3e question: De quoi dois-je me méfier DE MOI-MÊME? J'ai été victime de violence conjugale à partir de l'utérus: ma mère a subi de la violence conjugale. J'ai ensuite été moi-même victime et témoin de violence dès ma naissance de même que de négligence (enfermement dans garde-robe, non-nutrition, etc.). Ma mère s'est sauvée dans une maison pour femmes battues, mais elle a répété le pattern avec d'autres conjoints et nous frappait elle aussi, nous enfermait ou nous donnait des conséquences excessives (rester à genoux, sans s'asseoir sur nos talons, pendant des journées entières, sans manger, et si elle nous appercevait s'asseoir, on devait recommencer le lendemain). Ma sœur aînée était la plus battue et mon frère cadet était épargné, voir chouchouté. J'ai souffert de conflit de loyauté avec ma sœur: être trop gentille pour éviter les coups, ou être solidaire avec ma sœur et subir les mêmes traitements. Adolescente, ma mère a adopté de la violence psychologique avec moi: elle se fâchait et s'isolait pendant plusieurs jours si je ne voulait pas porter le linge qu'elle m'achetait (et que je trouvais affreux); je devais penser comme elle. Encore aujourd'hui, à 42 ans, elle a une grande emprise sur moi et me manipule psychologiquement me disant que je suis méchante si je ne suis pas ses conseils. Je me sens ridicule que ça marche. Elle me culpabilise de son stress tout en disant que c'est normal que les mères se stressent, mais si je ne lui dit pas tout de ma vie, elle se fâche en disant que je lui fait des cachoterie. C'est terrible qu'à mon âge, je tombe encore dans ce panneau. Je pense que j'ai répété ce pattern avec mon conjoint. Je suis incapable de dire non et je pense que c'est toujours moi qui est dans le tort: j'ai la culpabilité très facile. Tout s'est mis à aller mal dans ma vie depuis que je suis follement tombée amoureuse de cet homme: j'ai abandonné mes études de doctorat, j'ai été en peine d'amour, j'ai perdu "ma mission de vie (je voulais vivre à l'étranger et faire de la coopération internationale)", j'ai perdu un accouchement naturel, ma santé physique et mentale, le droit d'être qui je suis, à mes goût, mes opinions et même "mon droit d'exister", comme je me sentais avec ma mère. Mon conjoint me dit depuis le jour 1 que je suis "annoying"... et je l'ai cru et j'ai toujours peur de l'ennuyer. Je me suis complètement isolée socialement pour ne pas être "annoying" pour les autres. Je pense que les relations se font au moins à deux. J'ai ma part de responsabilité dans tout ça. Un ami me demandait: qu'est-ce que je n'arrive pas à me pardonner pour m'aimer et ne pas dépendre autant des autres, de leur approbation. Moi je me demande: comment mon passé affecte mon présent et comment me protéger de MOI-MÊME, et me libérer de ce fardeau pour ne pas me saboter? Merci, Brigitte Comment me protéger de MOI-MÊME?
Bonjour Madame,
Votre conjoint a quitté le domicile suite aux violences conjugales, ce qui aurait dû améliorer votre situation. Pourtant, vous nous dites que vous n’allez pas mieux et vous sentez coupable. Nous pensons que les difficultés qui vous préoccupent suite à ce départ sont typiquement celles de victimes de violence. La violence est destructrice, elle nuit à la santé des victimes. Il n’est pas rare qu’elles soient touchées par un état dépressif. Les symptômes que décrivez nous font penser à cet état. Vous dites d’ailleurs que vous êtes déprimée.
Nous vous conseillons vivement de prendre soin de vous, de contacter un-e spécialiste pour vous aider à guérir de cet état dépressif. Nous pensons qu’il est très important de sortir de ce malaise afin de retrouver les forces et la motivation que vous aviez avant pour vous occuper de votre fils et de vous-même. Le risque étant que si vous perdez l’autorité sur votre enfant, votre conjoint aura gagné la partie, il pensera qu’il a eu raison de vous.
Vous parlez dans votre message de dépendance affective, qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Nous considérons cette expression comme un peu trop stigmatisante, comme si c’était de votre faute alors que vous avez été victime de violence. Vous nous faites part du vécu de votre enfance où malheureusement, tous les ingrédients sont réunis pour faire de vous cette personne fragilisée et blessée par la violence de la part de personnes censées vous protéger et vous aimer. Nous sommes frappé-e-s par les mots forts et précis de vos propos. Vous avez subi des violences physiques et psychologiques, générant des conflits de loyauté, de la culpabilité, l’incapacité de dire non, vous empêchant de vous imposer, provoquant la perte de confiance et l’estime de vous-même. Nous constatons que les agissements de votre conjoint n’ont été que le prolongement de l’histoire de votre enfance, il y a beaucoup de similitudes avec les maltraitances que votre mère vous a infligées et celles subies par votre conjoint. Vous êtes en voies de mettre fin à cette situation. Le pas décisif est pris, votre conjoint est parti. Il est important de maintenir votre protection et celle de votre fils. Vous avez très bien fait d'éviter les scénari via skype, en mettant un cadre ferme sur le contact que vous souhaitez avoir avec votre ex conjoint, vous pourez retrouver votre espace sécurisé , calme et serein.
Maintenant, il faut vous reconstruire. Vous reconstruire passe sans nul doute par un gros déblayage de votre passé. D’où l’idée de vous conseiller de vous soigner, de vous faire aider par des preofessionnel-le-s pour surmonter l’état dépressif. Ceci dans le but de créer un bel espace tout propre, tout net pour repartir d’un pas nouveau.
En prêtant une attention particulière à ce récit, nous relevons que malgré toutes les difficultés par lesquelles vous êtes passée depuis votre plus tendre enfance, vous avez réussi à faire des études, à vous constituer un solide bagage culturel, faire des projets et des rêves.
Nous vous invitons à garder en vous ces rêves, ces projets, restez la femme brillante que vous savez que vous êtes, gardez ce projet de réussir votre vie. Cela ne tient qu’à vous. Personne ne peut vous prendre vos rêves. Personne ne doit vous empêcher de vivre votre vie telle que vous voulez la vivre. Ni votre mère, ni votre conjoint.
Nous espérons de tout notre cœur que vous parviendrez à retrouver une vie sereine et que vous et votre fils pourrons vivre dans la tranquillité et la paix. Nos meilleurs vœux vous accompagnent.
Bonjour Madame, Vous nous écrivez pour nous faire part de votre situation familiale très compliquée et essayer de trouver des...
Bonjour Madame, Vous travaillez dans un centre d’urgence. Une de vos collègues vous a confié qu’elle subit de la violence...
Bonjour Nata, La violence existe dans votre couple depuis des années et le fait que votre mari s’en prenne maintenant...