'avais réagi comme une gosse,en gros.Je suis repartie.Plus tard, j'ai tentée d'engager une discussion.C'était trop dure pour moi car un moment je pleurais,un moment je levais le ton et ça l'énervais et il disait "déjà tu baisses de 3 tons".Je lui ai demandé ce qu'on faisait et il a répondu "je rentre du travail à 14h demain,je prépare mes affaires et je pars.Je te laisse l'appartement.Je suis prêt à te signer un papier maintenant".Je lui ai demandé s'il n'était pas possible d'en discuter le lendemain à tête reposée,pour tous les deux.Je ne voulais pas malgrés la haine,la peur prendre une mauvaise décision et être prise de remords.Il a conclu par dire qu'il était d'accord. Lors de cette discussion une chose a rajouté de l'effroi en moi c'est lorsqu'il m'a dit que si je n'était pas malade il aurait plus serré jusqu'à l'évanouissement.Mais malgrés tout je souhaitais en discuté le lendemain et partir m'isoler.C'était tout ce que je voulais à cet instant précis. Le lendemain matin,après avoir pu dormir 3h,j'ai quand même pris la décision d'aller voir mon médecin traîtant.Vu que j'ai une maladie neurologique et que je suis très suivie.Elle m'a prise le matin même.En arrivant,je lui ai dit que je ne venais pas pour ça.Et j'ai fondu en larmes et je lui ai tout expliqué.Elle a constaté les marques, fait un rapport et m'a dit qu'à tous moments je pouvais faire appel à elle pour porter plainte.Et qu'elle respecter ma décision de vouloir discuter avec mon fiancé et de vouloir éventuellement lui donner une chance mais que je devais faire attention et surtout qu'il n'avait pas le droit de faire ça.Elle m'a refixé un rendez-vous 3 jours plus tard pour avoir des nouvelles de la situation et pour savoir comment j'allais. Lorsqu'il est rentré,il a agi comme d'habitude à la différence qu'il avait les yeux tirés.Je lui ai demandé quand on allait discuté et là il me répond "de quoi?" ??? Je lui ai di "mais tu rigoles?"Plus tard nous avons enfin eu cette discussion.Les vraies choses qu'il a dites sont les suivantes "Je sais ce que j'ai fait.J'assume ce que j'ai fait.J'ai toujours assumé ce que j'ai fait dans le passé.Tu décides par rapport à notre couple.Si on sépare,j'assume.Si on reste ensemble,j'assume aussi.Je te laisse l'appartement."Je lui ai demandé s'il trouvait normale d'être en arrivé là.Il m'a répondu "si c'est arrivé,c'est que ça devait arrivé".Je dois dire que j'étais perdue,paumée!Il m'a mis la pression en me disant que c'était maintenant qu'il fallait décider car je lui ai dit que je voulais y réfléchir.Il a rajouté après "juste si tu décides que c'est fini,je ne peux pas partir aujourd'hui.Je suis passé à la commune et ils peuvent pas me faire d'avance donc j'ai pas d'argent." (C'était le lundi 26 février)Je lui ai dit que je ne voulais plus jamais que ça arrive,que je lui donnais une chance, que je voulais continuer car je ne pouvais pas croire que notre couple finisse comme ça, que nous allions voir la suite.Je lui ai dit que ça m'était insuportable le fait d'avoir dû me défendre contre lui.Il n'a pas compris ou voulu comprendre ce que je voulais dire.Je lui ai donc expliqué "le fait que je me défende dans la rue contre un inconnu qui veut me voler mon sac ou en discothèque contre un inconnu,je m'en fous mais contre toi.L'homme que j'aime, avec qui je vis, avec qui je dors!"et là il a compris. Avec du repos,surtout du repos,du recul,des phrases qui m'a dites,aucun efforts de sa part ou très peu ou peut-être pas ceux que j'attends de sa part,ou seulement depuis quelques jours,le fait que j'ai dû faire le premier pas vers lui, le fait que cet épisode est tabou car il dit que ça l'énérve d'en reparler et que c'est inutile de ressasser (et cela il l'a spécifié lors de la discussion le lundi 26),je crains d'avoir pris la mauvaise décision.Et j'ai vraiment l'impression de l'aimer différement.Et je suis énormement sur mes gardes (ex.je ne lui tourne plus le dos). J'ai aussi réalisé plusieurs jours plus tard qu'il n'a pas émis de regrets.Une personne dans ces cas là ne devrait-elle pas dire "je regrette le mal que je t'ai fait?" Autres questions que je me pose "y aura-t-il une prochaine fois"Où est-il possible que ce ne soit qu'un accident?" "Est-ce vraiment ma faute?" L'année passée,il y avait déjà eu plusieurs grosses colères, cris très forts.Une fois il a tapé dans une porte.Une autre fois,des affaires ont volé dans le studio.Mais jusqu'il y a 2 semaines il n'y avait rien eu. Autre chose,il avoue qu'il est un peu jaloux et possessif ce qui fait que desfois on se dispute un peu mais on vit de très beaux moments ensemble car sinon je l'aurai déjà quitté et je n'aurai pas accepté sa demande en mariage. Il est clair depuis qu'il m'a tappé dernièrement,le mariage pour moi est repoussé à une date indéterminée. Je suis perdue.J'essaie de montrer que ça va et je prends soin de moi,car comme je vous l'ai écrit précédement je suis malade mais c'est pas facile car j'aimerai prendre du recul en partant ou que lui parte un peu mais il ne le conçoit pas comme ça. Avez-vous des conseils à me donner?Une précision:il refuse de voir des professionnels tels que vous ou psychiatres,conseillers conjugaux."c'est pas des inconnus qui vont nous aider",ses dires. Autre chose,je me juste confié à un de mes meilleurs amis.Il a tout de suite voulu venir lui "casser la gueule".Lorsque je lui ai fait part de ma décision, il l'a respecté, difficilement mais l'a respecte, mais ma dit qu'il interviendrait,que je n'aurais qu'à l'appeller, si ça reproduirait.Je suis un peu soulagée car j'ai un proche qui est au courant et qui pourrait m'aider si malheureusement cela se reproduirait. Désolée du roman que je vous ai écrit pour finir mais tout est sorti...Merci de votre aide.

Réponse
26-03-2007

Bonjour Lilou,

Non, vous n’êtes pas responsable du comportement de votre partenaire. Vous êtes responsable de votre sécurité.

Oui, c’est difficile de prendre une décision. Chaque victime de violence a connu cette étape d’indécision, d’espoir que cela change, de banalisation et les auteurs de violences ont aussi tendance à minimiser leurs actes ou à en faire porter la responsabilité sur l’autre.

Dans notre expérience, et même si nous pensons que toute personne a des ressources pour engager un changement, il est important de souligner que la violence, si rien n’est fait pour la stopper, a plutôt tendance à s’amplifier en fréquence et en intensité.

Vous décrivez très bien que vous avez déjà subi de la violence psychologique et verbale (disqualification, critiques répétées devant des tiers, intimidation, par exemple frapper contre un meuble ou une porte peut servir à soumettre l’autre à sa volonté, jeter des affaires à travers une pièce, etc) et de la violence physique, même avant ce dernier événement (bousculade).

Peut-être d’autres événements pourraient vous revenir à la mémoire ?

La strangulation dont vous avez été victime n’est pas un geste fortuit et votre vie a été mise en danger. Comment allez vous vivre avec la peur de celui avec qui vous imaginez construire votre vie. Pensez-vous que cela soit possible ? Jusqu’où doit il aller pour que vous preniez la mesure du risque. Personne ne mérite un tel traitement .

Pensez-vous qu’un couple se construit sur un tel dictat ? Vous êtes adulte et votre partenaire n’est pas responsable de votre éducation comme le sont des parents. Vous avez le droit de faire vos choix et habituellement, dans un couple, les choix de chacun se négocient dans le respect de l’autre.

Comment cela se passe-t-il entre vous ? s’intéresse-t-il à vos choix, vous encourage-t-il ? lorsqu’il a un autre avis (cela peut arriver !) y a t-il un espace pour des alternatives qui tiennent compte de vos positions ? En un mot y a-t-il discussion, échanges dans le respect de l’un comme de l’autre ? Ou vivez-vous dans la peur, l’angoisse, cédez-vous continuellement pour avoir la paix, pensez-vous toujours à comment vous devez être pour ne pas l'énerver, etc ?

Votre partenaire semble dire qu’il respectera votre choix si vous souhaitez vous séparer. Bien mais est-ce qu’il vous dit tenir à vous ? Et si non, qu’espérez-vous ? Ne pensez-vous pas que vous valez mieux ? Nous nous en sommes sûr. Rappelez-vous aussi que vous pouvez appeler le 117 si vous vous sentez en danger, c’est plus sûr que d’appeler un ami au secours.

Nous sommes là pour continuer la discussion si vous le souhaitez. Vous n'êtes pas seule.

Nous vous signalons aussi qu'une consultation ambulatoire du Centre d'accueil MalleyPrairie a lieu à Bex chaque semaine (prise de rendez-vous au 021 620 76 76 pendant les heures de bureau). Vous pouvez également vous adressez au Centre LAVI de Sion ou de Monthey, les adresses sont sur le site.

Nous vous encourageons à penser à votre sécurité.

Bon courage pour les décisions que vous avez à prendre. Nous savons bien que c'est difficile. A bientôt.

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