Bonjour, Ma question concerne ma meilleure amie qui est en difficulté et vient de passer à un passage à l'acte violent envers son compagnon (l'a saisi au cou). Je suis un peu désemparée sur l'aide à lui apporter, travaillant moi-même avec des victimes de violence et non des auteurs, d'autant que je manque probablement de recul face à cette situation. Je suis également amie avec son compagnon et communique avec les deux au sujet de ce qu'il s'est passé. C'est la première fois qu'il y a de la violence physique dans ce couple. Ils ont deux enfants (dont un d'une première union de Mme, première union dont Mme avait subi les violences physique, psychologique et sexuelle de son compagnon)et elle est enceinte de son 3ème enfant (2ème de son compagnon). Je sens la maman à bout (elle fait face à de très nombreuses difficultés). La maman et les enfants ont un suivi psychothérapeutique. Le couple est actuellement sous le choc de ce qu'il s'est passé et ne sont pas encore capables de se parler. Lui me dit vouloir continuer leur vie de famille. Elle ne sait pas où elle en est. Comment faire pour qu'une telle situation ne se reproduise pas, sans rajouter encore un poids sur cette maman qui est à la limite de l'épuisement. Quelles solutions pour décharger une maman qui court les consultations pour ses enfants et
Bonjour,
Votre meilleure amie a récemment eu pour la première fois un passage à l’acte violent envers son compagnon. Tous deux sont sous le choc, et ne savent pas comment éviter que cela ne se reproduise. De votre côté, vous aimeriez les aider et nous écrivez donc pour trouver une solution.
Vous faites bien de nous contacter. En effet, en agissant au plus vite il est possible d’éviter que la violence ne devienne ancrée. Il s’agissait apparemment ici d’un premier geste d’agression physique, savez-vous si en revanche d’autres formes de violences se sont déjà produites au sein de ce couple ? Le plus souvent, des violences psychologiques évoluent en violence physique, et il est important de travailler également sur celles-ci si elles sont présentes.
Actuellement, votre amie subit beaucoup de pressions. Entre une nouvelle grossesse, qui est souvent synonyme de stress dans un couple, et les enfants déjà présents dont il faut s’occuper et qui semblent également en souffrance. A cela s’ajoute son passé avec un compagnon violent, passé dont il peut être difficile de se défaire pour avancer. Nous ne savons pas si elle a gardé contact avec son précédent compagnon (par exemple en ce qui concerne la garde des enfants), mais cela peut également être un stress supplémentaire. Nous comprenons son épuisement, en revanche cela n’excuse en rien son passage à l’acte. Aujourd’hui, il est de sa responsabilité de faire son possible pour que cela ne se reproduise pas.
Nous sommes d’accord avec vous qu’il ne s’agit pas de surcharger encore plus votre amie. Elle bénéficie déjà d’un soutien thérapeutique, et nous pensons qu’il serait utile qu’elle aborde ce qu’il s’est passé avec son ou sa thérapeute. Nous supposons que les violences du passé sont discutées dans cette thérapie, et ce travail peut sans doute également l’aider à comprendre son geste et à trouver des stratégies pour ne pas tomber dans le cycle de violence. Une séance pourrait être menée avec son compagnon, afin qu’ils aient tous deux l’occasion d’aborder ce qui s’est passé (ce qu’ils n’ont pas encore réussi à faire selon vos dire). Dans tous les cas, il nous paraît judicieux d’utiliser son ou sa thérapeute actuel-le pour l’aider dans cette situation. Si toutefois cela s’avérait nécessaire, ou si votre amie préfère procéder ainsi, il existe également des consultations s’adressant spécifiquement aux personnes qui ont eu recours à la violence dans leur couple. Des entretiens de couple centrés sur la violence sont proposés au centre MalleyPrairie, et le Centre de Prévention de l’Ale propose des séances de groupes aux hommes ou aux femmes ayant eu des passages à l’acte violent au sein de leur couple. De telles prestations sont accessibles financièrement à tout un chacun, et limitées dans le temps, aussi nous les conseillons à votre amie en pensant que cela ne serait pas un fardeau supplémentaire pour elle. Par ailleurs, il existe certainement des solutions qui pourraient l'aider à éviter le surmenage, par exemple y aurait-il quelqu'un dans son entourage à qui confier les enfants de temps en temps pour lui permettre de se reposer (souvent la maman ou belle-maman sont ravies de cette opportunité)? Est-ce que son médecin pourrait lui perscrire un arrêt de travail pour qu'elle puisse vivre la suite de sa grossesse avec moins de stress?
Vous-même êtes également une ressource pour vos amis. Votre meilleure amie a souhaité se confier à vous, et votre écoute ne peut que lui avoir été bénéfique. Vous n’êtes pas habituée à travailler avec des auteur-e-s de violence, et bien que nous pensions que votre connaissance de la violence conjugale peut être un atout, nous comprenons que vous ne vous sentiez pas forcément à l’aise dans cette situation. Sur cette page, vous trouverez des conseils sur la façon dont vous pouvez au mieux aborder le sujet avec votre amie pour l’aider. N’oubliez pas également de prendre soin de vous dans cette histoire.
N’hésitez pas à nous réécrire, qu’il s’agisse de nous poser une autre question (votre dernière phrase n’étant pas terminée, il y avait peut-être quelque chose de plus que vous souhaitiez aborder ?) ou de nous donner des nouvelles. Nous envoyons à vous et cette famille nos meilleures pensées.
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