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Questions et réponses

Je pense être une personne violente dans des cas de grosse fatigue ou frustration.

Question
31 Janvier 2016 - dea...

Maman de 2 jeunes enfants (2.5 ans et bientôt 6 mois), je pense être une personne violente dans des cas de grosses fatigue ou frustration. Aujourd'hui était une de ses journées... J'aime mes enfants et mon conjoint par dessus tout mais je perds très facilement le contrôle, surtout avec mes enfants. J'ai toujours réussi à plus ou moins canaliser jusque la mais j'ai peur de me sentir totalement débordée un jour et finalement déraper pour de bon et leur faire du mal. J'ai été victime de violence étant jeune de la part de mon père. Nous avons fait beaucoup de chemin depuis mais je me sens encore très (trop) souvent en colère. Je m'emporte vite dès que quelque chose ne va pas dans mon sens. Avec mon conjoint, c'est plus verbal mais avec mes enfants (mon grand), ce sont les cris et la fessée ou la tape sur les doigts qui arrivent de temps en temps et j'ai vraiment peur que ça dérape plus que ça. Je me suis vue l'empoigner assez violemment 1 fois ou 2 et je m'en veux terriblement. J'ai beau m'excuser et lui parler après, c'est horrible, j'ai juste l'impression de la détruire et je veux arrêter tout ça. Aidez moi SVP. Je me sens épuisée et donc beaucoup plus vulnérable et exposée à ce risque. Comment puis-je faire pour m'aider à canaliser cette violence? j'ai l'impression de refouler beaucoup de choses alors que je travaille sur moi. J'ai l'impression d'être une mauvaise mère, une mauvaise personne alors que je ne veux faire que du bien et choyer ma famille. Merci de m'avoir permis de m'exprimer.

Réponse
08-02-2016

Bonjour Madame,

Excusez-nous pour le temps d’attente que nous vous avons imposé.

Vous partagez avec nous votre vécu et vos sentiments par rapport à vos réactions, lorsque vous criez, vous perdez le contrôle, notamment envers vos enfants et vous craignez de leur faire du mal. Vous faite le lien entre ces réaction et des grosses fatigues et vous vous posez la question de comment canaliser votre violence.

Il est fort probable que vos réactions soient essentiellement liées à des situations de frustration et au sentiment d’être parfois dépassée. Votre colère semble grandir en vous au fil des situations insatisfaisantes et répétitives. Ni les excuses, ni les paroles ne semblent en mesure de réduire et stopper vos comportements violents. Souvent c’est bien la frustration qui nous plonge dans une colère qui est alors indice d’un désaccord intérieur, mais vous devez en identifier les déclencheurs et apprendre à les anticiper et à les gérer pour « stopper l’escalade quand la colère monte ». La frustration dérive de besoins ou attentes insatisfaites et la violence peut avoir la fonction d’exprimer des choses qui n’arrivent pas à être manifestées autrement. Savez-vous quels sont vos besoins antérieurs et dans les moments de tension que vous décrivez ? Vous jugez-vous sévèrement ? Avez-vous des fortes exigences envers vous-même notamment dans le fait d’arriver à tous assumer correctement selon vous ?

Certes dans chaque action éducative, les parents sont souvent confrontés à leurs propres limites que les enfants, surtout en bas âge, n’arrivent pas à respecter, voire encore à identifier. Néanmoins l’utilisation d’actes de violence ne peut que conduire à des effets contraires à ceux espérés dans la mesure où ce n’est pas la compréhension des limites (et donc aussi de vos besoins) qui est intégrée, mais une réaction à la peur. L’utilisation de la violence a souvent la fonction d’obtenir des choses par la force et l’intimidation et la peur du parent engendre des confusions et des réactions, mais pas un véritable apprentissage constructif. Vous en avez probablement fait vous-même l’expérience avec votre père.

Pour mieux canaliser les frustrations, pour réduire l’apparition des colères, pour ne pas nécessiter d’utiliser la violence et éviter des souffrances à vos proches et la culpabilité qui en découle, il est indispensable de rechercher en amont les besoins qui sont concernés dans ces situations et qui sont les vôtres. En comprenant quels sont vos manques, en gérant mieux les éventuelles surcharges, les insatisfactions en œuvrant pour les identifier le plus clairement possible, vous aurez la possibilité dans votre environnement d’y trouver des réponses qui apaisent une bonne partie de vos tensions intérieures. Vous avez ainsi la responsabilité de chercher comment exprimer et répondre à vos besoins sans agresser, utiliser la force ou des comportements autoritaires.

Ce chemin est parfois une recherche difficile et une mise en œuvre compliquée, c’est pourquoi  souvent l’aide de professionnel-le-s s s’avère précieuse. Comme vous nous le précisez, vous avez beaucoup travaillé à vous améliorer et à intégrer un passé de violence. L’aide professionnelle peut également vous orienter à comprendre et à affronter constructivement vos frustrations. Nous vous encourageons vivement à poursuivre vos efforts et vérifier également si dans les situations que vous nous décrivez existe la présence d’anciens ressentiments. Ceci pourrait être aussi révélateur d’une difficulté à mieux percevoir ce qui vous blesse, vos besoins et la difficulté éventuelle à les exprimer correctement.

La conscience que vous avez de l’importance d’un changement est un élément très précieux qui peut réellement vous faire avancer sur le chemin d’un changement et de l’arrêt de la violence. N’hésitez pas à nous contacter encore si vous en ressentez le besoin.

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