31-05-2011
Bonjour Madame,
Nous vous remercions pour vos deux questions que nous avons rassemblées ici en les numérotant en question 1 et 2. Nous y répondons ensemble dans le texte qui suit.
Quand nous vous lisons, il apparait clairement que, consciente de la gravité et du danger des violences physiques que vous décrivez, vous souhaitez vous protéger. Vous aimez votre ami mais vous avez sans doute aussi peur, puisque vous dites « qu’il va vous blesser ou vous tuer » car il ne se contrôle plus. Nous entendons aussi que vous souffrez de cette situation, que vous doutez de la normalité de cette relation, que vous voulez que ça change.
Que pensons-nous de cette relation amoureuse ?
Tout en tenant compte des violences que vous agissez, nous pensons que vous êtes victime de violences physiques graves de la part votre ami. Ces violences sont interdites par la loi. Vous êtes aussi victime de violences psychologiques puisqu’il vous manque régulièrement de respect. L’amour est justement basé sur le respect d’autrui et sa protection. La relation que vous décrivez semble certes très intense, mais la violence qu’elle comporte est destructrice. L’intensité des émotions que vous vivez dans cette relation ne semble pas suffisante pour que votre amour croisse et se développe, puisque vous dites vous-mêmes que malgré votre amour, votre relation est devenue destructrices et menace même votre vie.
Vous nous dites aussi que votre ami veut vous « corriger » pour que vous arrêtiez de vous énerver, comme s’il s’agissait d’un acte éducatif envers vous. Mais aucune personne n’a le droit d’en corriger une autre. Le mot de « correction » est généralement utilisé pour faire croire que la violence – souvent utilisée vis-à-vis des enfants - a un effet «éducatif ». Mais les violences physiques sont interdites envers les adultes comme envers les enfants, elles créent la peur et ne permettent pas d’apprendre autre chose … que la violence et la haine, que ce soit envers soi-même ou autrui.
Nous entendons que vous avez un petit bébé de 6 mois, et il est certainement exposé d’une certaine manière à ces scènes de violence. Pour son bon développement, il est important de protéger votre bébé de ces violences. C’est votre responsabilité en tant que mère de le protéger de toute violence. C’est bien sûr aussi la responsabilité de son père, même s’il ne parait pas être conscient des effets destructeurs de sa violence.
Que faire ?
Il nous apparait important de ne pas mettre à égalité vos violences et celles de votre ami. Comme vous le dites vous-mêmes, vous n’êtes pas dangereuse comme lui. Même si vous usez de violences et que vous êtes totalement responsable de celles-ci. Contrairement à votre ami vous avez conscience qu’elles sont inacceptables. Contrairement à votre ami, en vous adressant à notre site, vous avez concrètement commencé des démarches pour essayer de changer.
Même si vous vous mettez en colère rapidement, vous n’êtes en aucun cas responsable de ses réactions violentes. Ce n’est pas parce que l’on blesse quelqu’un verbalement lors de colères, mêmes répétées, parce qu’on le harcèle, que celui-ci peut s’autoriser à réagir en frappant. Votre ami porte l’entière responsabilité de ses graves comportements violents envers vous et envers votre bébé.
Dans votre deuxième message, selon le test du site, à travers les réponses que vous avez faites ou les cases que vous avez cochées, vous avez découvert que vous aviez une forte jalousie. D’après vous, vous devriez travailler sur cette jalousie et nous vous y encourageons. Toutefois, votre jalousie ne constitue en aucun cas des excuses aux comportements de votre ami. Ceux-ci sont illégaux et inacceptables.
Il est difficile de sortir seule de cet engrenage qu’est la violence dans une relation affective. Il est nécessaire pour la personne victime de demander de l’aide.
En vu de la gravité des violences que vous subissez (votre conjoint vous a fracturé le nez, mis un couteau sous la gorge) et du danger que représente votre ami puisque contrairement à vous il ne semble pas reconnaitre son grave problème de violence, nous vous encourageons vivement à poursuivre la démarche entamée par ce message, et à vous adresser rapidement à un service spécialisé afin de vous protéger et de protéger votre bébé.
Nous vous transmettons l’adresse du centre le plus proche de votre région.
Solidarité femmes et centre LAVI
CP 1400 - 1701 Fribourg
Tél.: 026 322 22 02
Etant donné vos récentes blessures, il est important de faire établir un constat médical de coups et blessures.
Il existe également des adresses pour les auteurs de violence où votre ami pourra apprendre à agir différemment, quand il acceptera que sa violence est anormale et inacceptable.
Nous restons volontiers à votre disposition pour d’autres questions et vous souhaitons beaucoup de courage pour la suite.